
Feijóo lance la campagne du PP pour les législatives de novembre et met en garde contre l'euphorie
Le président du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, a réuni jeudi à Madrid sa direction nationale, mettant en garde contre tout triomphalisme avant les législatives espagnoles du 29 novembre et désignant Miguel Tellado comme directeur de campagne.
Mobilisation et mise en garde contre la complaisance
Alberto Núñez Feijóo a lancé la campagne du Parti populaire en vue des législatives du 29 novembre en demandant aux responsables du parti de bannir tout triomphalisme. Devant le comité national de direction, au siège du parti, calle Génova à Madrid, jeudi, Feijóo a rejeté toute célébration anticipée fondée sur les sondages ou l'ambiance de rue. Il a déclaré aux dirigeants régionaux réunis que les victoires se gagnent le jour du scrutin et non pendant la campagne. Le chef du parti a présenté le scrutin à venir comme un choix explicite entre la décence et la délinquance pour les électeurs espagnols. Il a appelé les cadres régionaux à sillonner le pays et à aller chercher les voix une par une, sans considérer aucun électorat comme acquis.
Ici, rien ne se célèbre avant la fermeture du dernier bureau de vote.
Direction de campagne et organisation
Pour mener la campagne, Feijóo a nommé le secrétaire général du PP, Miguel Tellado, directeur de campagne national. Cet élu de Ferrol, âgé de 52 ans, avait coordonné les deux dernières campagnes régionales de Feijóo en Galice avant de rejoindre des fonctions nationales à Madrid. Feijóo a souligné que cette structure avait remporté cinq victoires en cinq campagnes et a demandé à l'équipe de faire mieux. Marta Varela, directrice du cabinet de Feijóo, sera directrice de campagne adjointe tout au long de l'opération. La porte-parole parlementaire Ester Muñoz devient porte-parole de la campagne, tandis qu'Alma Ezcurra est chargée de la rédaction du programme électoral. Le comité de campagne national intègre aussi des figures régionales, dont la secrétaire générale de Castille-La Manche, Carolina Agudo, et la députée nationale Pilar Alía pour la formation des candidats.
- Miguel Tellado succède à Cuca Gamarra comme secrétaire général du PP
- Décès de Maricarmen Abascal, retraitée de 87 ans expulsée de son logement
- Feijóo réunit la direction du PP à Madrid pour présenter le comité de campagne électorale
- Les électeurs espagnols votent lors des législatives anticipées
Polémique sur le logement après les expulsions
La politique du logement a été un point central du discours de Feijóo devant la direction du parti. Il a attaqué le bilan de Pedro Sánchez en matière d'accès au logement, citant 97 expulsions par jour pendant les huit années du gouvernement socialiste. Feijóo a affirmé que les jeunes générations ne parviennent toujours pas à quitter le foyer familial tandis que des actifs trentenaires doivent partager des appartements. Le discours a évoqué la mort, le 7 octobre, de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans dont l'expulsion deux semaines plus tôt avait provoqué la chute de deux décrets-lois gouvernementaux et entraîné la convocation des élections. Feijóo a accusé le gouvernement de chercher à instrumentaliser émotionnellement cette mort pour sauver sa position politique. Le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, a déclaré de son côté que la mairie de la capitale ne tiendrait pas de minute de silence, estimant que les partis de gauche instrumentalisent la mort de cette femme.
Nous ne suivrons pas leur jeu et nous ne tomberons pas dans leurs pièges.
Témoignage à l'Audiencia Nacional et pression politique
Feijóo et les dirigeants régionaux ont aussi porté leur attention sur les procédures judiciaires en cours à l'Audiencia Nacional jeudi matin. La juge Beatriz Biedma, qui enquête sur des accusations de corruption visant le frère du Premier ministre, a témoigné comme témoin et victime au sujet d'un harcèlement présumé. Sa comparution fait suite aux conclusions de l'Unité centrale opérationnelle de la Garde civile sur des contacts entre des agents socialistes et le gang des Los Rochos de Badajoz. Biedma a déclaré au tribunal que des personnes liées à ces réseaux s'étaient approchées de l'école de ses filles. Le président de Castille-et-León, Alfonso Fernández Mañueco, a évoqué le rapport de police en arrivant au siège du parti, affirmant que les citoyens ont désormais la possibilité de clore un chapitre dommageable de la gouvernance démocratique. Feijóo a exigé que le gouvernement rende pleinement des comptes sur les pressions rapportées contre la magistrate.


