
La ministre espagnole de la Santé se rend à Ceuta et dément un effondrement du système de santé après l'entrée massive de migrants depuis le Maroc
La ministre espagnole de la Santé, Mónica García, s'est rendue à Ceuta le 16 août, faisant état de 5 800 migrants soignés en 15 jours, tout en rejetant les allégations d'un effondrement du système de santé après l'entrée massive de 70 000 à 80 000 personnes depuis le Maroc.
La ministre de la Santé se rend à Ceuta
La ministre espagnole de la Santé, Mónica García, s'est rendue à Ceuta dimanche 16 août, environ deux semaines après l'entrée massive de migrants depuis le Maroc dans la ville autonome. Les sources divergent sur l'ampleur : eldiario.es fait état de 70 000 personnes entrées fin juillet, tandis que La Razón avance le chiffre de plus de 80 000. García a rencontré le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, et la directrice de l'INGESA, Isabel Muñoz, pour évaluer la réponse sanitaire. Elle prévoyait également de visiter le Centro de Salud Otero et l'Hôpital universitaire de Ceuta, rencontrant des représentants du personnel et le conseil de l'ordre des médecins. Cette visite faisait suite à la demande formulée vendredi 14 août par la Confédération espagnole des syndicats médicaux (CESM), exigeant une intervention immédiate du ministère et la venue de García pour constater les conditions de travail.
Réponse sanitaire et chiffres
En 15 jours, le système de santé de Ceuta a soigné environ 5 800 migrants, dont 3 500 en soins primaires et 2 300 à l'hôpital. Le premier jour a enregistré la plus forte pression, avec entre 1 149 et 1 195 consultations selon les sources, avant de retomber à une moyenne quotidienne d'environ 300. Samedi 15 août, seuls 193 patients ont été traités. La capacité en lits d'hôpital est passée de 175 à 212, et plus de 60 personnels supplémentaires ont été recrutés jusqu'au 31 août. García a noté que l'hôpital fonctionnait à environ la moitié de sa capacité. Elle a indiqué que 101 personnes étaient actuellement admises, dont 28 migrants. El Confidencial fait état de 275 places disponibles avec 101 occupées, et de 191 patients admis au total toutes pathologies confondues, dont un migrant en soins intensifs.
- Soins primaires
- 3500 personnes
- Hôpital
- 2300 personnes
Pas d'effondrement, mais une tension reconnue
García a fermement rejeté les allégations d'un effondrement du système de santé, soulignant qu'aucun professionnel n'avait été rappelé de vacances ni redéployé depuis d'autres zones. Elle a qualifié la situation de niveau 1 du plan de catastrophe externe, ce qui a déclenché un renforcement des ressources et des circuits de soins séparés pour les résidents de Ceuta et les migrants. Elle a reconnu que certains services, notamment les urgences, la médecine interne et les soins primaires, étaient particulièrement sous tension, et que les soins primaires avaient fourni un effort extraordinaire. García a également déclaré que la situation était loin de ce que l'Espagne a connu avec l'épisode météorologique DANA, et qu'aucun effort extraordinaire n'était donc demandé aux communautés autonomes.
Hay una crisis humanitaria, sí. Hay un riesgo para la salud, sí. Pero no hay un colapso sanitario.
Elle a indiqué que le besoin de santé le plus urgent se situait hors de l'hôpital : fournir un abri, de l'eau, de la nourriture et des conditions d'hygiène aux migrants encore dans les rues. García a également réagi contre l'association entre immigration et maladie.
Asociar inmigración con enfermedad, es injusto y xenófobo. Los migrantes no traen enfermedades.
Pression politique et prochaines étapes
Vivas a appelé le Premier ministre Pedro Sánchez à prendre la tête d'un « mando único », estimant que des visites ministérielles individuelles sans coordination interministérielle manquent de logique et ne simplifient pas les procédures pour des mesures immédiates. La Razón rapporte que le gouvernement local considère les visites ministérielles successives comme de la « pura imagen » (pure image). Le personnel médical et les autorités locales ont également demandé un hôpital de campagne pour soulager la pression sur le seul hôpital de la ville, géré directement par le ministère de la Santé via l'INGESA. Les plaintes concernant le système de santé de Ceuta sont antérieures à l'entrée massive du 30 juillet, mais se sont multipliées depuis. Lundi 17 août, la ministre de la Migration, Elma Saiz, se rendra à Ceuta pour répondre à la crise humanitaire, le gouvernement local réclamant le retour de tous les migrants entrés lors de la traversée massive.
- Entrée massive de migrants depuis le Maroc à Ceuta
- La CESM exige une intervention immédiate du ministère de la Santé
- Les consultations quotidiennes chutent à 193
- La ministre de la Santé García se rend à Ceuta, fait état de 5 800 soignés
- La ministre de la Migration Saiz doit se rendre à Ceuta


