Israël approuve la force internationale de stabilisation soutenue par Trump pour la zone pilote de Rafah à Gaza
Le cabinet de sécurité israélien a voté dimanche pour autoriser la Force internationale de stabilisation (FIS) à entrer dans la zone de Rafah, ouvrant la voie à une zone pilote négociée par les États-Unis qui testera un gouvernement palestinien technocrate dans le cadre d'un plan en 20 points.
Le cabinet de sécurité donne son feu vert
Le cabinet de sécurité israélien, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a voté dimanche pour autoriser la Force internationale de stabilisation (FIS) à entrer dans la bande de Gaza. Cette décision ouvre la voie à une zone pilote humanitaire à Rafah, une ville du sud sous contrôle militaire israélien. La mission de la FIS, organisée par le Conseil de paix de Gaza soutenu par les États-Unis, vise à rétablir les services de base et à superviser une transition vers un pouvoir palestinien technocrate. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a reconnu que le cabinet avait surmonté son scepticisme initial, choisissant de ne pas entraver l'initiative du président Donald Trump.
C'est un plan international. Il pourrait échouer, mais nous ne le compromettrons pas.
Rafah devient un cas test pour le plan en 20 points
Le pilote sera lancé dans les semaines à venir, rapportent les médias israéliens, avec un premier contingent d'environ 200 représentants de pays alliés. Leur mandat comprend le rétablissement de l'eau, de l'électricité et des services de santé dans une zone humanitaire définie, administrée par un gouvernement palestinien technocrate et sécurisée par la force multinationale. Le projet représente la première phase opérationnelle d'un vaste « plan en 20 points » qui vise à stabiliser Gaza, soutenir la démilitarisation et remettre l'autorité à un organe palestinien transitoire appelé le Conseil national du gouvernement de Gaza. Le plan comprend également une feuille de route des médiateurs pour transformer le cessez-le-feu actuel en une transition politique durable. Nickolai Mladenov, directeur général du Conseil de paix de Gaza, a confirmé la décision israélienne sur X, qualifiant le déploiement de la FIS de « partie fondamentale du cadre convenu pour stabiliser Gaza » et notant sa conformité avec la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l'ONU. Le Hamas a dissous son propre gouvernement à Gaza plus tôt cette année, ouvrant la voie à un comité technocrate, mais le groupe reste très méfiant à l'égard de tout arrangement qui amènerait des troupes étrangères sur le sol palestinien.
- Le cessez-le-feu entre en vigueur ; plus de 1 300 Palestiniens tués lors de frappes israéliennes dans les mois suivants.
- Le Conseil de paix de Gaza prépare une zone pilote à Rafah pour la reconstruction sous la protection de la FIS.
- Le cabinet de sécurité israélien approuve l'entrée de la FIS ; le pilote de Rafah doit commencer dans les semaines à venir.
- Déploiement initial d'environ 200 représentants internationaux pour établir une zone humanitaire.
Impasse sur le désarmement du Hamas
Le Hamas insiste sur le fait qu'il ne désarmera pas tant qu'Israël ne se retirera pas complètement de Gaza, ne cessera pas toutes les attaques, n'autorisera pas une aide sans restriction et ne rouvrira pas les points de passage. Depuis l'entrée en vigueur de la trêve en octobre 2025, plus de 1 300 Palestiniens ont été tués lors de frappes israéliennes, selon le groupe. Alors que le Hamas accepte la possibilité d'un nouvel organe politique palestinien, il exige que cet organe fonctionne sans ingérence étrangère et a exprimé à plusieurs reprises son malaise face au gouvernement technocrate émergent. Ces conditions mettent le groupe en contradiction avec le principe fondamental de la mission internationale.
L'opposition de Ben Gvir et la poussée en faveur de l'émigration
Au sein du gouvernement israélien, le ministre d'extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a rejeté catégoriquement le plan. Il a fait valoir que l'échec du Hamas à désarmer libère Israël de toute obligation envers l'accord et a plaidé pour une approche différente.
Puisque le Hamas n'a pas rempli son engagement de désarmer et de démilitariser la bande de Gaza, nous ne sommes pas non plus liés par l'accord. Je me suis opposé au plan en 20 points depuis le début. La solution à Gaza est de promouvoir l'émigration.
La position de Ben Gvir reflète de profondes divisions internes qui pourraient compliquer le déploiement de la FIS et l'effort de stabilisation plus large.
Perspectives
Avec l'approbation du cabinet, la FIS devrait entrer à Rafah dans les semaines à venir, faisant de la ville la plus méridionale de l'enclave un laboratoire de gouvernance d'après-guerre. Le succès de la mission dépend de la possibilité de transformer le fragile cessez-le-feu en un règlement politique durable, de convaincre ou de faire pression sur le Hamas pour qu'il dépose les armes, et de la capacité du gouvernement israélien à tenir assez longtemps pour mener à bien le projet pilote. Pour l'instant, l'entrée d'une force de paix multinationale représente l'étape la plus concrète entreprise dans le cadre de l'initiative Trump depuis l'apaisement des combats.
