
Cuba propose des réformes de marché radicales pour sauver l'économie sous les sanctions américaines
Le Premier ministre cubain Manuel Marrero a présenté jeudi à l'Assemblée nationale 176 mesures de réforme, soutenues par le Parti communiste et l'ancien dirigeant Raúl Castro, visant à privatiser les entreprises d'État et à attirer les investissements étrangers pour survivre à la pression économique écrasante des États-Unis.
Un tournant historique sous la contrainte
Jeudi, le Premier ministre cubain Manuel Marrero a exposé 175 propositions de réforme devant l'Assemblée nationale, un ensemble qui marquerait le changement le plus profond du modèle socialiste de l'île depuis la révolution de 1959. Les mesures sont présentées explicitement comme une stratégie de survie face aux sanctions américaines qui ont coupé les approvisionnements pétroliers, chassé les entreprises étrangères et brisé le tourisme.
Le président Miguel Díaz-Canel a averti le bureau politique du Parti communiste que le retard n'était pas une option.
Nous devons libérer la production, avoir plus de rendement et moins de restrictions.
L'ancien président Raúl Castro, inculpé en mai par les États-Unis pour meurtre, a rompu avec sa réserve habituelle pour écrire une lettre soutenant le plan comme « bénéfique » et appelant à une action rapide.
Le programme en 176 points
Le discours de deux heures de Marrero a détaillé un changement qui va bien au-delà des ouvertures aux petites et moyennes entreprises autorisées en 2021. Les entreprises privées de plus de 100 employés seront autorisées pour la première fois, et les Cubains pourront posséder plusieurs entreprises. Les entreprises publiques doivent être transformées en ventures commerciales avec des actions négociables ; des banques privées pourront entrer dans un secteur autrefois réservé à l'État.
Le développement immobilier est également ouvert aux investisseurs privés, y compris dans des zones très réglementées comme La Vieille Havane et l'archipel de Los Cayos. Le tourisme, l'agriculture et le marché des changes doivent être libéralisés, parallèlement à une réduction du nombre de ministères de 27 à 21 et à une plus grande autonomie fiscale pour les municipalités.
Le marché est un instrument pour l'allocation efficace des ressources.
La pression de Washington
La refonte est une réponse directe à la guerre économique croissante de l'administration Trump. Un embargo pétrolier imposé en décembre 2025, couplé à la capture orchestrée par les États-Unis du président vénézuélien Nicolás Maduro en janvier 2026, a tari la principale source de carburant de Cuba. Il en a résulté des coupures d'électricité de plusieurs jours, des pénuries de nourriture, de médicaments et d'eau potable, et un secteur touristique en chute libre.
Le vice-président américain JD Vance a signalé une approche attentiste.
S'ils prennent des décisions intelligentes, nous aurons une bien meilleure relation avec cette île.
L'inspiration asiatique
La direction cubaine affirme que les réformes s'inspirent explicitement de l'exemple de la Chine et du Vietnam, deux États à parti unique qui ont adopté les mécanismes de marché tout en conservant le contrôle politique. Díaz-Canel a soutenu que l'ouverture économique ne menaçait pas le monopole du Parti communiste, une leçon qui, selon lui, avait été prouvée en Asie.
Cuba a résisté de manière créative et héroïque, mais a subi une punition barbare, imméritée et insupportable depuis trop longtemps, à laquelle s'ajoute désormais la menace d'une agression militaire.
La suite
L'économiste cubain Daniel Torralbas, basé à Londres, a qualifié le programme de « programme de réforme économique le plus profond depuis la révolution de 1959 » et d'une véritable rupture avec les ajustements cosmétiques. Le vote de l'Assemblée nationale, attendu plus tard jeudi, est largement considéré comme une formalité dans le système à parti unique. Aucun calendrier de mise en œuvre n'a été donné, et le gouvernement lui-même présente les mesures non pas comme des réformes mais comme des « transformations économiques et sociales » qui préservent les principes de la révolution de 1959.
- Fidel Castro mène la révolution, établissant une économie planifiée socialiste.
- Cuba autorise les petites et moyennes entreprises privées avec jusqu'à 100 employés.
- Les États-Unis imposent un embargo pétrolier à Cuba, aggravant la crise économique.
- Les États-Unis capturent le président vénézuélien Maduro ; le Venezuela cesse ses livraisons de pétrole à Cuba.
- Les États-Unis inculpent l'ancien président Raúl Castro pour meurtre.
- Le Premier ministre Marrero présente 176 mesures de réforme à l'Assemblée nationale ; vote attendu.


