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Macroéconomie·-3 h

La Fed maintient ses taux lors des débuts de Warsh, virage hawkish qui fait chuter les actions et monter le dollar

La Réserve fédérale américaine a laissé son taux directeur inchangé à 3,50–3,75 % lors de la première réunion présidée par Kevin Warsh, tandis que de nouvelles projections montrent que neuf responsables politiques anticipent une hausse des taux avant la fin 2026, supprimant le langage qui évoquait de futures baisses.

La décision

Le Comité fédéral de l'open market a maintenu le taux des fonds fédéraux inchangé mercredi, maintenant les coûts d'emprunt dans la fourchette de 3,50–3,75 % introduite pour la première fois en janvier. Le vote a été unanime, signe que le président Kevin Warsh, entré en fonction le mois dernier, a réussi à consolider un comité qui avait connu trois dissensions en avril.

Les investisseurs avaient largement anticipé ce statu quo et se sont plutôt concentrés sur la déclaration actualisée et les projections économiques. Le comité a abandonné sa référence de longue date à des « ajustements supplémentaires » dans la déclaration de politique monétaire, une phrase qui signalait un biais en faveur de nouvelles réductions de taux, et l'a remplacée par un langage qui laisse ouverte la possibilité d'une hausse.

Nous nous attendons à un biais plus neutre. Il est possible que le comité, sous la direction de Warsh, prenne une mesure radicale et supprime complètement les indications sur les taux.

Michael Feroli

Déclaration et projections

Le Résumé trimestriel des projections économiques a montré des perspectives plus pessimistes sur l'inflation. Les responsables politiques s'attendent désormais à une inflation PCE de fin d'année de 3,6 % d'ici 2027, contre 2,7 % en mars. Ce changement reflète l'impact persistant d'un choc pétrolier provoqué par la guerre américano-israélienne avec l'Iran plus tôt dans l'année.

Malgré un récent repli des prix du pétrole, le brut Brent est passé sous la barre des 80 dollars le baril mardi, neuf des 19 membres ont inscrit une hausse d'un quart de point d'ici décembre. Les marchés ont répondu en faisant passer la probabilité d'une hausse en décembre à environ 43 %, selon l'outil FedWatch du CME Group.

L'attention se portera entièrement sur la première conférence de presse du président Warsh, et il existe un degré élevé d'incertitude quant à ses communications compte tenu de ses brèves apparitions dans les médias jusqu'à présent.

Jay Barry

Le défi de communication de Warsh

Warsh a longtemps soutenu que les banquiers centraux parlent trop, et son témoignage de confirmation a laissé entendre qu'il réduirait les orientations prospectives. Les analystes ont surveillé de près s'il allait s'opposer au réajustement hawkish du marché, une décision qui pourrait soit calmer, soit déstabiliser les investisseurs.

Le contexte est politiquement chargé : le président Donald Trump a appelé à plusieurs reprises à une politique plus souple sous l'ancien président Jerome Powell et a depuis indiqué qu'il laisserait Warsh agir. Néanmoins, Warsh doit naviguer au sein d'un comité qui comprend Powell, qui reste membre votant en tant que gouverneur de la Fed.

Nous nous attendons à ce que Warsh se montre non-engagé lors de sa première conférence de presse. En partie parce que c'est sa première conférence de presse, et qu'il serait bon de ne pas paraître trop éloigné des vues du comité.

Mohit Kumar
Événements clés du jour de la décision de la Fed
  1. Rapport solide sur les ventes au détail : les ventes de mai augmentent de 0,9 %, dépassant les prévisions
  2. La Fed laisse les taux inchangés ; la déclaration supprime la phrase « ajustements supplémentaires »
  3. Le président Kevin Warsh tient sa première conférence de presse, répondant aux questions sur le virage hawkish

Réaction du marché

Wall Street a nettement baissé après la décision. Le Dow a chuté, le S&P 500 et le Nasdaq ont reculé, et le dollar a prolongé ses gains face aux principales devises. Le rendement du Trésor à 10 ans a légèrement augmenté à 4,435 %, tandis que le rendement à deux ans, le plus sensible aux attentes de taux, a augmenté de deux points de base à 4,06 %.

Ces mouvements sont survenus malgré un rapport sur les ventes au détail plus fort que prévu plus tôt dans la journée, qui a montré une hausse de 0,9 % en mai, en partie alimentée par la hausse des prix de l'essence. Les ventes de base, qui excluent les automobiles, l'essence, les matériaux de construction et les services de restauration, ont augmenté de 0,7 %.

Le pétrole et le contexte de l'accord avec l'Iran

Le virage de la Fed a été atténué par un protocole d'accord préliminaire entre les États-Unis et l'Iran qui prolonge un cessez-le-feu fragile de 60 jours supplémentaires et pourrait ouvrir le détroit d'Ormuz à des expéditions de pétrole plus importantes. Des informations selon lesquelles Washington renoncerait aux sanctions sur le pétrole iranien pour une période définie ont contribué à faire baisser le brut Brent à environ 79 dollars le baril, bien loin des plus hauts de quatre ans atteints pendant le conflit.

Néanmoins, l'accord est incomplet. Le président Trump a prévenu qu'il pourrait reprendre les bombardements s'il n'est pas satisfait des termes, et un fonds privé de 300 milliards de dollars destiné à déclencher des investissements n'est engagé qu'à moitié. L'issue des négociations avec l'Iran façonnera la trajectoire de l'inflation que la Fed de Warsh devra gérer dans les mois à venir.

Washington

8 sources

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