
Le dissident chinois Dong Guangping, qui a fui en canot pneumatique vers la Corée du Sud, arrive au Canada pour retrouver sa famille après une décennie
Le dissident chinois Dong Guangping est arrivé à Toronto vendredi soir, mettant fin à des années de tentatives d'exil après une périlleuse traversée en canot pneumatique vers la Corée du Sud et sa libération ultérieure par les autorités de ce pays.
Arrivée à Toronto
Dong Guangping a atterri à l'aéroport international Pearson de Toronto tard vendredi soir à bord d'un vol d'Air Canada. Il a été accueilli par son amie de longue date Sheng Xue, une militante sino-canadienne qui a contribué à coordonner son voyage.
Je suis très heureux. Assis ici maintenant, j'ai l'impression d'être à la maison.
Sheng Xue a posté sur les réseaux sociaux que Dong avait mangé un grand bol de nouilles aux œufs, tomates et crevettes, ajoutant qu'elle avait passé plus d'une décennie à essayer de le faire sortir de Chine.
La traversée
Fin mai, cet ancien policier de 68 ans est parti de Weihai, dans le Shandong, à bord d'un canot pneumatique de 3,3 mètres équipé d'un moteur de 9,9 chevaux. Il avait l'intention de rejoindre le Japon mais a rapidement perdu ses repères.
La mer et le ciel deviennent une seule blancheur sans limite, et on ne sait plus où aller.
La batterie de son téléphone a lâché et le moteur hors-bord a commencé à tomber en panne. Un pêcheur sud-coréen l'a secouru alors qu'il dérivait au large de la côte ouest du pays.
Détention et libération
Les garde-côtes sud-coréens ont arrêté Dong pour violation présumée de la loi sur l'immigration. Les procureurs ont demandé un mandat d'arrêt, mais un juge l'a refusé fin mai. Il a ensuite été libéré et autorisé à quitter le pays.
C'était sa quatrième tentative connue de fuir la Chine.
Un historique d'évasions ratées
Dong a été emprisonné pendant trois ans en 2001 pour « incitation à la subversion du pouvoir d'État » et de nouveau détenu en 2014 après avoir assisté à une commémoration des victimes de la répression de la place Tiananmen en 1989, selon des groupes de défense des droits humains.
En 2015, il a fui avec sa famille en Thaïlande, où il a obtenu le statut de réfugié auprès des Nations unies et été approuvé pour une réinstallation au Canada. La police thaïlandaise l'a remis à la Chine quelques jours avant le vol prévu ; sa femme et ses filles sont parties sans lui.
Fin 2019, il a nagé vers Kinmen, une île contrôlée par Taïwan, et a failli se noyer. Le mois suivant, il s'est enfui au Vietnam et s'est caché pendant plus de deux ans avant d'être arrêté et renvoyé en Chine.
Retrouvailles familiales et silence officiel
Sa femme et ses filles vivent au Canada depuis 2015. Sheng Xue a décrit l'arrivée comme la fin d'un effort de dix ans pour le mener à la liberté.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada n'a pas immédiatement commenté l'affaire.

