L'odyssée de 9 200 miles de l'Angleterre à la Coupe du monde : supporters et joueurs éprouvés par les voyages, les tacos et une polémique avec la Maison-Blanche
L'Angleterre a parcouru plus de 9 200 miles lors de cinq matches dans cinq villes différentes, distançant largement son adversaire des quarts de finale, la Norvège, tandis que des supporters au budget serré suivent l'équipe de Boston à Miami.
Le marathon de l'équipe
Le parcours de l'Angleterre jusqu'aux quarts de finale de la Coupe du monde a reposé sur un pari logistique. La Fédération anglaise (FA) a choisi de baser l'équipe à Kansas City, un hub central qui garantissait qu'aucun vol ne serait extrême, mais imposait un aller-retour d'au moins 670 miles pour chaque match. Les déplacements à Foxborough, East Rutherford et Mexico City ont chacun dépassé 1 100 miles aller simple. Lors de ses cinq premiers matches, l'Angleterre a parcouru en moyenne environ 1 842 miles par match, soit un total cumulé d'environ 9 200 miles. Ce chiffre est supérieur à celui de la France pour l'ensemble du tournoi et de plus de 3 000 miles de plus que la Norvège, son prochain adversaire samedi à Miami Gardens.
- Angleterre
- 9200 miles
- Norvège
- 6200 miles
- France
- 1842 miles
Le test d'endurance des supporters
Pour les supporters, le tournoi est devenu un test d'improvisation et d'endurance financière. Joe Hammond, un comptable norvégien de 36 ans originaire d'Oslo, a passé des semaines à éviter les prix dynamiques en louant un Airbnb en banlieue du Connecticut et en utilisant trains, bus et Uber pour assister aux matches de la Norvège à Boston et New York. Quand Erling Haaland a marqué un but tardif contre la Côte d'Ivoire pour maintenir l'équipe en vie, les vacances de Hammond ont survécu, mais son budget a pris un nouveau coup. Il a sauté le match des 32es de finale au Texas mais n'a pas pu résister au quart de finale. "Cela m'a coûté peut-être 1 000 $ l'aller-retour pour aller là-bas", a-t-il dit à propos de son vol pour Miami. "Pas l'hôtel. Seulement le vol."
La parenthèse cachée
Les fans des huit équipes encore en lice sont en Amérique du Nord depuis plus de cinq semaines, survivant grâce aux tacos et à la tequila au Mexique, à la poutine des stations-service au Canada et à la restauration rapide à gogo dans les villes américaines. Léa Thomas, une supportrice française de 22 ans originaire de Paris, a mangé chez Five Guys au moins 15 fois. "On a ça en France, donc je ne suis même pas sûre de pourquoi je continue", a-t-elle dit. "Mais on économise de l'argent, donc, genre, je vais continuer, je suppose." Beaucoup ont maîtrisé les politiques d'annulation d'hôtels et suivi les prix comme des traders, apprenant qu'un but tardif peut instantanément devenir un problème de voyage à quatre chiffres.
On a ça en France, donc je ne suis même pas sûre de pourquoi je continue. Mais on économise de l'argent, donc, genre, je vais continuer, je suppose.
Le tourbillon d'une coiffeuse à la Coupe du monde
La coiffeuse londonienne Jayèma a vécu un tournoi hors du commun, travaillant avec des joueurs d'Angleterre, du Brésil, des États-Unis et du Canada tout en se liant d'amitié avec Lamine Yamal et sa famille. Elle a assisté à son premier match de football masculin, l'explosif Angleterre-Mexique au stade Azteca, mais est partie avant la fin. "C'était trop. Il y avait quelqu'un dans mon oreille, comme littéralement en train de crier dans mon oreille, et ils jetaient des boissons partout", a-t-elle dit. "Les Mexicains étaient bruyants." Bien qu'elle ne suive pas le sport de près, elle a ressenti de la fierté quand l'Angleterre a gagné. Elle reste en attente d'un appel de Marcus Rashford ou Noni Madueke pour retoucher leurs cheveux avant le quart de finale contre la Norvège.
Je ne comprends toujours pas le football, comme comment ça se termine avec des gens qui pleurent. Mais je ne vais pas vous mentir. Même si je n'y suis pas très attachée, j'ai ressenti de la fierté quand l'Angleterre a gagné.
Frictions diplomatiques en dehors du terrain
Le tournoi a également généré des tensions politiques. La Maison-Blanche a accusé Sir Keir Starmer de mettre des vies "en danger" après que le Premier ministre britannique a tenté d'intervenir concernant la programmation du match Angleterre-Mexique. La nature exacte du différend reste floue d'après les reportages disponibles, mais l'accusation ajoute une couche diplomatique à un tournoi déjà marqué par ses exigences de voyage épuisantes et le dévouement des supporters et des joueurs.

