
L’Iran inhume le guide suprême Ali Khamenei alors que les frappes américaines reprennent et que son fils reste absent
L’Iran a enterré jeudi l’ancien guide suprême Ali Khamenei au sanctuaire de l’imam Reza, clôturant six jours de rites funéraires éclipsés par une nouvelle série de frappes militaires américaines et l’absence remarquée de son fils et successeur désigné, Mojtaba Khamenei.
Dernier voyage
Le corps d’Ali Khamenei, qui a dirigé l’Iran pendant près de 37 ans, a été inhumé au sanctuaire de l’imam Reza à Machhad, sa ville natale. La télévision d’État a montré le cercueil, drapé d’un drapeau iranien et surmonté de son turban noir, porté à l’intérieur. La cérémonie, initialement prévue à l’aube, a été reportée à l’après-midi sans explication officielle. Le gouverneur Hassan Hosseini avait indiqué que les autorités attendaient 15 millions de personnes – cinq fois la population de la ville. Sous une chaleur écrasante de 40 °C, des cris de « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël » ont retenti.
Un successeur absent
Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en mars après l’assassinat de son père, n’a fait aucune apparition publique depuis sa désignation. Il a été visiblement absent de l’ensemble des six jours de processions funèbres, qui ont conduit le cercueil vers des sites chiites saints en Irak et en Iran. Cette invisibilité persistante soulève des questions sur sa santé et les véritables rapports de force à Téhéran.
Trêve brisée
L’inhumation a eu lieu alors que la fragile trêve entre l’Iran et les États-Unis s’est effondrée. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’armée américaine a frappé quelque 90 cibles militaires dans le sud de l’Iran, visant à réduire la mainmise de Téhéran sur le détroit d’Ormuz. En riposte, l’Iran a dit avoir touché des bases américaines et des sites alliés au Koweït, au Qatar et à Bahreïn. Les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir relancé les hostilités, qui avaient été interrompues par un accord le 17 juin faisant suite à un cessez-le-feu en avril. L’escalade a débuté le 7 juillet, lorsque l’Iran a visé trois pétroliers commerciaux dans le détroit.
Le cessez-le-feu est terminé. Ce sont des gens malades, je ne veux plus avoir affaire à eux.
Frappes près d’un site nucléaire
Une installation militaire près de Bouchehr, la ville qui abrite l’unique centrale nucléaire en activité de l’Iran, a été frappée jeudi soir, selon un responsable iranien. Le département américain de la Défense a nié avoir mené des frappes « ces dernières heures ». L’Iran a également accusé Washington d’avoir touché des infrastructures civiles, notamment des ponts et la ligne ferroviaire de 800 km reliant Téhéran à Machhad, afin de perturber les funérailles.
Ces deux dernières nuits, le bruit a été extrêmement fort.
Tensions élargies
La guerre américano-israélienne déclenchée par la frappe aérienne du 28 février qui a tué Khamenei est retombée dans une situation d’équilibre instable. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s’est entretenu jeudi avec le président Trump, et le Wall Street Journal a rapporté que les services de renseignement israéliens avaient partagé des informations sur un présumé complot iranien visant à assassiner Trump. La région reste sur le qui-vive alors que Washington insiste sur le fait qu’elle laisse la porte ouverte à de nouvelles négociations.
- Ali Khamenei tué dans une frappe aérienne américano-israélienne, déclenchant la guerre
- Mojtaba Khamenei nommé guide suprême mais reste hors de la vue du public
- Cessez-le-feu déclaré
- Protocole fragile signé par les États-Unis et l’Iran, entérinant le cessez-le-feu d’avril
- L’Iran attaque trois pétroliers dans le détroit d’Ormuz
- Les États-Unis frappent environ 90 cibles militaires dans le sud de l’Iran
- Liaison ferroviaire Téhéran-Machhad suspendue après les frappes ; funérailles reportées
- Khamenei inhumé au sanctuaire de l’imam Reza, Machhad
- L’Iran riposte contre des sites au Koweït, au Qatar, à Bahreïn ; les États-Unis nient la frappe de Bouchehr


