
La Maison Blanche demande à l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, de démissionner
La Maison Blanche a annoncé mardi 13 octobre 2026 avoir demandé à Kimberly Guilfoyle de démissionner de son poste d'ambassadrice des États-Unis en Grèce. Elle conteste les accusations du Wall Street Journal portant sur des cadeaux inappropriés, des voyages de luxe et une offre d'influence, et ses avocats affirment qu'elle n'a commis aucune faute.
Demande de démission
La Maison Blanche a annoncé mardi 13 octobre 2026 avoir demandé à l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, de démissionner. Katie Zacharia, la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche, a annoncé cette demande lors de son premier point presse, en saluant Guilfoyle dans les mêmes propos.
Elle a été un atout formidable pour l'équipe, et nous lui souhaitons bonne chance.
On ne savait pas immédiatement si Guilfoyle avait démissionné, a rapporté l'AP. Sur X, Guilfoyle a écrit que les accusations portées contre elle étaient fausses et qu'elle entendait se défendre. Dans le même message, elle a remercié Trump et le secrétaire d'État Marco Rubio pour le privilège de représenter le pays, qualifiant ce rôle de plus grand honneur de sa vie. Reuters a rapporté que l'ambassade à Athènes n'avait pas répondu immédiatement à une demande de commentaire qui lui était adressée.
Les accusations
Les accusations proviennent d'une série d'articles du Wall Street Journal qui ont commencé fin septembre 2026. Ils décrivent une menace présumée contre un responsable du pays hôte, des cadeaux et des services inappropriés, ainsi qu'une offre d'user de son influence au sein de l'administration en échange du paiement d'une importante facture de carte de crédit. Selon l'ANSA, le journal a rapporté que Guilfoyle s'était vantée à Davos plus tôt cette année de ses liens avec deux hommes d'affaires grecs qui avaient payé des voyages de luxe, dont un séjour à Paris en janvier. Adnkronos a rapporté qu'elle aurait encouragé les gouvernements de Bulgarie et d'Albanie à travailler avec une entreprise de construction grecque, et que lors d'un dîner, devant le ministre grec de l'Énergie, elle aurait déclaré que les États-Unis peuvent influencer le changement politique dans d'autres pays. Un article ultérieur, selon Adnkronos, citait des messages texte adressés au donateur de Trump Eric Deters au sujet d'une dette de 100 000 dollars sur une carte American Express, qu'elle aurait proposé de régler en échange d'un accès à l'administration Trump. Europa Press a rapporté que ces accusations ont conduit à une enquête du Bureau de l'inspecteur général.
Dans un communiqué publié tard dimanche 11 octobre, ses avocats, David Schwartz et Jesse Binnall, ont nié qu'elle ait commis une quelconque faute. Ils ont affirmé que l'argent qu'elle avait demandé au donateur correspondait à des prestations publiques et des interventions rémunérées antérieures à sa nomination et qui n'avaient pas été payées. Concernant ses déplacements en avion privé, ils ont indiqué qu'elle avait sollicité et suivi les recommandations du département d'État avant chaque voyage.
- Trump nomme Guilfoyle ambassadrice en Grèce
- Le Wall Street Journal commence une série d'articles sur son comportement
- Ses avocats nient toute faute dans un communiqué publié tard dimanche
- Trump déclare « Nous ne sommes pas contents » lorsqu'on l'interroge sur un limogeage
- La Maison Blanche annonce avoir demandé à Guilfoyle de démissionner
La réaction de Trump et Rubio
Interrogé lundi 12 octobre sur l'éventualité d'un limogeage de Guilfoyle, Trump a déclaré :
Nous ne sommes pas contents.
Adnkronos a rapporté que Trump avait auparavant déclaré en savoir peu sur l'affaire. L'AP, citant un haut responsable américain, a rapporté que Trump et le secrétaire d'État Marco Rubio étaient extrêmement en colère contre le comportement rapporté de Guilfoyle et qu'ils décideraient probablement de son avenir cette semaine-là. Rubio avait d'abord défendu l'ambassadrice, déclarant :
Notre ambassadrice a été une ambassadrice solide ici.
Plus tard, Rubio a réprimandé les journalistes qui l'interrogeaient sur les accusations avant de quitter Athènes, affirmant qu'il ne savait pas si elles étaient vraies, a rapporté l'AP. Des parlementaires américains avaient auparavant exprimé leur inquiétude quant au fait que Guilfoyle ait pu menacer d'user de l'influence américaine pour déstabiliser le gouvernement grec, selon Reuters.
Contexte et enjeux
Trump a nommé Guilfoyle en décembre 2024 à la tête de l'ambassade à Athènes, selon Adnkronos, et ProTV a rapporté qu'elle y avait servi environ un an. Âgée de 57 ans, elle est l'ex-épouse de Gavin Newsom, alors maire de San Francisco et aujourd'hui gouverneur de Californie, et l'ancienne fiancée de Donald Trump Jr. Adnkronos la décrit également comme une ancienne procureure et rivale de Kamala Harris. Reuters a décrit la Grèce comme un allié important de l'OTAN qui offre des installations militaires clés en Méditerranée orientale et dirige une mission maritime de l'UE protégeant le transport commercial en mer Rouge. Adnkronos a lié cette demande à des sondages montrant Trump et les républicains en difficulté à l'approche des élections de mi-mandat.


