- Dimanche soir 18 octobre 2026Cocktails Molotov et pierres contre le 3e commissariat de Tirana, dix agents blessés à l'intérieur
- Lundi 19 octobre 2026, matinRama rencontre des policiers, annonce des paiements de 2 500 euros et annule sa visite à Vienne
- Lundi 19 octobre 2026, dans la journéeUn message de menace parvient à des organismes d'État, le tribunal et le parquet de Fier sont évacués
- Lundi 19 octobre 2026, mi-journéeLes étudiants appellent à de nouvelles manifestations sur la place centrale de Tirana sous un important dispositif policier
Sept jours de troubles à Tirana
Les manifestations contre le Premier ministre Edi Rama se poursuivent depuis sept jours dans la capitale albanaise, où étudiants, lycéens, syndicalistes et militants descendent dans la rue pour réclamer sa démission. Le mouvement est né de l'opposition à un complexe hôtelier de luxe dans une zone côtière sensible sur le plan environnemental, avant de s'élargir à la corruption, aux carences de l'enseignement supérieur, au coût des études et à l'accès limité au marché du travail. Les manifestants ont lancé des pierres et des cocktails Molotov, brisé des vitrines et incendié des bâtiments, dont un commissariat et l'entrée du ministère de l'Intérieur. La police a répliqué avec du gaz lacrymogène, des canons à eau, du gaz poivré et des balles en plastique, et certains récits mentionnent l'usage de matraques. Le dernier décompte publié lundi 19 octobre faisait état de 295 blessés, dont 186 policiers, tandis que les arrestations augmentaient également. Un autre décompte citant les autorités donnait environ 300 blessés, plus de la moitié étant des agents.
- Total des blessés
- 295 personnes
- Dont policiers
- 186 personnes
Données tirées du texte de l’article
L'attaque du 3e commissariat
Dimanche soir 18 octobre, des émeutiers encagoulés ont lancé des cocktails Molotov, des pierres et divers objets contre le 3e commissariat de Tirana, et dix agents se trouvant à l'intérieur ont été blessés, selon le ministre de l'Intérieur Erwin Demo. Ce dernier a déclaré que cet incendie criminel franchissait une ligne rouge et accusé le Parti démocrate d'opposition d'avoir abrité ce soir-là des émeutiers encagoulés. Des images diffusées par MEGA montraient des poubelles en feu, des fumigènes et des feux d'artifice, ainsi qu'un homme portant le drapeau albanais sur le dos et tirant en l'air, sans que les circonstances de ce dernier incident aient été éclaircies. La chronologie des moments clés de la semaine est présentée ci-dessous.
Rama refuse de démissionner et annonce des paiements aux policiers
S'adressant à des policiers lundi 19 octobre, Rama a déclaré que l'État l'emporterait sur la violence et que ceux qui croient pouvoir s'emparer du pouvoir par la force seraient déçus. Il a promis 2 500 euros à chaque agent en première ligne et une hausse sensible des salaires à partir du 1er janvier, saluant la retenue maximale de la police. Il a décrit les jeunes participants comme des personnes ayant des problèmes et nécessitant un soutien psychologique, et répété son affirmation selon laquelle des services étrangers les utilisent pour déstabiliser l'Albanie. Rama a également averti que les parents devraient payer pour les dégâts causés par des mineurs, et que les étudiants qui attaquent la police ne devraient pas bénéficier d'aides publiques pour leurs études. Le même jour, il a annulé une visite officielle à Vienne, où il devait rencontrer le chancelier autrichien Christian Stocker.
Accusations d'ingérence étrangère et critiques
Rama a lié les manifestations à une influence russe et iranienne, affirmant que des dizaines de milliers de faux profils avaient été créés sur les réseaux sociaux pour se faire passer pour des Albanais soucieux de protéger la nature, et que ces coïncidences n'en étaient pas. L'eurodéputée néerlandaise Tineke Strik a déclaré au Guardian que le gouvernement n'avait pas pris au sérieux la « Flamingo Revolution », le mouvement populaire contre la construction du complexe, et accusé Rama d'attiser la situation tout en poursuivant des projets promus par Jared Kushner et Ivanka Trump. Les étudiants affirment qu'ils continueront de manifester jusqu'au départ de Rama, une exigence qu'il a rejetée catégoriquement.
Message de menace et réaction européenne
Lundi 19 octobre, un message électronique menaçant est parvenu au cabinet du Premier ministre, à des ministères, à des tribunaux et à d'autres organismes d'État, selon les médias albanais. Le message aurait affirmé qu'une série d'attentats planifiés serait commise et que des engins explosifs contenant du nitrate d'ammonium avaient été placés. Le tribunal et le parquet de Fier ont été évacués. Une menace similaire, environ deux mois plus tôt, n'avait rien donné. La Commission européenne a condamné le recours à la violence dans les manifestations, et les étudiants ont appelé à de nouvelles mobilisations à la mi-journée sur la place centrale de Tirana, où un important dispositif policier avec voitures de patrouille et canons à eau avait été déployé. Des lycéens d'autres villes albanaises ont séché les cours pour manifester.