L'UE inflige une amende record de 550 millions d'euros à AliExpress pour jouets dangereux et contrefaçons
La Commission européenne a imposé la plus lourde sanction jamais infligée en vertu du règlement sur les services numériques, après avoir constaté que la plateforme chinoise n'avait pas réussi à bloquer les vêtements de contrefaçon, les jouets dangereux et les cosmétiques.
Sanction record en vertu de la loi sur les services numériques
La Commission européenne a infligé lundi une amende de 550 millions d'euros à AliExpress, la plus lourde sanction jamais prononcée en vertu du règlement sur les services numériques (DSA). La plateforme de commerce électronique chinoise, filiale d'Alibaba, a été reconnue coupable d'avoir systématiquement omis d'empêcher la vente de produits illégaux aux consommateurs européens. Cette amende éclipse celle de 200 millions d'euros infligée à Temu en mai 2026 et la sanction de 120 millions d'euros imposée à X, marquant une accélération de l'application du DSA. Le porte-parole de la Commission, Thomas Régnier, a déclaré que le montant avait été calibré en fonction de la gravité, de la durée et de la nature de l'infraction, et non pas un chiffre arbitraire.
Elle est proportionnée à la gravité, à la durée et à la nature de l'infraction. Il s'agit d'infractions graves au DSA, à savoir l'évaluation et l'atténuation des risques. Les manquements au titre des articles 34 et 35 sont très graves et AliExpress doit y remédier. Ce n'est pas une amende élevée, c'est une amende adéquate.
L'enquête, ouverte en mars 2024, a duré plus de deux ans et a mis au jour ce que les responsables ont décrit comme un système de détection non fonctionnel.
Ce que l'enquête de l'UE a révélé
Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du numérique, a détaillé les conclusions. Le filtrage automatisé de la plateforme n'a pas réussi à détecter un grand volume de produits interdits, notamment des vêtements de contrefaçon, des jouets dangereux et des cosmétiques non sûrs. Ces articles sont souvent restés en vente pendant de longues périodes.
Nous avons repéré un grand nombre de contrefaçons, mais aussi des jouets dangereux et des cosmétiques, qui sont restés en vente très longtemps.
Les sanctions imposées aux vendeurs contrevenants se sont révélées inefficaces : leurs vitrines restaient actives longtemps après le signalement des infractions. Virkkunen a ajouté que les équipes de conformité étaient en sous-effectif, ce qui permettait aux fraudeurs de contourner facilement les vérifications. La Commission a conclu qu'AliExpress n'avait pas procédé à des évaluations de risques diligentes ni mis en œuvre des mesures d'atténuation adéquates comme l'exigent les articles 34 et 35 du DSA.
- Adoption du règlement sur les services numériques
- Ouverture de l'enquête de l'UE sur AliExpress
- Amende de 200 millions d'euros infligée à Temu en vertu du DSA
- Amende de 550 millions d'euros infligée à AliExpress
- Date limite pour qu'AliExpress soumette des mesures de conformité
AliExpress conteste
AliExpress a rejeté la décision, qualifiant l'amende de disproportionnée et affirmant avoir pris des mesures proactives importantes pour se conformer à la réglementation.
Nous ne sommes pas d'accord avec la décision d'aujourd'hui et avec cette amende disproportionnée, qui ne reflète ni nos principes établis ni les mesures proactives importantes que nous avons mises en œuvre.
L'entreprise n'a pas confirmé si elle ferait appel. L'année dernière, l'UE avait accepté un ensemble de mesures correctives proposées par AliExpress pour régler d'autres manquements découverts lors de l'enquête, mais avait averti que des sanctions supplémentaires pourraient suivre pour les problèmes restants.
Appels à une suspension immédiate
L'amende a suscité des réactions politiques mitigées. L'eurodéputée française Stéphanie Yon-Courtin a fait valoir qu'une sanction financière seule ne protège pas les consommateurs à court terme et a exhorté la Commission à suspendre immédiatement les plateformes qui ne respectent pas les règles de l'UE. Son appel fait écho à une frustration croissante parmi les législateurs face à la lenteur de l'application des règles à l'encontre des grandes places de marché en ligne. Parallèlement, la Commission poursuit également des griefs contre Google, signe que d'autres actions au titre du DSA sont en préparation.
Prochaines étapes et application plus large
AliExpress doit désormais soumettre un plan de conformité détaillé dans un délai de trois mois, d'ici le 20 octobre 2026. À défaut, des amendes périodiques seront imposées. Les responsables de la Commission ont souligné que la taille d'une plateforme ne l'exempte pas de ses obligations, un message adressé à toutes les grandes places de marché en ligne. Cette affaire s'inscrit dans le cadre d'une répression plus large des plateformes de commerce électronique à bas prix qui inondent le marché européen de produits dangereux. Le DSA, adopté en 2022, donne à Bruxelles des pouvoirs étendus pour contrôler les contenus et le commerce en ligne, et les amendes imposées jusqu'à présent montrent une nette tendance à la hausse.
- AliExpress
- 550 millions €
- Temu
- 200 millions €
- X
- 120 millions €


