
Le sénateur à la Justice de Hambourg pousse pour une loi de consentement « Seul un oui signifie oui » malgré les divisions entre Länder
La sénatrice à la Justice de Hambourg, Anna Gallina (Verts), a réaffirmé sa volonté d’introduire une loi sur les infractions sexuelles fondée sur le principe « Seul un oui signifie oui », arguant que ce modèle fonctionne dans 15 pays européens. Un débat parlementaire mercredi a mis en lumière de vives divisions, la CDU mettant en garde contre une menace pour la présomption d’innocence.
Le débat à Hambourg
La sénatrice à la Justice de Hambourg, Anna Gallina, a profité d’une session parlementaire mercredi pour plaider une nouvelle fois en faveur du passage du droit pénal sexuel allemand du principe actuel « Non signifie non » à un modèle fondé sur le consentement, appelé « Seul un oui signifie oui ». Elle a reconnu que la réforme ne peut résoudre tous les problèmes, mais a jugé essentiel le virage vers une solution basée sur le consentement. Ce principe, a-t-elle noté, est déjà en vigueur dans 15 autres pays de l’UE.
Le modèle du consentement et ses partisans
La réforme exigerait un consentement actif et affirmatif pour que les actes sexuels soient licites, plutôt que de se fonder sur l’absence d’un « non » verbal. Sarah Timmann du SPD, qui fait partie du Sénat rouge-vert de Hambourg, a soutenu que la législation actuelle présente des lacunes décisives.
Dans 40 à 70 % des viols, la victime est en proie à ce qu’on appelle une paralysie. Celui qui se fige pendant ou après une agression ne se fait pas demander : pourquoi ne t’es-tu pas défendu, pourquoi n’as-tu pas crié « Non » plus fort ?
La ministre fédérale de la Justice, Stefanie Hubig (SPD), avait auparavant annoncé lors de la récente conférence des ministres de la Justice des Länder à Hambourg qu’elle continuerait à promouvoir la règle du « Seul un oui signifie oui ». Gallina a confirmé que le principe s’appliquera assurément aux affaires de jeunes.
Les préoccupations de l’opposition
Richard Seelmaecker, de la CDU, a mis en garde contre la difficulté de prouver le consentement, ce qui pourrait nuire à la présomption d’innocence.
Il n’y a pas de notaire présent pour certifier quoi que ce soit – c’est une situation intime.
L’AfD a qualifié la proposition de théorique, tandis que le Parti de gauche a demandé davantage de places en foyer pour femmes et de centres de conseil.
La réponse de Gallina
Gallina a défendu son initiative en soulignant que la proposition n’exige pas de contrats formels. Le débat juridique, a-t-elle dit, porte sur un « oui » implicite qui peut être déduit sans ambiguïté du contexte.
Personne n’a à signer de contrat. Car le débat entre experts a toujours tourné autour du consentement implicite.
Elle a souligné que le concept fonctionne sans problème dans 15 autres États membres de l’UE.
La suite
Le Sénat rouge-vert entend faire avancer la proposition via le Bundesrat, la chambre haute du parlement allemand, où les Länder coordonnent les initiatives législatives. Cependant, l’absence de consensus entre les Länder rend incertaine la voie vers une législation nationale.


