
Des militants tuent au moins dix policiers lors d'une attaque par drone et embuscade contre un poste de contrôle au Pakistan
L'assaut nocturne dans le district de Hangu, près de la frontière afghane, a également fait 15 morts parmi les assaillants et plus d'une vingtaine de blessés parmi les forces de l'ordre, selon la police.
L'attaque
Mercredi soir, des militants islamistes armés d'engins explosifs improvisés portés par des quadricoptères et d'armes lourdes ont pris d'assaut le poste de police de Khazina, dans le district de Hangu, province de Khyber Pakhtunkhwa, près de la frontière afghane. La frappe initiale a été suivie d'une embuscade tendue aux renforts de police arrivant sur les lieux, qui a endommagé un véhicule blindé de transport de troupes avant que les agents ne ripostent. Les échanges de tirs ont duré plusieurs heures, selon le chef de la police provinciale Zulfikar Hameed. Jeudi matin, le bilan s'élevait à dix policiers tués, bien que l'Associated Press ait fait état de 11 morts, tandis que 15 assaillants ont été tués. Plus d'une vingtaine d'agents ont été blessés, les autorités locales faisant état de 22 blessés. Diyar Khan, un officier supérieur qui dirigeait la colonne de renforts, figure parmi les morts.
Bilans contradictoires
Les premiers rapports de Geo News, citant le chef de la police du district Tariq Habib, faisaient état de sept policiers et huit militants présumés tués. Au fur et à mesure de l'opération de sécurisation, Hameed a déclaré à Reuters que dix policiers et 15 assaillants avaient été tués. L'AP a ensuite confirmé la mort de 11 policiers. Les chiffres variables reflètent la situation fluide sur le terrain et la difficulté de vérifier les pertes en cours d'opération. Aucun groupe n'a revendiqué l'attaque.
Deuxième assaut en une semaine
L'attaque de Hangu fait suite à un attentat suicide le 24 juillet dans le district de Tank, également dans le Khyber Pakhtunkhwa. Des militants ont lancé un véhicule piégé contre un poste de contrôle de sécurité, tuant 15 personnes, dont 12 soldats de l'armée, des policiers et des agents gouvernementaux. Les forces de sécurité ont tué 12 assaillants, et le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) a revendiqué l'attentat. Ces deux attaques marquent une escalade marquée de la violence militante ciblant les forces de sécurité pakistanaises.
Blâme transfrontalier et conflit armé
Le Pakistan a accusé à plusieurs reprises le gouvernement taliban afghan d'héberger des militants du TTP, qu'Islamabad accuse d'utiliser le territoire afghan pour planifier et s'entraîner à des attaques. Kaboul nie ces accusations, affirmant que le militantisme est une affaire intérieure pakistanaise. Ce différend a déjà déclenché des affrontements armés : en février 2026, les deux voisins ont livré leurs pires combats depuis des années, le Pakistan lançant des frappes aériennes à l'intérieur de l'Afghanistan qui ont tué des centaines de personnes. En juin, de nouvelles frappes pakistanaises dans l'est de l'Afghanistan ont tué des dizaines de civils, selon les talibans et les Nations unies. La recrudescence des attaques pourrait raviver un conflit à grande échelle entre les deux pays.
- Le Pakistan et l'Afghanistan s'engagent dans leurs pires combats depuis des années ; le Pakistan mène des frappes aériennes à l'intérieur de l'Afghanistan.
- Des frappes aériennes pakistanaises dans l'est de l'Afghanistan tuent des dizaines de civils, selon les talibans et l'ONU.
- Un attentat suicide dans le district de Tank tue 15 personnes, dont 12 soldats ; le TTP revendique l'attentat.
- Des militants attaquent le poste de police de Hangu avec des drones et des armes lourdes, tuant au moins dix policiers et 15 assaillants.
Une menace militante en évolution
Le TTP, allié proche des talibans afghans, mène une insurrection contre l'État pakistanais depuis 2007, cherchant à renverser le gouvernement et à imposer une loi islamique stricte. Ces derniers mois, le groupe a de plus en plus utilisé des IED sur quadricoptères pour cibler les forces de sécurité, une tactique observée dans l'assaut de Hangu. Bien qu'aucun groupe n'ait revendiqué la dernière attaque, les soupçons pèsent lourdement sur le TTP, qui a intensifié ses opérations dans la région frontalière. Les autorités pakistanaises ont lancé une opération de sécurisation à Hangu et ont promis de poursuivre les responsables.


