
Le président iranien déclare que le contact avec le guide suprême invisible Mojtaba Khamenei est 'très difficile'
Le président Masoud Pezeshkian a déclaré que la communication avec le guide suprême Mojtaba Khamenei, qui ne s'est pas montré en public depuis sa nomination en mars, est 'très difficile pour le moment', tout en le défendant contre les spéculations sur son absence.
L'aveu rare du président
Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré mercredi 5 août que la communication avec le guide suprême Mojtaba Khamenei est "très difficile pour le moment." Khamenei, 56 ans, ne s'est pas montré en public depuis qu'il a assumé le rôle après la mort de son père, l'ayatollah Ali Khamenei, le 28 février lors d'une frappe aérienne conjointe américano-israélienne qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient. Mojtaba Khamenei a été blessé lors de la même attaque, qui a également tué plusieurs responsables iraniens, et n'a communiqué que par des déclarations écrites attribuées à lui depuis sa désignation en mars.
Pezeshkian a fait ce commentaire lors d'une allocution télévisée mais n'a pas donné plus de détails sur ce qu'il entendait par "interaction." Il a néanmoins défendu le guide suprême, affirmant avoir été reçu avec "gentillesse et une logique très solide" lors des réunions.
- L'ayatollah Ali Khamenei tué dans une frappe américano-israélienne ; son fils Mojtaba aurait été blessé
- Mojtaba Khamenei désigné guide suprême ; ne s'est pas montré en public depuis
- Rapports contradictoires sur la santé de Khamenei ; Pezeshkian aurait demandé à quitter ses fonctions
- Protocole signé pour ouvrir la voie à des pourparlers de paix
- Nouvelles frappes réciproques ; Khamenei menace de 'leçons inoubliables' contre les États-Unis ; absent des funérailles de son père
- Pezeshkian déclare que la communication avec le guide suprême est 'très difficile'
Spéculations sur la santé et le lieu où il se trouve
L'absence de Khamenei de la vue du public a suscité de nombreuses spéculations sur sa santé. Des hauts responsables iraniens ont déclaré au New York Times plus tôt cette année que le nouveau guide suprême avait été grièvement blessé mais était en bonne santé mentale. Selon ce rapport, son visage et ses lèvres avaient été gravement brûlés, rendant la parole difficile, une main avait été opérée, et il retrouvait progressivement ses fonctions. Il aurait eu besoin d'une chirurgie plastique du visage et attendait une nouvelle prothèse de jambe.
Dans des rapports contradictoires en mai, l'Iran a déclaré que Khamenei souffrait d'une "petite égratignure" derrière l'oreille après les premiers rapports de blessures bouleversantes, tandis que le régime affirmait qu'il était par ailleurs en "pleine santé" malgré des blessures à la rotule et au dos. Le régime islamique n'a diffusé aucune vidéo ni aucun enregistrement audio du guide suprême. Un média iranien a affirmé que cela pourrait révéler le lieu où se trouve Khamenei et son état.
Son absence aux cérémonies funéraires de six jours pour son père en juillet a encore alimenté les questions sur sa santé et même sur un possible assassinat.
Une prétendue réunion secrète dans une voiture aux vitres teintées
Selon la chaîne d'opposition Iran International, Pezeshkian a été emmené dans un lieu secret à Téhéran et n'a eu droit qu'à quelques minutes dans une voiture avec le guide suprême. Le président n'a jamais pu voir Mojtaba Khamenei et a même douté que ce soit lui qui parlait. L'endroit était suffisamment sombre pour que Pezeshkian ne puisse pas voir le guide suprême, et il n'a pas été autorisé à lui serrer la main. Pezeshkian aurait interprété ce traitement comme humiliant et a demandé une deuxième réunion à la résidence officielle de Khamenei, demande qui n'avait pas encore été autorisée.
La réunion aurait été une concession du guide suprême après que Pezeshkian a menacé de démissionner. En mai, Pezeshkian aurait affirmé ne plus pouvoir remplir ses responsabilités constitutionnelles et demandé à quitter ses fonctions immédiatement. Un média iranien a rapporté lundi que Khamenei avait averti Pezeshkian qu'il accepterait la démission du président s'il la soumettait à nouveau. Pezeshkian a démenti les rumeurs de démission, déclarant : "Si je démissionne, je l'annoncerai officiellement."
Contexte de répression et de guerre
Le contexte est celui d'une répression continue en Iran. Depuis le début de l'année 2026, l'ONG Iran Human Rights a recensé 886 exécutions. Un habitant d'Ispahan a déclaré à Franceinfo : "Il y a jusqu'à deux pendaisons par jour, chaque matin, à l'heure de l'appel à la prière. Depuis le début de la guerre, la situation a empiré. Il y a toujours eu des exécutions, mais jamais à ce point. Les procès des prisonniers politiques sont injustes car ils n'ont pas d'avocat."
Malgré un protocole signé à la mi-juin pour ouvrir la voie à des pourparlers de paix, de nouvelles frappes réciproques ont eu lieu début juillet. Le mois dernier, Mojtaba Khamenei a menacé d'infliger des "leçons inoubliables" aux États-Unis après la reprise des frappes contre l'Iran, dans un communiqué signé en son nom. Pezeshkian a déclaré plus tôt que Téhéran soutiendrait toute initiative ou décision des dirigeants palestiniens dans les pourparlers indirects entre le Hamas et Israël, selon les médias d'État.


