
Ouverture du G7 à Évian : Donald Trump arrive avec un accord de cessez-le-feu avec l'Iran, les alliés redoutent des turbulences
Le sommet du G7 s'ouvre lundi à Évian, en France. Donald Trump y participe après avoir annoncé un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran. Emmanuel Macron a indiqué que les discussions porteraient sur l'aide au Liban, la réouverture du détroit d'Ormuz et un accord plus large sur le nucléaire et les missiles balistiques avec Téhéran.
Le cadre du sommet
Le G7 se réunit du lundi 15 juin au mercredi 17 juin dans la ville thermale d'Évian, sur les rives du lac Léman. La France accueille cette rencontre des États-Unis, de l'Allemagne, de la France, du Japon, du Royaume-Uni, de l'Italie et du Canada pour la deuxième fois sous la présidence d'Emmanuel Macron, après Biarritz en 2019. L'Élysée a abordé le sommet avec confiance, le qualifiant de « succès » avant même la séance d'ouverture, et soulignant les travaux préparatoires sur la protection des enfants en ligne, la recherche contre le cancer et les déséquilibres macroéconomiques mondiaux. Le site est placé sous haute sécurité, avec 14 000 policiers et gendarmes déployés.
- Taormine, Italie : Donald Trump se démarque du G7 sur le climat ; une semaine plus tard, il annonce le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris.
- Charlevoix, Canada : Donald Trump part plus tôt, désavoue le communiqué final sur Twitter et accuse le Premier ministre Justin Trudeau de « mensonges ».
- Biarritz, France : Emmanuel Macron annule la déclaration commune et la remplace par un texte d'une page pour éviter une crise de dernière minute.
- Kananaskis, Canada : Donald Trump quitte le sommet douze heures avant la fin prévue.
- Évian, France : Le G7 s'ouvre sous présidence française ; Donald Trump arrive avec un nouveau protocole d'accord américano-iranien.
Le protocole d'accord sur l'Iran
La réunion s'ouvre dans l'ombre d'un protocole d'accord américano-iranien annoncé par Donald Trump dimanche, jour de son 80e anniversaire. Le texte définit le cadre d'une fin de la guerre au Moyen-Orient et, selon le Pakistan, une signature officielle est prévue vendredi à Genève. Dans une vidéo publiée sur Instagram depuis Évian, Emmanuel Macron a exposé l'agenda de travail que cet accord impose au G7 :
Il a ajouté que les dirigeants examineraient également « les voies et moyens de diversifier les routes énergétiques qui quittent la région pour échapper à notre dépendance », et donc « les conséquences de la crise au Moyen-Orient sur nos économies ».L'objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture durable d'Ormuz, et évidemment la conclusion d'un accord nucléaire et balistique en Iran.
Le facteur Trump
Le bilan de Donald Trump lors des sommets du G7 incite les alliés à se préparer à des frictions. À Taormine en 2017, il s'était démarqué du groupe sur le climat avant de retirer les États-Unis de l'accord de Paris une semaine plus tard. À Charlevoix en 2018, il était parti plus tôt et avait désavoué le communiqué final dans un tweet depuis Air Force One, accusant le Premier ministre canadien Justin Trudeau de « mensonges ». À Biarritz en 2019, Emmanuel Macron avait annulé la déclaration commune, la remplaçant par un texte d'une page pour éviter un psychodrame de dernière minute. Donald Trump a par la suite qualifié le G7 de « groupe de pays très dépassé » et a poussé pour réadmettre la Russie, exclue du G8 depuis l'invasion de la Crimée en 2014. Les quatre sommets du G7 qui ont suivi sous Joe Biden ont tous abouti à des déclarations communes, mais le retour de Donald Trump remet cette pratique en question. À Kananaskis en 2025, il était parti douze heures avant la fin.
Les alliés face aux tensions bilatérales
Les relations entre les États-Unis et les membres européens sont sous pression en raison des menaces de Donald Trump de se retirer de l'OTAN et de son intérêt affiché pour prendre le contrôle du Groenland, un territoire sous souveraineté danoise. Néanmoins, le Premier ministre canadien Mark Carney a exprimé un optimisme prudent quant à la gestion du rassemblement par la présidence française. « Je crois que le style du président Macron, qui est direct, concret et ambitieux, se prête bien à faire avancer les choses avec tous les partenaires du G7, y compris le président Donald Trump », a écrit Mark Carney sur X. Les travaux ministériels préparatoires ont été productifs, et les négociateurs sont prêts avec une déclaration commune substantielle couvrant l'impact environnemental de la technologie numérique, la régulation de l'intelligence artificielle et la protection des enfants en ligne. Reste à savoir si elle survivra au contact avec le président américain.
La longue route vers une paix durable
Les analystes préviennent que le protocole d'accord ne garantit pas un règlement durable. Le quotidien français Le Figaro le décrit comme un accord qui récompenserait l'intransigeance de Téhéran et avertit qu'une mauvaise paix pourrait préparer la prochaine guerre. Le protocole est interprété par certains commentateurs comme un échec de l'approche de pression maximale de Donald Trump, et le chemin vers une résolution durable du conflit reste long. L'agenda de crise du G7 est donc chargé : le règlement au Moyen-Orient, la guerre prolongée en Ukraine et la question de la dépendance énergétique soulevée par Emmanuel Macron seront au cœur des trois jours de discussions.
- Donald Trump annonce un protocole d'accord américano-iranien le jour de son 80e anniversaire.
- Ouverture du G7 à Évian ; Emmanuel Macron fixe l'agenda sur les conséquences de l'accord, le soutien au Liban et le détroit d'Ormuz.
- Signature officielle de l'accord américano-iranien prévue à Genève, selon le Pakistan.


