
92 % des Israéliens estiment que l’Iran a gagné la guerre, selon un sondage après l’accord de cessez-le-feu de Trump
Un sondage de l’Université hébraïque et d’Agam Labs révèle un rejet massif du cessez-le-feu américano-iranien par les Israéliens : 92 % estiment que l’Iran est sorti vainqueur et 86 % ont une vision négative de l’issue.
L’accord et son rejet
Mercredi, les États-Unis et l’Iran ont signé un mémorandum d’entente promettant une cessation immédiate et définitive des hostilités sur tous les fronts, y compris un cessez-le-feu au Liban et la réouverture du détroit d’Ormuz. L’accord, conclu sans Israël à la table des négociations, engage Washington à lever les sanctions pétrolières et à libérer les avoirs iraniens gelés. À Jérusalem, l’ambiance est passée de la gratitude au choc en une nuit. Les affiches remerciant Donald Trump ont été retirées, et David Horovitz, rédacteur en chef du Times of Israel, a résumé l’humeur nationale en deux mots.
Katastrophale Kapitulation.
Les résultats du sondage
Le sondage de l’Université hébraïque et d’Agam Labs, réalisé auprès de 3 644 citoyens et pondéré pour refléter la démographie israélienne, dresse un tableau de profond désillusion. Au-delà des 92 % qui estiment que l’Iran a gagné, 82,9 % pensent que la campagne militaire a affaibli la sécurité à long terme d’Israël, et 87,8 % affirment que le pays n’a pas atteint ses objectifs militaires ou ne les a atteints qu’en partie. Seuls 8,2 % soutiendraient une reprise d’actions majeures contre le Hezbollah, même au prix d’un affrontement avec Trump. La confiance dans le Premier ministre Benyamin Netanyahou s’est effondrée : 72,5 % ne le croient pas lorsqu’il affirme qu’Israël a réalisé des gains significatifs.
- L'Iran a gagné
- 92 %
- La campagne a affaibli la sécurité
- 82.9 %
- Vision négative de l'issue
- 86 %
- Méfiance envers Netanyahou
- 72.5 %
- Objectifs non atteints/partiels
- 87.8 %
- Soutien à une reprise de la guerre au Liban
- 8.2 %
La chute politique de Netanyahou
Netanyahou, qui mettait en garde le monde depuis trente ans contre la menace nucléaire iranienne, voyait dans l’offensive du 28 février un rêve réalisé. Le journal suisse alémanique Neue Zürcher Zeitung rapporte qu’il a entraîné Trump dans la guerre en lui promettant un effondrement rapide du régime iranien. Aujourd’hui, les médias israéliens qualifient l’issue de capitulation catastrophique, et même le vice-président de Trump s’en est pris aux partenaires d’extrême droite de Netanyahou.
Vous êtes un pays de neuf millions d’habitants. Vous ne pouvez pas régler tous vos problèmes de sécurité nationale en tuant tout le monde.
Le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben Gvir, a répondu par une rhétorique qui souligne l’isolement du gouvernement.
Pour chaque larme d’une mère israélienne, mille mères libanaises doivent pleurer. Tout le Liban doit brûler !
La guerre solitaire de l’Amérique
Oona A. Hathaway, professeure de droit à Yale, a soutenu dans le New York Times que les États-Unis ont échoué parce qu’ils ont agi seuls. La guerre a été lancée sans autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui la rend illégale au regard de la Charte des Nations unies et toxique pour les alliés. La France, l’Espagne, l’Italie et la Suisse ont restreint l’accès à leur espace aérien et à leurs bases ; le Royaume-Uni n’a autorisé qu’une utilisation défensive de ses installations. L’Iran a riposté en fermant illégalement le détroit d’Ormuz et en tirant des drones et des missiles sur ses voisins. Même après le cessez-le-feu, Israël a continué à frapper le Liban, ce qui a conduit le Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran à refermer le détroit, selon des rapports, en raison de violations présumées.
- Les États-Unis et Israël lancent une offensive conjointe contre l'Iran.
- Trump signe un mémorandum d'entente avec l'Iran, incluant un cessez-le-feu au Liban, la réouverture du détroit d'Ormuz et un allègement des sanctions.
- Israël poursuit ses frappes au Liban ; le CGRI iranien referme le détroit d'Ormuz en raison de violations du cessez-le-feu, selon des rapports.
Le commentateur Simon Tisdall a écrit que Netanyahou restera dans les mémoires comme « l’homme qui a mis le Moyen-Orient à feu et à sang » et que la nécrologie politique du Premier ministre ressemble aujourd’hui à un acte d’accusation. Avec les élections d’automne qui se profilent et la relation spéciale avec les États-Unis empoisonnée, le Premier ministre le plus ancien de l’histoire d’Israël fait face à une débâcle qui met fin à sa carrière.


