
Conte dit à la commission Covid qu'elle est un « peloton d'exécution » contre lui, attaque un accord de 100 millions d'euros sur les masques avec JC Electronics
L'ancien Premier ministre Giuseppe Conte a déclaré à la commission parlementaire Covid qu'elle était un peloton d'exécution contre lui, a présenté un document anonyme alléguant des masques défectueux, et a exigé la suspension d'un accord gouvernemental de 100 millions d'euros avec JC Electronics.
Témoignage de Conte
Giuseppe Conte, ancien Premier ministre et chef du Mouvement 5 Étoiles (M5S), s'est présenté le 6 août 2026 devant la commission parlementaire d'enquête sur le Covid, plus de six ans après le début de la pandémie. Il a commencé par jurer solennellement de dire la vérité, affirmant que l'honneur impliquait le respect de lui-même, des personnes décédées pendant la pandémie, de leurs familles et des soignants. Conte a déclaré n'avoir rien à cacher et n'avoir commis aucune faute. L'audience a duré plus de cinq heures, dont environ trois heures de rapport de Conte suivies de deux heures de questions des membres de la commission.
Conte a qualifié la commission de « peloton d'exécution » dirigé contre lui, tout en servant de bouclier protecteur pour les administrateurs locaux des partis majoritaires. Il a directement accusé la Première ministre Giorgia Meloni d'avoir orchestré ces attaques.
Vous ne devriez pas me demander si l'audience d'aujourd'hui s'est bien passée, vous devriez demander à Giorgia Meloni si elle est satisfaite, car elle a été la directrice de tout cela.
Le document JC Electronics
Conte a présenté un document anonyme de dix pages, daté du 14 avril 2022, concernant des masques fournis par JC Electronics Italia S.r.l. Il a indiqué l'avoir reçu anonymement, avec des noms masqués mais les qualifications visibles, et l'avait déjà remis au parquet de Rome lundi. Selon Conte, le document suggérait que des lots stockés dans un dépôt à Pomezia, dont un lot de 7 857 000 pièces, manquaient d'efficacité de filtration et portaient des représentations contrefaites. Conte a soutenu que ce document aurait pu renverser le litige juridique avec l'entreprise.
Conte s'est servi de ce document pour attaquer un accord de 100 millions d'euros signé par le gouvernement Meloni avec JC Electronics en octobre 2025, qualifiant la transaction d'« absolument opaque » et exigeant que le gouvernement et le ministère de la Santé suspendent immédiatement le paiement.
- Rapport anonyme de dix pages sur les masques JC Electronics daté (reçu plus tard par Conte)
- Jugement n° 17025/2024 du Tribunal de Rome condamnant le gouvernement à verser plus de 203 millions d'euros de dommages à JC Electronics
- Jugement n° 10918/2025 du Tribunal de Rome rejette la plainte de l'État pour fausse certification, ordonne au gouvernement de payer les frais de justice
- Le gouvernement Meloni signe un accord de 100 millions d'euros avec JC Electronics (avec l'approbation de l'Avocature d'État)
- Conte témoigne devant la commission Covid pendant plus de cinq heures
- Prochaine audition de Conte prévue
Réactions de l'entreprise et de la commission
JC Electronics a publié un communiqué rejetant toutes les accusations de Conte. L'entreprise a déclaré que le document de dix pages n'était pas nouveau, qu'il avait déjà été examiné par les tribunaux, et que le Tribunal de Rome, dans son jugement n° 10918/2025 du 21 juillet 2025, avait rejeté une plainte pour fausse certification déposée par l'Avocature d'État au nom du cabinet du Premier ministre et du ministère de la Santé, ordonnant au gouvernement de payer les frais de justice. L'entreprise a ajouté que la conformité des masques avait été confirmée par l'INAIL et par des analyses techniques menées par l'Agence des douanes, prouvant leur conformité à la norme UNI EN 149 :2009. JC Electronics a également cité le jugement n° 17025/2024, qui condamnait le gouvernement à verser plus de 203 millions d'euros de dommages et intérêts, un verdict devenu définitif après le rejet de l'appel.
- Dommages accordés (jugement n° 17025/2024)
- 203 €M
- Accord signé en oct. 2025
- 100 €M
Alice Buonguerrieri, cheffe du groupe Fratelli d'Italia au sein de la commission, a fait écho à la position de l'entreprise, déclarant à Conte que le document avait déjà été évalué par la justice avec un résultat opposé à celui qu'il décrivait. Galeazzo Bignami a indiqué que l'examen se poursuivrait en septembre. Lucio Malan, chef du groupe FdI au Sénat, a critiqué Conte pour sa distanciation par rapport à l'obligation vaccinale introduite par le gouvernement Draghi, alors que les parlementaires du M5S avaient récemment critiqué un amendement supprimant les sanctions en cas de non-respect.
Prochaines étapes
La prochaine audience était prévue le 14 septembre. Conte a déclaré qu'il reviendrait en septembre, octobre et novembre si nécessaire. Il a également affirmé n'avoir jamais utilisé les pouvoirs de substitution de l'État, décrivant cela comme un choix politique conscient convenu avec tous les ministres.


