
Haïti transfère 18 suspects de l'assassinat de Jovenel Moïse à la garde fédérale américaine en Floride
Un avion militaire américain a transporté 18 suspects de l'assassinat en 2021 du président Jovenel Moïse d'Haïti vers la Floride pour y être jugés par la justice fédérale.
Transport militaire vers la Floride
Un avion militaire des États-Unis a transporté 18 suspects de l'assassinat en 2021 du président haïtien Jovenel Moïse de Port-au-Prince vers la Floride le dimanche 20 septembre 2026. Les accusés font face à des accusations fédérales devant le tribunal de district des États-Unis pour le district sud de la Floride dans le cadre du complot d'assassinat. Parmi les 18 personnes envoyées aux États-Unis figure Joseph Félix Badio, ancien fonctionnaire de l'unité anticorruption d'Haïti sous le ministère de la Justice, ainsi que d'anciens soldats colombiens. Le procureur américain Jason Reding Quiñones a annoncé l'opération, tandis que l'agent spécial du FBI Brett Skiles a confirmé que des arrestations coordonnées avaient été menées à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Quiñones a noté qu'un total de 30 personnes ont été inculpées en lien avec ce crime.
Cinq ans plus tard, nous continuons à traduire des accusés devant les tribunaux américains, et nous n'avons pas fini.
Procédures judiciaires à Miami
Les procureurs fédéraux ont établi leur compétence en Floride parce que le complot global a été coordonné dans cet État. En mai 2026, quatre hommes ont été condamnés par un tribunal fédéral de Miami à l'issue d'un procès de neuf semaines pour conspiration en vue de tuer ou d'enlever Moïse, conspiration en vue de fournir un soutien matériel, et violations de la loi américaine sur la neutralité. Les quatre étaient liés à CTU, une société de sécurité privée basée en Floride, et les procureurs ont montré qu'ils étaient motivés par des contrats potentiels après le départ de Moïse. Le groupe a recruté environ deux douzaines de soldats colombiens et leur a fourni des armes à feu, des munitions et des gilets tactiques. Cinq autres accusés ont déjà reçu des peines de prison à perpétuité dans les tribunaux fédéraux américains, dont un ancien sénateur haïtien, un homme d'affaires haïtien-chilien, un Américain d'origine haïtienne et deux soldats colombiens.
- Le président Jovenel Moïse est assassiné à sa résidence de Port-au-Prince.
- Quatre accusés liés à CTU sont condamnés par un tribunal fédéral de Miami.
- Dix-huit suspects sont transportés par avion militaire américain de Port-au-Prince vers la Floride.
- Haïti doit organiser des élections présidentielles et législatives.
Crise et vide institutionnel en Haïti
Moïse avait 53 ans lorsqu'il a été abattu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence privée à Pèlerin 5, située dans les collines au-dessus de Port-au-Prince. Son service de sécurité n'est pas intervenu pendant l'attaque, tandis que son épouse a été grièvement blessée. La police haïtienne a initialement arrêté environ 40 suspects, dont des mercenaires colombiens, mais l'enquête nationale a été bloquée en raison de défaillances institutionnelles dans le système judiciaire local. Haïti n'a pas organisé d'élections depuis 2016 et reste sans chef d'État élu, fonctionnant sous une autorité de transition. Les autorités ont programmé des élections législatives et présidentielles, ainsi qu'un référendum constitutionnel, pour le 13 décembre 2026, sous réserve des conditions de sécurité.
- Extradés en septembre 2026
- 18 accusés
- Condamnés à la prison à vie
- 5 accusés
- Condamnés en mai 2026
- 4 accusés
Domination des gangs et critiques intérieures
Le vide institutionnel en Haïti a permis aux gangs criminels d'étendre leur contrôle sur 80 % à 90 % de Port-au-Prince. Les données des Nations unies ont enregistré au moins 8,100 meurtres liés aux gangs en 2025, et une estimation de l'Organisation internationale pour les migrations en juin plaçait le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays à près de 1.5 million sur une population nationale de 11 millions. Une mission de sécurité soutenue par les Nations unies appuyant la police haïtienne ne respectera pas son échéance de déploiement complet prévue en octobre. À Port-au-Prince, Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains, a critiqué les extraditions comme une honte pour le système judiciaire haïtien et a appelé à une restructuration judiciaire complète afin que de tels procès puissent avoir lieu en Haïti.

