
Keiko Fujimori investie présidente du Pérou, ordonne à l'armée de sécuriser les zones touchées par les gangs et l'exploitation minière illégale
Keiko Fujimori, 51 ans, a pris ses fonctions le 28 juillet 2026 après avoir remporté le second tour du 7 juin avec moins de 50 000 voix d'écart. Dans son discours d'investiture, elle a annoncé que les forces armées prendraient en charge les opérations de sécurité dans les zones en état d'urgence, ciblant les gangs, le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale.
Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, a été investie présidente du Pérou le 28 juillet 2026 et a immédiatement ordonné à l'armée de prendre en charge les opérations de sécurité dans les régions en proie à la criminalité. La dirigeante de droite de 51 ans, élue le 7 juin avec moins de 50 000 voix d'avance sur le gauchiste Roberto Sanchez, devient la deuxième femme à occuper ce poste après Dina Boluarte (2022–2025). Son investiture relance le mouvement fujimoriste, qui divise le pays, et la confronte à une grave crise de la criminalité et à une menace imminente d'El Niño.
Investiture et déploiement militaire immédiat
Dans son discours devant le Congrès, Fujimori a déclaré qu'en état d'urgence, les forces armées assumeraient temporairement le contrôle de la sécurité et de l'ordre intérieur pour « rendre ces territoires aux citoyens ». La mesure cible les zones gangrenées par le trafic de drogue, l'exploitation minière illégale et les gangs d'extorsion qui ont fortement augmenté ces dernières années. Son parti, Fuerza Popular, ne détient que 40 des 130 sièges de l'Assemblée, ce qui nécessite des alliances avec d'autres partis de droite pour financer et légiférer le renforcement de la sécurité.
En état d'urgence, les forces armées prendront temporairement en charge les opérations de sécurité et l'ordre intérieur.
Le fujimorisme de retour après trois échecs
Fujimori avait perdu trois seconds tours consécutifs, en 2011, 2016 et 2021. Sa victoire étroite cette année ramène au pouvoir le mouvement fujimoriste populiste de droite à centre, oscillant entre conservatisme et libéralisme. Son père, Alberto Fujimori, a gouverné de 1990 à 2000 et est mort en 2024 alors qu'il était emprisonné pour corruption et crimes contre l'humanité, un héritage qui divise encore le pays.
- Perd l'élection présidentielle au second tour
- Perd l'élection présidentielle au second tour
- Perd l'élection présidentielle au second tour
- Remporte le second tour avec moins de 50 000 voix d'écart
- Prestation de serment et ordre de déploiement militaire dans les zones criminelles
Un groupe de députés de gauche a quitté la cérémonie d'investiture en signe de protestation. L'opinion publique est partagée. Franklin Gonzáles, un travailleur indépendant de 62 ans à Lima, a déclaré à l'AFP :
Je n'ai pas confiance en elle, mais que pouvons-nous faire : la moitié du Pérou est divisée.
Promesses sécuritaires et obstacles parlementaires
Fujimori a fait campagne sur un programme ferme, promettant de militariser les rues et les prisons et de gouverner d'une « main ferme », en référence au style de son père. Pourtant, la chercheuse Lissell Quiroz a noté que lutter contre le crime organisé nécessite des ressources que le Pérou n'a pas. « Nous ne pouvons pas mettre un policier à chaque coin de rue », a-t-elle déclaré. La nouvelle présidente doit rapidement constituer une majorité de travail au Congrès pour tenir sa promesse phare.
La menace El Niño pèse sur le nouveau gouvernement
Au-delà de la criminalité, un épisode intense d'El Niño cette année a déjà contraint le gouvernement sortant à placer près de 800 municipalités en état d'urgence début juillet. Environ un Péruvien sur trois est exposé à ses effets, et les épisodes précédents ont apporté des pluies torrentielles, des glissements de terrain et de nombreuses victimes le long de la côte Pacifique. Quiroz a déclaré que la peur est répandue parmi la population.
Nous avons très peur.
Des dirigeants régionaux présents et promesse de réconciliation
L'investiture a attiré des chefs d'État de toute l'Amérique latine, notamment l'Argentin Javier Milei, le Chilien José Antonio Kast, le Bolivien Rodrigo Paz, l'Équatorien Daniel Noboa et l'Uruguayen Yamandu Orsi. Dans son discours, Fujimori a appelé à la réconciliation nationale, affirmant qu'aucun gouvernement ne peut faire avancer le Pérou s'il continue d'alimenter les divisions. Avec le déploiement militaire immédiat, elle a signalé que la sécurité est la priorité absolue, même si le gouvernement minoritaire et l'approche d'El Niño mettent à l'épreuve sa capacité dès le premier jour.


