
Nouvelle attaque contre l'aéroport de Niamey : 11 soldats, deux civils et 22 assaillants tués, annonce le ministère de la Défense
Des hommes armés ont pris d'assaut l'aéroport international de Niamey tôt jeudi, la deuxième attaque de ce type cette année, alors que le pays dirigé par une junte peine à contenir une insurrection djihadiste croissante. Le ministère nigérien de la Défense a indiqué que 11 soldats, deux civils et 22 assaillants ont été tués.
Ce qui s'est passé
Des explosions et des tirs soutenus ont retenti depuis l'aéroport international Diori Hamani de Niamey, au Niger, à partir de 5 ou 6 heures du matin (heure locale) le 18 juin. Des habitants ont décrit avoir entendu des tirs d'armes lourdes près de la porte principale et du point de contrôle de l'aéroport. L'attaque a duré environ 30 minutes, bien que des tirs sporadiques étaient encore audibles près de deux heures plus tard, selon des témoins. Les forces de sécurité ont rapidement bouclé la zone et en milieu de matinée, l'aéroport était entièrement sécurisé.
Entendre des coups de feu comme ça, nous avons eu très peur.
Abdoulaye Mamane, un chauffeur de taxi vivant à un demi-mile de l'aéroport, a déclaré avoir réveillé sa femme et ses enfants. « Je ne veux rien arriver à ma famille. Nous devrons quitter le quartier », a-t-il confié au New York Times.
- L'attaque commence à l'aéroport de Niamey avec des explosions et des tirs près de la porte principale.
- Des tirs sporadiques encore audibles deux heures après les premières explosions ; zone bouclée.
- Aéroport entièrement sécurisé et bouclé ; plus tard annoncé comme restant ouvert au trafic.
Bilan et réponse officielle
Le ministère de la Défense a publié des chiffres jeudi : 11 soldats, deux civils et 22 assaillants ont été tués. Un chercheur du Armed Conflict Location & Event Data Project avait auparavant déclaré au Times que sept assaillants et plusieurs policiers étaient morts, et un officier des forces spéciales nigériennes a estimé le bilan à 18 assaillants tués après qu'ils eurent abattu trois membres des forces armées. L'aéroport est resté ouvert au trafic aérien une fois la zone sécurisée, a ajouté le ministère.
Insurrection djihadiste au Sahel
Aucun groupe n'a immédiatement revendiqué la responsabilité. L'attaque portait les marques de la branche régionale de l'État islamique, qui avait revendiqué une attaque en janvier sur le même site, ou de la branche locale d'Al-Qaïda, selon le chercheur Héni Nsaibia. Le Niger, dirigé par une junte militaire depuis le coup d'État de 2023 qui a renversé le président Mohamed Bazoum, est l'un des trois pays du Sahel aux côtés du Mali et du Burkina Faso à lutter contre une violente violence djihadiste. Lors de l'attaque de janvier, les forces nigériennes et russes alliées ont repoussé des assaillants arrivés à moto ; quatre soldats ont été blessés et des stocks de munitions ont pris feu.
Mesures de sécurité et mobilisation citoyenne
Après l'attaque de janvier, le gouvernement a démoli des milliers de maisons construites illégalement près de l'aéroport, affirmant que des djihadistes s'étaient infiltrés dans le quartier. Le mur d'enceinte a été prolongé et plus de 350 caméras installées. Jeudi, des résidents armés de bâtons et de machettes se sont rassemblés en soutien apparent à l'armée, faisant écho à un décret de décembre ordonnant aux citoyens d'aider à défendre le pays.
Ces événements nous rappellent que la guerre contre le terrorisme est aussi une guerre de résilience, d'unité et de détermination nationale. Plus que jamais, chaque citoyen est appelé à se rallier derrière les forces de défense et de sécurité, à rejeter la psychose et à être responsable dans le partage d'informations.

