
La justice de Hambourg condamne sept jeunes membres d'extrême droite du 'Last Defense Wave' à la prison pour incendie criminel et tentative de meurtre
La Haute Cour régionale hanséatique a prononcé des peines d'emprisonnement allant jusqu'à cinq ans contre sept membres du groupe 'Last Defense Wave', qui a commis des incendies criminels contre un centre culturel et un foyer pour réfugiés.
Verdict et peines
La Haute Cour régionale hanséatique de Hambourg a condamné huit jeunes hommes le 5 août 2026 pour appartenance à une organisation terroriste, tentative de meurtre, incendie criminel et voies de fait graves. Sept ont reçu des peines d'emprisonnement relevant du droit pénal des mineurs, allant de deux ans et quatre mois à cinq ans. Le huitième prévenu, un jeune de 15 ans originaire des environs de Haiger en Hesse, a été condamné à un an et demi de prison avec sursis. Trois des condamnés ont en outre été reconnus coupables d'avoir agi comme meneurs du groupe. Les prévenus étaient âgés de 14 à 21 ans au moment des faits, et le tribunal a appliqué le droit pénal des mineurs dans son ensemble. Le verdict peut encore faire l'objet d'un appel.
Les attaques
Le groupe a commis un incendie criminel contre un centre culturel à Altdöbern, dans le Brandebourg, en octobre 2024. Le bâtiment a été entièrement détruit ; le couple exploitant et leur jeune fille, qui dormaient dans un bâtiment adjacent, n'ont échappé aux blessures que par chance. En janvier 2025, deux membres ont tenté de mettre le feu à un foyer pour réfugiés à Schmölln, en Thuringe, à l'aide d'engins pyrotechniques. Ils ont également tagué des croix gammées et des slogans tels que « étrangers dehors » sur la façade. Une autre attaque incendiaire planifiée contre un foyer à Senftenberg, dans le Brandebourg, utilisant des soi-disant « ball bombs », a été déjouée grâce à des informations fournies par une équipe de reportage de Stern et RTL.
Idéologie du groupe et recrutement
Selon le procureur fédéral, la « Last Defense Wave » (Letzte Verteidigungswelle) se considérait comme le dernier rempart défendant la « nation allemande » et visait à renverser l'ordre démocratique par des actes violents contre les migrants et les opposants politiques. Le groupe s'est formé à partir de groupes de discussion d'extrême droite qui comptaient environ 200 participants. Les membres recrutaient via les réseaux sociaux comme TikTok, Telegram et WhatsApp, et communiquaient dans des groupes de discussion, adoptant des titres tels que « Gauleiter » et « Ministre de la propagande ». Ils glorifiaient le Troisième Reich et évoquaient le déclenchement d'une « guerre raciale ». Outre les incendies criminels, les membres se livraient à ce qu'ils appelaient la « chasse aux pédophiles », attirant et frappant des personnes qu'ils pensaient être des pédophiles.
Procès et conséquences
Plusieurs prévenus étant mineurs, le procès s'est déroulé en grande partie à huis clos après la lecture de l'acte d'accusation en mars 2026. Seule l'annonce du verdict était publique. De nombreux prévenus avaient leurs parents dans la salle d'audience. Le juge président a déclaré que l'expression « chambres d'enfants brunes » était « tout à fait appropriée » pour décrire le groupe.
Les actes étaient une tentative de provoquer le chaos.
Les prévenus ont été arrêtés en mai 2025 lors de perquisitions en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, dans le Brandebourg et en Hesse ; certains étaient déjà en détention. En juin 2026, deux autres adolescents ont été arrêtés en Thuringe pour appartenance présumée au groupe. Les enquêtes sur d'autres membres se poursuivent.
- Incendie criminel contre un centre culturel à Altdöbern, Brandebourg
- Attaque aux engins pyrotechniques contre un foyer pour réfugiés à Schmölln, Thuringe
- Perquisitions et arrestations de membres du groupe dans plusieurs Länder
- Début du procès sous le droit pénal des mineurs, à huis clos
- Verdict : sept peines d'emprisonnement, une avec sursis


