Le ministre polonais des Finances bloque le recouvrement de l'amende de 174,5 millions de PLN infligée à Gazprom
Le ministère des Finances d'Andrzej Domański s'est rangé du côté d'un bureau des impôts régional, empêchant l'UOKiK de recouvrer une pénalité de 174,5 millions de PLN ordonnée par un tribunal auprès du géant gazier russe.
Contexte de l'amende
En 2020, l'UOKiK a infligé une amende de près de 213 millions de PLN (50 millions d'euros) à Gazprom pour avoir refusé de coopérer à une enquête sur le financement du gazoduc Nord Stream 2. Gazprom a fait appel et, à l'été 2024, le tribunal de la concurrence et de la protection des consommateurs (SOKiK) a confirmé la décision mais a réduit l'amende à 174,5 millions de PLN (40 millions d'euros). La décision est devenue définitive, mais Gazprom l'a ignorée.
Recouvrement bloqué
L'UOKiK a cherché à recouvrer l'amende à partir des parts gelées de Gazprom dans EuRoPolGaz. Le bureau des impôts de Warsaw-Śródmieście a estimé que le recouvrement était légal. Cependant, le Dolnośląski Urząd Celno-Skarbowy (DUCS) à Wrocław, responsable des sanctions et des actifs gelés, a refusé de libérer les fonds, arguant que cela reviendrait à restituer indirectement de l'argent gelé à Gazprom. Le différend a été soumis au ministre des Finances Andrzej Domański, qui s'est rangé du côté du DUCS, bloquant de fait le recouvrement.
- L'UOKiK inflige une amende de 213 millions de PLN à Gazprom pour non-coopération dans l'enquête sur Nord Stream 2.
- Le tribunal réduit l'amende à 174,5 millions de PLN et confirme la décision.
- Le ministère des Finances bloque le recouvrement, invoquant l'interprétation des actifs gelés.
Critique politique
L'ancien vice-ministre des Actifs de l'État Janusz Kowalski a qualifié la décision de scandale.
Il a ajouté que la rhétorique antirusse du gouvernement ne correspond pas à ses actions.Le ministre Domański préfère que l'argent de Gazprom reste sur un compte gelé, dont il ne peut être utilisé aujourd'hui, plutôt que 180 millions de zlotys travaillent pour l'économie polonaise. C'est absurde.
Kowalski, désormais membre de la commission parlementaire des finances publiques, a déclaré qu'il se rendrait au ministère pour exiger des explications.Chez Gazprom, les bouchons de champagne sautent.
Réponse de l'UOKiK
Le président de l'UOKiK, Tomasz Chróstny, a vivement critiqué la décision.
Il a déclaré que l'UOKiK analyserait les prochaines démarches juridiques pour protéger les intérêts de l'État.Il est difficile d'accepter une décision qui pourrait entraver, voire empêcher, le recouvrement de plus de 174 millions de PLN légalement dus au Trésor public. C'est particulièrement incompréhensible dans une affaire concernant le russe Gazprom, une entité utilisée pendant des années par la Fédération de Russie pour poursuivre ses intérêts stratégiques.
Avis d'expert
Le conseiller fiscal Radosław Żuk a soutenu que la position du DUCS repose sur une erreur fondamentale d'interprétation de la loi.
Il a déclaré que le catalogue d'actes juridiques cité par le DUCS ne justifie pas le blocage du recouvrement.Le recouvrement de l'amende légalement imposée de 174,5 millions de PLN ne fera pas que cet argent « aille aux Russes ».


