
Nicușor Dan convoque les chefs de parti le 12 juillet pour briser l'impasse politique et sauver les fonds européens
Le président roumain Nicușor Dan a convoqué les chefs du PSD, PNL, USR et UDMR au Palais de Cotroceni lundi 12 juillet, cherchant une majorité pour former un nouveau gouvernement et adopter des réformes urgentes liées à l'UE.
Appel aux négociations
Le président Nicușor Dan a convoqué les chefs des partis parlementaires de Roumanie au Palais de Cotroceni lundi 12 juillet, pour trouver une issue à une crise politique prolongée. Selon plusieurs sources politiques, la réunion réunira Ilie Bolojan (PNL), Sorin Grindeanu (PSD), Dominic Fritz (USR) et Kelemen Hunor (UDMR). Le président souhaite que chaque chef expose publiquement sa vision d'une majorité gouvernementale et d'un nouveau cabinet.
En ce moment, strictement en ce moment, je n'ai pas le sentiment qu'une solution se dessine.
Cette invitation fait suite à des semaines de négociations bloquées après le limogeage du premier ministre Ilie Bolojan. Le président Dan, qui vient de rentrer d'un sommet de l'OTAN à Bruxelles, insiste sur le fait que la responsabilité principale incombe aux partis eux-mêmes.
Lors de la réunion de lundi, je veux que chaque chef dise quelle solution majoritaire il voit, et je leur demanderai non seulement de me le dire, mais de vous le dire également, car ils portent la responsabilité première.
Impasse et conditions
L'impasse politique tourne autour d'une proposition de premier ministre tournant et d'une méfiance mutuelle. Le PSD a indiqué qu'il accepterait une rotation seulement s'il occupe le poste en premier. De son côté, le PNL, avec l'USR et l'UDMR, a proposé Siegfried Mureșan comme premier ministre. Le PSD exige que le PNL annule d'abord les résolutions internes qui excluent toute coalition avec les sociaux-démocrates.
Un premier pas serait de ne pas inventer autre chose ; ils devraient prendre une décision pour dire que nous avons dépassé cela et s'asseoir pour discuter.
Un scénario de « gouvernement de trêve » soutenu par le PSD-PNL-UDMR mais excluant l'USR a également été évoqué, le ministre des Finances Alexandru Nazare étant mentionné comme possible premier ministre.
Fonds européens en péril
Au-delà de la formation d'un gouvernement, les discussions sont urgentes car la Roumanie risque de perdre 4,5 milliards d'euros de fonds de relance de l'Union européenne si le Parlement ne se réunit pas en session extraordinaire pour adopter six textes législatifs essentiels. Ceux-ci incluent un nouveau code de l'urbanisme et une loi salariale unifiée. Le premier ministre démis Bolojan a souligné qu'un arrangement temporaire est nécessaire pour adopter ces lois avant qu'un nouvel exécutif ne prenne ses fonctions.
Nous avons demandé un accord de réciprocité... des garanties qui peuvent être mises en pratique, pour qu'une telle installation ait pour effet de mettre en œuvre les mesures dont la Roumanie a besoin. Car les choses ne sont pas finies.
Il a prévenu que le simple fait de surmonter l'échéance immédiate d'absorption des fonds ne stabiliserait pas la situation.
Prochaines étapes
L'appel direct du président Dan à des réponses publiques marque un virage vers la transparence, alors qu'il cherche à forcer les partis à s'engager devant l'électorat. La réunion du 12 juillet brisera-t-elle l'impasse ? La pression de l'échéance imminente des fonds européens et l'instabilité politique prolongée augmentent les enjeux pour tous les camps.

