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Macroéconomie·-3 h

Les ventes au détail chinoises baissent pour la première fois depuis 2022, les ménages réduisant leurs achats de voitures et d'électroménager

Les ventes au détail de la deuxième économie mondiale ont chuté de 0,6 % sur un an en mai, première contraction depuis décembre 2022, sous l'effet de la crise immobilière et de la faiblesse de la confiance des ménages, qui ont freiné leurs achats d'articles coûteux.

Le chiffre-clé

Les ventes au détail chinoises ont baissé de 0,6 % en mai par rapport à l'année précédente, selon les données publiées mardi par le Bureau national des statistiques. Il s'agit du premier recul sur un an depuis décembre 2022, lorsqu'une vague de contaminations au Covid-19 avait balayé le pays après que Pékin avait levé ses restrictions « Covid zéro ». La baisse est nettement supérieure au repli de 0,2 % anticipé par un sondage Bloomberg, lequel correspondait déjà à la faible croissance de 0,2 % enregistrée en avril.

L'environnement international est complexe et volatil, et les fortes chaleurs ainsi que les fortes précipitations ont perturbé l'offre et la demande sur le marché intérieur.

Ce qui a freiné la consommation

Le recul des ventes a été tiré principalement par la baisse des achats de biens coûteux. Les ventes de voitures ont chuté de 22,3 % sur un an en mai, selon les données de l'Association chinoise des voitures particulières. Les ventes d'électroménager et de meubles ont également baissé. Les prix des logements neufs ont reculé en mai dans 67 des 70 grandes villes étudiées par le Bureau national des statistiques, soulignant la persistance de la crise immobilière, qui a érodé le patrimoine des ménages.

Dans l'ensemble, les données de mai suggèrent que l'économie est toujours en difficulté, même si nous nous attendons à ce que les exportations soutiennent la croissance du PIB cette année.

Ce recul est d'autant plus notable que la hausse des coûts de l'énergie devait soutenir les ventes au détail. Les prix de l'essence ont augmenté après la fermeture du détroit d'Ormuz, et les chiffres des ventes au détail ne sont pas ajustés de l'inflation. Après prise en compte de la hausse des prix à la consommation, la baisse réelle des dépenses aurait été encore plus marquée.

La machine exportatrice continue de tourner

Alors que la demande intérieure s'affaiblit, la machine exportatrice chinoise continue de tourner à plein régime. Les exportations ont atteint un record en avril et ont encore augmenté en mai, à 376,8 milliards de dollars, selon les données publiées la semaine dernière par l'Administration générale des douanes chinoise. La production industrielle a augmenté de 4,5 % sur un an en mai, soit une amélioration par rapport aux 4,1 % d'avril et supérieure aux 4,4 % anticipés par les économistes interrogés par Bloomberg. La production de voitures électriques et d'autres produits high-tech a été particulièrement soutenue.

L'offre chinoise reste relativement forte : les exportations croissent rapidement, la production industrielle se maintient bien, et les secteurs de haute technologie continuent de se développer. Cependant, la demande intérieure reste faible.

Évolution des ventes au détail en Chine sur un an, mois récents · %
Avril 2026
0.2 %
Mai 2026
-0.6 %

Investissement et stock immobilier

L'investissement dans les actifs fixes a chuté de 4,1 % sur un an sur la période janvier-mai, une forte dégradation par rapport à la baisse de 1,6 % enregistrée en janvier-avril. L'investissement du secteur privé a été particulièrement faible, même en excluant le secteur immobilier en crise. Le marché immobilier reste un frein majeur : les prix des logements neufs ont baissé dans 67 des 70 grandes villes, et le ralentissement du secteur a rendu des millions de consommateurs réticents à dépenser.

Réponse politique et tensions commerciales

La faiblesse des ventes au détail va inciter Pékin à envisager des mesures pour stabiliser la consommation. Un « ajustement » plus poussé de la politique économique devrait intervenir en juillet, après la publication des données du PIB du deuxième trimestre, estime Zhiwei Zhang, de Pinpoint Asset Management. Pékin vise une croissance globale de 4,5 à 5 % cette année, mais la flambée des coûts de l'énergie et l'incertitude au Moyen-Orient compliquent la donne.

L'économie chinoise, de plus en plus à deux vitesses (faiblesse de la demande intérieure et dépendance croissante vis-à-vis des consommateurs étrangers), devrait être un sujet de discussion lors du sommet du G7 en cours dans le sud-est de la France. L'Union européenne examine des mesures pour limiter les importations de produits chinois subventionnés. L'excédent commercial chinois n'a pas atteint un nouveau record mensuel en mai, car la hausse des prix du pétrole a renchéri le coût des importations, la Chine ayant partiellement compensé cet effet en important moins de barils que d'habitude.

Une icône du luxe marque le pas

Par ailleurs, Laopu Gold, l'une des marques de consommation les plus en vue en Chine, montre des signes d'essoufflement. Les ventes mensuelles du joaillier haut de gamme dans ses magasins physiques ont baissé de l'ordre de 10 à 20 % sur un an entre mars et mai, tandis que son cours de Bourse a chuté et que le marché de l'or dans son ensemble a subi des dégagements.

Pékin · Shanghai

5 sources

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