
Le Procureur général de Roumanie : la confiance dans la justice se gagne chaque jour, elle n'est pas acquise
À l'occasion de la Journée de la justice, la Procureure générale de Roumanie, Cristina Chiriac, a averti que la confiance du public dans le système judiciaire ne peut plus être considérée comme acquise et doit être reconstruite chaque jour par le professionnalisme et l'intégrité.
Une journée de réflexion sur l'État de droit
La Roumanie a célébré la Journée de la justice le 5 juillet avec des messages des plus hautes figures judiciaires du pays. La Procureure générale Cristina Chiriac et le ministère de la Justice ont tous deux publié des déclarations, présentant l'occasion comme plus qu'un événement cérémoniel. Chiriac l'a décrite comme un moment pour réfléchir à l'idéal fondamental de l'État de droit : l'administration de la justice.
« Cette journée ne concerne pas seulement les institutions, les lois, les procédures ou les compétences. Il s'agit avant tout de confiance – la confiance du citoyen dans la protection de ses droits, la confiance de la victime que sa souffrance sera entendue, la confiance de l'accusé qu'il bénéficiera d'un procès équitable, et la confiance de la société que la loi s'applique également à tous. »
La confiance, la ressource la plus importante du système judiciaire
La Procureure générale a souligné que la confiance est l'atout le plus précieux du système judiciaire, mais un atout qui ne peut plus être considéré comme acquis. Dans une ère de changements rapides, de polarisation sociale, de désinformation et de bouleversements technologiques sans précédent, a-t-elle déclaré, cette confiance doit être gagnée et reconfirmée chaque jour par le professionnalisme, l'intégrité et la responsabilité.
« Nous n'administrons pas seulement des dossiers. Nous administrons des espoirs, des attentes et, parfois, les dernières ressources de confiance que les citoyens ont encore dans l'État. »
Les défis de la technologie et de la criminalité organisée
Chiriac a souligné un système judiciaire confronté à une profonde transformation. La criminalité organisée devient plus sophistiquée et transnationale, l'espace numérique crée à la fois des opportunités et des risques sans précédent, et l'intelligence artificielle et les technologies émergentes transforment radicalement la manière dont les infractions sont commises et ce que la société attend du système judiciaire. Le ministère de la Justice a ajouté que les droits fondamentaux, l'ordre constitutionnel et la paix publique dépendent directement du bon fonctionnement du système judiciaire.
L'indépendance comme garantie pour les citoyens
La Procureure générale a plaidé que l'indépendance judiciaire n'est pas un privilège pour les magistrats mais une garantie de la liberté des citoyens. Elle a appelé à des institutions plus modernes, plus efficaces et plus proches du citoyen, avec une formation professionnelle continue, la numérisation et une coopération interinstitutionnelle et internationale renforcée.
La force de la justice réside dans la légitimité
Chiriac a conclu que la force de la justice ne vient pas du pouvoir de punir mais de sa capacité à convaincre la société que ses décisions sont légitimes, impartiales et conformes à la loi. Lorsque les citoyens perdent confiance dans la capacité des institutions à faire respecter la loi, a-t-elle averti, le fondement même de la coexistence démocratique s'érode.
« La force de la justice ne réside pas dans le pouvoir de sanction, mais dans sa capacité à convaincre la société que ses solutions sont légitimes, impartiales et conformes à la loi. »


