
Canicule : les hôpitaux d’Île-de-France en crise, le plan blanc activé, les appels au SAMU en hausse de 80 %
Tous les hôpitaux de la région parisienne ont déclenché vendredi le plan blanc, après une canicule prolongée qui a fait bondir les appels au SAMU de 80 % et les passages aux urgences à près de 3 000 par jour, soit 36 % de plus que la normale. Le gouvernement a relevé son alerte Orsan au niveau 3.
Plans d’urgence déclenchés
Face à une tension exceptionnelle dans les hôpitaux d’Île-de-France, l’Agence régionale de santé (ARS) a activé le plan blanc pour tous les établissements de santé vendredi 26 juin. Cette mesure, annoncée par le directeur général de l’ARS Denis Robin, permet aux hôpitaux d’annuler les opérations non urgentes, de mobiliser des réservistes sanitaires et de rappeler le personnel en congé pour faire face à l’afflux. Elle complète l’activation du niveau 3 du plan Orsan national, décrété par le gouvernement jeudi 25 juin au plus fort des températures.
Nous sommes en pleine crise sanitaire. Il s’agit d’un événement caniculaire exceptionnel et extrême.
L’ARS a décrit le système de soins comme « sous tension » dans une grande partie de la France, les centres d’appels du SAMU signalant une activité en hausse de 61 % par rapport à la semaine précédente et de 75 % par rapport à la même période en 2025.
Tension dans les hôpitaux
Les hôpitaux publics parisiens (AP-HP) ont enregistré près de 3 000 passages aux urgences dans les 24 heures précédant vendredi soir, soit une augmentation de 36 % par rapport à un jour normal. Les centres SAMU de Paris et de la petite couronne – Paris, Garches, Bobigny, Créteil – ont traité près de 80 % d’appels de plus qu’à la même semaine l’an dernier, avec un pic à 5 000 appels mercredi 25 juin, contre 3 000 par jour habituellement. Le directeur général Nicolas Revel a déclaré sur France Inter que les services d’urgence étaient « saturés » plutôt que « submergés », mais a prévenu que le plateau élevé durerait encore plusieurs jours.
De même que la canicule ne frappe pas immédiatement, ses effets persistent. Nous nous attendons à une saturation jusqu’à lundi ou mardi.
- Alerte rouge canicule émise pour l’Île-de-France
- Le gouvernement active le niveau 3 du plan d’urgence Orsan
- Les appels au SAMU dans la région parisienne atteignent un pic à 5 000, en hausse de 80 % par rapport à la normale
- Plan blanc activé dans tous les hôpitaux d’Île-de-France
- Le préfet de l’Orne interdit les manifestations en extérieur jusqu’au 29 juin
- Une femme meurt d’un coup de chaleur à Clermont (Oise) ; un enfant déclaré en état de mort cérébrale à Marseille
- L’alerte rouge levée mais les hôpitaux se préparent à une tension persistante jusqu’à la semaine prochaine
Les plus de 75 ans représentent une part plus importante des admissions, plus de 50 % d’entre eux nécessitant une hospitalisation après un passage aux urgences, contre un taux d’hospitalisation global de 20 %. Les appels pour arrêts cardiaques ont doublé depuis le début de l’épisode de chaleur.
Impacts locaux et mesures
Au-delà de la capitale, la tension s’est propagée dans les départements. Dans l’Oise, l’hôpital de Clermont a signalé une hausse de 20 % du nombre de patients, sans lit disponible vendredi soir. Cette nuit-là, une femme de 60 ans est morte d’un coup de chaleur après un long trajet en voiture sans climatisation. Dans l’Orne, le préfet Hervé Tourmente a interdit les manifestations sportives et culturelles en extérieur et maintenu l’interdiction de consommation d’alcool sur la voie publique jusqu’au lundi 29 juin à 8 heures, après une hausse de 57 % des interventions du SAMU et un doublement des sorties des pompiers.
- Appels quotidiens normaux
- 3000 appels
- Pic du 25 juin
- 5000 appels
À Colmar (Haut-Rhin), les pompiers ont multiplié les interventions alors que les températures atteignaient 40 °C. Un article de Franceinfo mentionne également un enfant déclaré en état de mort cérébrale à Marseille, sans plus de détails dans les rapports disponibles.
Prévisions et comparaison historique
Les directeurs d’hôpital anticipent une poursuite de l’afflux de patients même après la baisse des températures, car les maladies liées à la chaleur se manifestent souvent avec un décalage. Revel a estimé que le bilan de l’épisode actuel dépasserait les 5 700 décès en excès attribués à la chaleur en 2025, mais resterait inférieur aux 15 000 décès catastrophiques de la canicule de 2003.
Depuis 2003, nous savons mieux gérer les patients qui arrivent. Avant, on les envoyait en réanimation et beaucoup mouraient ; maintenant, on les refroidit.
Météo-France a levé l’alerte rouge canicule pour l’Île-de-France samedi 27 juin, mais l’AP-HP indique qu’elle se prépare encore à une nouvelle hausse des passages aux urgences et des hospitalisations. L’AP-HP a déjà déployé 2 950 climatiseurs mobiles – 850 acquis l’an dernier et 600 supplémentaires commandés –, des travaux structurels à plus long terme devant prendre plusieurs années.


