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Affaires·avant-hier

La Grèce relève les seuils de saisie des comptes bancaires et ouvre un plan d'étalement sur 72 mensualités pour 1,5 million d'emprunteurs

Un projet de loi omnibus déposé lundi soir au Parlement relève le montant mensuel à l'abri des créanciers fiscaux et privés, tout en introduisant un nouveau règlement sur 72 mensualités pour les arriérés d'impôts et de cotisations sociales.

Ce que le projet de loi modifie pour les plafonds des comptes protégés

Le projet de loi omnibus soumis par le ministère de l'Économie nationale et des Finances le soir du 15 juin 2026 réécrit les règles relatives aux saisies de comptes bancaires. Pour les dettes envers l'administration fiscale, le seuil mensuel insaisissable passe de 1 250 € à 1 600 € par personne physique, applicable à un seul compte déclaré par établissement. Cela ajoute 350 € de protection supplémentaire par mois, soit 4 200 € par an, pour toute personne dont le compte a été gelé par le fisc. Pour les dettes envers les banques et autres créanciers privés, le plancher individuel du compte augmente également, passant de 1 500 € à 1 600 € (un gain de 100 € par mois, 1 200 € par an). Les comptes joints des ménages bénéficient d'une hausse parallèle : le montant protégé pour les créances privées passe de 2 000 € à 2 200 € par mois, soit l'équivalent de 2 400 € de couverture annuelle supplémentaire.

Pour activer la protection contre le fisc, le débiteur doit déclarer électroniquement un seul IBAN à l'Autorité indépendante des recettes publiques (AADE). Si un compte de salaire, de pension ou de prestation sociale existe, ce compte doit être désigné exclusivement. Les nouvelles limites prennent effet après le vote du projet de loi, qui devrait intervenir d'ici la fin juin.

Plafonds mensuels des comptes protégés avant et après le projet de loi · €/mois
Fisc (ancien)
1250 €/mois
Fisc (nouveau)
1600 €/mois
Créancier privé individuel (ancien)
1500 €/mois
Créancier privé individuel (nouveau)
1600 €/mois
Compte joint privé (ancien)
2000 €/mois
Compte joint privé (nouveau)
2200 €/mois

Déblocage des comptes déjà saisis

Le projet de loi introduit également un droit unique de lever une saisie existante. Un débiteur qui paie 25 % de la dette principale ayant déclenché le gel, ainsi que les majorations et intérêts correspondants, peut obtenir la levée de la mesure. La disposition couvre à la fois les gels actuels et passés, offrant une issue aux personnes dont les comptes sont bloqués depuis de longues périodes. L'allégement n'est accordé qu'une fois par débiteur, et des exceptions sont prévues pour les cas où le débiteur est en procédure de faillite ou d'insolvabilité.

Le règlement sur 72 mensualités et le mécanisme extrajudiciaire

Le paquet cible environ 1,5 million de débiteurs du fisc, de la caisse d'assurance sociale (EFKA), des banques et des gestionnaires de prêts. Une pièce maîtresse est un nouveau dispositif exceptionnel d'étalement sur 72 mensualités pour les arriérés dus au fisc et à l'EFKA échus au 31 décembre 2023. Les demandes doivent être soumises par voie électronique avant le 31 décembre 2026, la plateforme devant ouvrir d'ici la mi-juillet. La mensualité minimale est fixée à 30 € et le taux d'intérêt est arrêté à 5,84 % pour la durée du plan. Le non-paiement de deux mensualités consécutives ou la génération de nouvelles dettes non régularisées entraîne l'exclusion.

Le mécanisme extrajudiciaire est également élargi. Les personnes physiques et morales ayant des dettes supérieures à 5 000 € peuvent désormais y accéder, même si ces dettes sont normalement remboursées. Les dettes publiques et de sécurité sociale peuvent être restructurées sur 240 mensualités maximum, tandis que les créances bancaires et des gestionnaires peuvent s'étendre sur 420 mensualités. Une radiation partielle reste possible, avec un taux d'intérêt fixe de 3 % pendant toute la durée du plan.

Être dans une meilleure position que le reste de l'Europe ne signifie pas que nous n'allons pas traiter le problème.

Protection de la résidence principale et autres dispositions

À partir du 21 septembre 2026, une nouvelle règle permet de séparer la résidence principale des autres actifs du débiteur dans le cadre extrajudiciaire. Le logement peut être exclu de la liquidation, tandis que le débiteur obtient des conditions de remboursement plus favorables, des mensualités réduites et un horizon de remboursement pouvant aller jusqu'à 35 ans. En contrepartie, les autres actifs sont destinés à être utilisés ou vendus.

Au-delà des chapitres sur la dette, le projet de loi prolonge une réduction forfaitaire de 50 % sur la taxe d'immatriculation des véhicules hybrides jusqu'au 1er janvier 2027, indépendamment des émissions de CO₂. Les voitures électriques hybrides dont les émissions sont inférieures ou égales à 75 g/km, importées entre le 1er novembre 2025 et le 31 mai 2026 et non encore immatriculées, bénéficient d'une exonération de 75 %. Une clause distincte, effective à partir du 1er juillet 2026, corrige une anomalie salariale de longue date dans le secteur public : environ 1 500 fonctionnaires d'agences spécifiques verront leur différentiel de salaire individuel remplacé par un salaire régulier pouvant atteindre 300 € par mois, corrigeant un déséquilibre persistant depuis 2011. Une disposition protège également une allocation du ministère de l'Éducation pour les élèves malentendants contre les saisies.

Dates clés d'activation dans le projet de loi omnibus
  1. Dépôt du projet de loi omnibus au Parlement
  2. Vote et promulgation attendus du projet de loi
  3. Entrée en vigueur de la correction du différentiel salarial dans la fonction publique
  4. Ouverture prévue de la plateforme électronique pour les 72 mensualités
  5. Entrée en vigueur de la règle de séparation de la résidence principale
  6. Date limite de dépôt des demandes pour les 72 mensualités
  7. Expiration de la réduction de la taxe d'immatriculation des hybrides

Ce que cela signifie pour l'économie

Ces interventions interviennent dans un contexte d'endettement privé qui dépasse 240 milliards d'euros, soit environ 95 % du PIB, inférieur à la moyenne européenne de 121 % du PIB mais toujours préoccupant pour le gouvernement. Les mesures sont conçues pour être activées progressivement du début juillet à l'automne, donnant aux ménages et aux entreprises des outils supplémentaires pour gérer leurs dettes tout en renforçant la protection des dépôts et de la résidence principale.

Nombre maximal de mensualités par type de dette dans le nouveau cadre · mensualités
Fisc & EFKA (72 mensualités)
72 mensualités
Publiques & sécurité sociale (extrajudiciaire)
240 mensualités
Banques & gestionnaires (extrajudiciaire)
420 mensualités
Athènes

7 sources

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