
Anne Hidalgo qualifie les violences sur enfants dans les écoles parisiennes d'échec collectif institutionnel lors d'une audition au Sénat
L'ancienne maire de Paris Anne Hidalgo a témoigné mardi devant une commission d'enquête du Sénat, répondant à plus de 200 allégations de violences dans les services municipaux périscolaires, tandis que les procureurs mènent une enquête pénale sur la direction de la ville.
Audition au Sénat et défaillance institutionnelle
L'ancienne maire de Paris Anne Hidalgo a comparu le 15 septembre 2026 devant une commission d'enquête du Sénat pour répondre à plus de 200 allégations de maltraitance, de violences et d'abus sexuels dans les structures municipales de garde d'enfants. Les cas examinés se sont produits pendant les pauses déjeuner, les siestes et les programmes périscolaires sur plus d'une décennie. Hidalgo, qui a dirigé la capitale pendant 12 ans, a déclaré aux sénateurs que l'ampleur des victimes était inacceptable et a reconnu le sentiment d'abandon ressenti par les familles concernées. Elle a soutenu que son administration avait tenté de mettre en œuvre des protocoles de protection de l'enfance entre 2015 et 2026, mais que la rupture des chaînes de signalement administratif a permis aux abuseurs de rester employés par la municipalité.
Si nous sommes ici aujourd'hui devant vous, c'est parce que nos institutions, malgré les actions menées et malgré une réelle prise de conscience des violences sexuelles subies par nos enfants dans ce pays, n'ont pas réussi à protéger nos enfants. Et c'est un échec collectif.
Défaillances administratives et avertissements de l'inspection
La commission d'enquête du Sénat, dirigée par la sénatrice Agnès Evren, a examiné les défaillances systémiques au sein de l'Hôtel de Ville de Paris remontant aux premières allégations d'abus enregistrées en 2014. En 2015, l'Inspection générale de la Ville de Paris a publié un rapport de supervision interdépartemental mettant en garde contre les risques posés par le personnel municipal aux enfants pris en charge par l'État. Evren a noté que les services municipaux n'avaient que partiellement mis en œuvre les recommandations du rapport de 2015, laissant la moitié des directives sans réponse, et ont maintenu une pause de quatre ans dans le signalement systématique des plaintes. Hidalgo a témoigné que le personnel municipal n'a pas appliqué sa directive exigeant la suspension immédiate et le retrait du contact avec les enfants de tout employé faisant l'objet d'un signalement d'abus.
- Les premières allégations d'abus émergent dans les écoles publiques et les crèches parisiennes
- L'Inspection générale de la Ville de Paris met en garde contre les risques d'abus impliquant le personnel municipal
- Anne Hidalgo témoigne devant l'enquête du Sénat tandis que le tribunal condamne un ancien animateur
- Le maire de Paris Emmanuel Grégoire doit comparaître devant l'enquête du Sénat
Procédures pénales et condamnation judiciaire
Les auditions au Sénat font suite à l'action formelle de la procureure de Paris Laure Beccuau, qui a ouvert des enquêtes pénales contre Hidalgo et l'actuel maire de Paris Emmanuel Grégoire pour refus d'assister une personne en danger présumé. Mardi après-midi, un tribunal parisien a condamné un ancien animateur périscolaire municipal à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, après avoir admis avoir agressé sexuellement neuf filles âgées de six à dix ans dans une école primaire parisienne. L'enquête parlementaire entend également Patrick Bloche, qui a été adjoint à l'éducation, à la petite enfance et aux familles de 2017 à 2026 avant de devenir premier adjoint au maire, le maire actuel Grégoire devant témoigner mercredi.
Critiques de l'opposition et réactions des groupes de parents
Les groupes de victimes et les politiciens municipaux de l'opposition ont rejeté la caractérisation de la crise par Hidalgo comme une lacune institutionnelle partagée. Les représentants du collectif de parents SOS Périscolaire ont noté que les familles concernées avaient envoyé des centaines de courriels à l'ancienne maire sur plusieurs années sans provoquer d'intervention. Inès de Raguenel, conseillère du groupe conservateur Paris Liberté, a déclaré qu'invoquer un échec collectif après 12 ans au pouvoir était une tentative de détourner la responsabilité personnelle. Barka Zerouali, co-fondateur de l'association de parents MeTooEcole, a souligné que les parents attendent une sécurité totale de la part des employés municipaux au sein des infrastructures éducatives publiques.


