
Les procureurs de Milan abandonnent l'enquête sur les arbitres : aucune fraude dans l'affaire Rocchi-Inter, le dossier transmis à la justice sportive
Les procureurs de Milan ont demandé le classement sans suite d'une enquête de deux ans visant l'ancien désignateur des arbitres de Serie A, Gianluca Rocchi, et l'Inter Milan, concluant à l'absence de fraude pénale dans les désignations des officiels de match.
L'enquête se clôt
Après près de deux ans d'enquête, le Parquet de Milan a demandé le classement sans suite de l'affaire visant l'ancien désignateur des arbitres, Gianluca Rocchi. Le procureur Maurizio Ascione a signé la demande le soir du 14 juillet 2026, à la suite d'une série de réunions avec le procureur adjoint Paolo Ielo et le procureur en chef Marcello Viola. L'enquête, ouverte en octobre 2024 et rendue publique en avril 2025, examinait si Rocchi avait manipulé les désignations arbitrales pour quatre matches afin de favoriser l'Inter Milan.
L'hypothèse initiale du parquet était que Rocchi avait commis une fraude sportive de concert avec des représentants non identifiés de l'Inter. Cependant, les enquêteurs ont conclu que les preuves recueillies (écoutes téléphoniques, témoignages et interrogatoires) étaient insuffisantes pour soutenir un procès avec une probabilité raisonnable de condamnation, comme l'exige la réforme Cartabia.
Pas de fraude dans les désignations.
L'Inter Milan également blanchi
Un nouveau développement est apparu le 15 juillet : l'Inter Milan en tant que club avait été officiellement inscrit comme suspect en vertu de la loi sur la responsabilité administrative des personnes morales (loi 231). Le club a été immédiatement blanchi. Le classement sans suite pour l'Inter est une conséquence directe de l'exclusion de l'infraction pénale sous-jacente. Le dossier de l'Inter a été transmis au Parquet général de Milan, qui dispose de six mois pour contester la violation administrative s'il n'est pas d'accord avec l'évaluation.
Les quatre matches examinés comprenaient Torino-Inter de la saison qui vient de s'achever, Bologne-Inter d'avril 2025, et la demi-finale de la Coupe d'Italie entre l'AC Milan et l'Inter. Les procureurs ont allégué que Rocchi avait désigné l'arbitre Andrea Colombo pour Bologne-Inter parce qu'il était considéré comme acceptable par l'Inter, et avait désigné Daniele Doveri pour la demi-finale Milan-Inter afin d'éviter sa nomination pour une éventuelle finale ou des matches de championnat ultérieurs, où il était soi-disant moins bien accueilli.
L'existence historique des faits a été reconstituée, mais ils sont considérés comme des interférences et non comme une fraude sportive.
Les coups à la porte de la salle Var
Un volet distinct de l'enquête concerne des coups présumés à la porte de la salle Var de Serie A à Lissone, dans la province de Monza. Cette partie de l'affaire a été transférée au Parquet de Monza, qui a compétence territoriale. Cinq personnes sont au total sous enquête : Rocchi (suspendu de lui-même), le superviseur Var Andrea Gervasoni (suspendu de lui-même), l'assistant Daniele Paterna, et les assistants de la salle Var Rodolfo Di Vuolo et Luigi Nasca.
Deux incidents spécifiques sont cités. Lors d'Udinese-Parme le 1er mars 2025, Rocchi aurait violé le protocole Var en frappant et en incitant l'officiel Var Paterna à appeler l'arbitre Fabio Maresca pour une révision sur le terrain, conduisant à un penalty pour l'Udinese, malgré l'avis contraire de Paterna. Lors de Salernitana-Modène le 8 mars 2025, Gervasoni est accusé d'avoir fait pression sur l'officiel Var Nasca pour inciter l'arbitre Antonio Giua à réviser et à modifier une décision sur un penalty accordé à Modène.
Tensions internes et prochaines étapes
La conclusion de l'enquête a été marquée par un désaccord interne au sein du parquet. Ascione, qui part pour le Parquet européen (EPPO) le 16 juillet, était apparemment convaincu que les preuves étaient suffisantes pour un procès. Le procureur en chef Viola et l'adjoint Ielo, qui n'ont rejoint l'affaire qu'en juin 2026, estimaient que le matériel n'atteignait pas le seuil d'une condamnation probable. Ascione a finalement signé la demande de classement sans suite après des réunions le 14 juillet.
Les dossiers seront désormais transmis aux instances de justice sportive (le Parquet fédéral de la FIGC et le Parquet général du sport du CONI) pour évaluer d'éventuelles violations disciplinaires. Les documents seront également transmis à la Commission parlementaire anti-mafia, qui entend examiner d'éventuelles infiltrations ou liens avec le crime organisé.
- Le procureur de Milan Maurizio Ascione ouvre l'enquête sur les désignations arbitrales.
- Match Udinese-Parme : Rocchi aurait violé le protocole Var en frappant à la porte de la salle Var.
- Match Salernitana-Modène : le superviseur Var Gervasoni accusé d'avoir fait pression sur l'officiel Var Nasca.
- L'enquête devient publique ; le match Bologne-Inter examiné pour la désignation de l'arbitre Colombo.
- Le procureur adjoint Paolo Ielo rejoint l'enquête aux côtés d'Ascione.
- Ascione signe la demande de classement sans suite après des réunions avec Viola et Ielo.
- L'inscription de l'Inter Milan comme suspect et son blanchiment immédiat sont révélés ; les dossiers sont transmis à la justice sportive.


