
Le gouvernement basque accorde la semi-liberté à l'ancien chef du commando de l'ETA Henri Parot
Le département de la Justice basque a accordé le statut de troisième degré à Henri Parot, ancien chef de commando de l'ETA condamné pour 39 assassinats, lui permettant de quitter la prison de Zubieta sous régime de semi-liberté en attendant d'éventuels recours.
Décision du département de la Justice basque
Le département de la Justice du gouvernement basque, dirigé par María Jesús San José, a accordé le statut pénitentiaire de troisième degré à l'ancien chef de commando de l'ETA Henri Parot le 9 septembre 2026. Cette progression administrative fait suite à une évaluation et une proposition de la commission de traitement de la prison de Zubieta au Gipuzkoa, où Parot était détenu. Selon la réglementation pénitentiaire espagnole, le classement au troisième degré offre un régime de semi-liberté permettant aux détenus de quitter la prison pendant la journée pour travailler ou participer à des activités communautaires. Parot, qui est entré en prison en 1990 et a accumulé 26 condamnations totalisant près de 4 800 ans pour 39 assassinats, a purgé 36 ans sur la limite légale maximale de 40 ans en Espagne. Le ministère public de l'Audiencia Nacional doit maintenant examiner l'affaire et décider s'il doit faire appel devant le tribunal central de surveillance pénitentiaire.
Histoire du commando Argala
Parot, de nationalité française, a commencé à opérer avec l'ETA à la fin des années 1970 et a perpétré sa première attaque mortelle à Irún en novembre 1978 contre l'entrepreneur José Luis Legasa aux côtés de Jean-Pierre Erremundeguy. Il a ensuite dirigé le commando Argala, une unité mobile composée exclusivement de citoyens français qui traversait la frontière pour exécuter des attaques avant de retourner en France. La cellule a mené 22 attaques ayant causé 38 morts, dont l'assassinat du général Guillermo Quintana Lacaci et l'attentat à la voiture piégée du 11 décembre 1987 contre la caserne de la Guardia Civil à Saragosse, qui a tué 11 personnes, dont cinq enfants, et blessé 88 autres. Parot a été arrêté le 2 avril 1990 à Santiponce, près de Séville, après avoir tiré sur des agents de la Guardia Civil lors d'un contrôle routier impliquant sa Renault 14, qui contenait 320 kilogrammes d'explosifs amonal destinés au quartier général de la police, au Parlement andalou et à un grand magasin El Corte Inglés.
- Parot commet sa première attaque mortelle contre José Luis Legasa à Irún
- Le commando Argala bombarde la caserne de la Guardia Civil à Saragosse, tuant 11 personnes
- La Guardia Civil arrête Parot à Santiponce avec 320 kg d'explosifs amonal
- Le gouvernement basque assume officiellement la gestion des prisons régionales
- Les autorités accordent à Parot une libération partielle de jour en vertu de l'article 100.2
- Le département de la Justice basque approuve le passage de Parot au statut de troisième degré
Déclaration de remords et passage à la semi-liberté
Le passage au troisième degré fait suite à des modifications antérieures des conditions de détention de Parot depuis juillet 2025, lorsque les autorités lui ont accordé l'application de l'article 100.2 du règlement pénitentiaire. Ce cadre lui permettait de quitter la prison du lundi au vendredi pour des activités bénévoles tout en l'obligeant à y retourner chaque nuit. Parot a également reçu un permis de sortie temporaire de six jours en 2025, approuvé par un juge de surveillance de l'Audiencia Nacional après avoir soumis une lettre de renonciation à la violence.
Je crois qu'il est nécessaire de reconnaître la souffrance causée par mon ancienne appartenance à l'ETA et d'essayer, dans la mesure du possible, de la réparer.
Réactions des associations de victimes
Les organisations de victimes ont réagi avec des critiques à la décision de l'administration basque. Le Collectif des victimes du terrorisme (Covite), dirigé par Consuelo Ordóñez, a qualifié la décision d'inacceptable, déclarant que Parot n'avait pas offert d'excuses publiques sincères ni rompu de manière vérifiable avec l'ETA et son réseau de soutien politique.
Henri Parot n'a pas montré publiquement un remords sincère pour ses crimes, ni n'a rompu de manière claire, univoque et vérifiable avec l'ETA et avec l'environnement politique et social qui a justifié et légitimé ses meurtres.
L'Association des victimes du terrorisme (AVT) a également critiqué la décision, notant que 124 prisonniers de l'ETA ont reçu le statut de troisième degré, 28 ont bénéficié de l'application de l'article 100.2, et 62 ont obtenu une libération conditionnelle depuis que le gouvernement basque a assumé les pouvoirs de gestion des prisons le 1er octobre 2021. Selon l'AVT, seuls 32 membres de l'ETA restent en régime pénitentiaire ordinaire. Daniel Portero, président de Dignidad y Justicia, a également critiqué la mesure, déclarant que Parot n'avait pas aidé à résoudre les assassinats non élucidés.
- Statut de troisième degré
- 124 détenus
- Article 100.2 appliqué
- 28 détenus
- Libération conditionnelle
- 62 détenus
- Régime ordinaire
- 32 détenus


