
Guterres en Haïti au milieu d'une crise humanitaire désespérée : 'Ne détournez pas le regard', implore-t-il au monde
António Guterres est arrivé à Port-au-Prince mardi pour une visite de solidarité, qualifiant la situation humanitaire de 'désespérée' mais notant de 'faibles lueurs d'espoir'. Il a exhorté la communauté internationale à cesser d'ignorer la crise.
Visite et appel à l'action
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a atterri en Haïti mardi pour une visite de solidarité d'une journée, sa première depuis juillet 2023. Il a rencontré des victimes de la violence des gangs et visité le quartier général d'une nouvelle force multinationale de lutte contre les gangs. Dans un message sur X, il a écrit que la situation humanitaire est "désespérée" mais qu'il voit "de faibles lueurs d'espoir".
Mon message à la communauté internationale : arrêtez de regarder ailleurs, nous devons soutenir Haïti.
L'ampleur de la violence
De nouveaux chiffres de l'ONU montrent qu'au moins 2 310 personnes ont été tuées et 1 106 blessées au cours des cinq premiers mois de 2026. Les opérations de sécurité ont causé environ 65 % des décès, tandis que les gangs étaient responsables d'environ 25 %. Les gangs ont commis au moins 99 enlèvements, et 699 personnes (principalement des femmes et des filles) ont été victimes de violences sexuelles. L'un des récents enlèvements est celui de James Boyard, directeur de cabinet du ministère de la Défense, enlevé la semaine dernière dans un quartier auparavant sûr.
Crise des déplacements
Environ 1,5 million d'Haïtiens sont déplacés, soit plus d'un dixième de la population. En mai seulement, plus de 18 000 personnes ont fui la violence renouvelée dans le bidonville de Cité Soleil, faisant passer pour la première fois le nombre de personnes déplacées internes à Port-au-Prince au-delà de 300 000. Le week-end dernier, plus de 30 personnes y ont été tuées, blessées ou portées disparues.
La crise des déplacements en Haïti entre dans une phase encore plus alarmante.
- Tués
- 2310 personnes
- Blessés
- 1106 personnes
- Enlevés
- 99 personnes
- Violences sexuelles
- 699 personnes
Réponse internationale
Une nouvelle force de répression des gangs soutenue par l'ONU, approuvée par le Conseil de sécurité en septembre, remplace une précédente mission dirigée par le Kenya. La Jamaïque, le Tchad, El Salvador et le Guatemala ont déployé moins de 1 000 soldats jusqu'à présent; la force peut éventuellement compter jusqu'à 5 500 personnes et doit commencer ses opérations dans les semaines à venir. Guterres a également observé le recrutement pour la police nationale et l'armée d'Haïti. L'appel humanitaire de l'ONU pour 2026, d'un montant de 880 millions de dollars, est financé à moins d'un quart alors que la saison des ouragans commence.
Critiques du rôle de l'ONU
Tout le monde n'apprécie pas cette visite. Le sociologue Jean Saint Paul a noté que de nombreux Haïtiens considèrent l'ONU comme "persona non grata", arguant que l'organisation a contribué à affaiblir les institutions étatiques. Le pays reste le plus pauvre d'Amérique latine et des Caraïbes, avec 5,8 millions de personnes confrontées à une grave insécurité alimentaire et un nombre de policiers de seulement 1,3 agent pour 1 000 habitants, en dessous de la norme internationale.
Cette visite est très importante car elle marque un jalon. C'est la deuxième fois qu'António Guterres se rend en Haïti. Il est déjà venu en 2023, mais cette fois il va rencontrer les victimes.


