
Des combats à l'arme lourde secouent Mogadiscio alors que la prolongation du mandat du président somalien déclenche des affrontements avec les milices de l'opposition
Les forces gouvernementales et les milices alliées à l'opposition ont échangé des tirs nourris et des tirs de mortier à Mogadiscio, contraignant les civils à fuir avant des manifestations anti-gouvernementales prévues contre la décision du président Hassan Sheikh Mohamud de prolonger son mandat.
Violences dans la capitale
De violents combats ont éclaté dans la capitale somalienne, Mogadiscio, mercredi après-midi et se sont poursuivis toute la nuit jusqu'à jeudi matin. Les troupes gouvernementales et les milices fidèles à l'opposition ont échangé des tirs dans plusieurs quartiers, notamment Howlwadag et Abdiasis, des détonations et explosions résonnant dans toute la ville d'environ trois millions d'habitants. Des habitants ont fait état d'obus de mortier tombant sur des maisons, de bâtiments en feu et d'au moins deux véhicules blindés brûlés. Les affrontements ont eu lieu près des résidences de l'ancien président Sharif Sheikh Ahmed et de l'ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire, qui commandent tous deux des forces de sécurité privées devenues des centres de pouvoir militaire dans la capitale.
Un obus de mortier est tombé sur la maison de mon voisin, blessant une mère. Une grande maison près de chez nous est également en feu, des mortiers et d'autres armes sont tombés dessus.
La crise politique s'aggrave
Ces violences sont l'aboutissement de mois de tensions politiques après l'adoption par le Parlement d'une réforme constitutionnelle en mars. Les changements ont prolongé les mandats présidentiel et législatif de quatre à cinq ans, une mesure que l'opposition accuse de permettre au président Hassan Sheikh Mohamud de rester au pouvoir une année supplémentaire après l'expiration de son mandat le mois dernier. La réforme introduit également le suffrage universel, rompant avec le système clanique indirect qui a longtemps défini la politique somalienne. L'opposition avait appelé à des manifestations pacifiques jeudi, mais le regroupement de groupes armés des deux côtés dans des zones stratégiques de la ville a suscité la crainte d'une confrontation directe.
La Somalie traverse une crise politique ouverte.
Accusations croisées entre factions
La police somalienne a qualifié l'opération d'action de sécurité à grande échelle visant à neutraliser des milices lourdement armées qui avaient lancé des attaques au mortier sur des quartiers de la capitale. Le ministre de la Défense, Ahmed Moallim Fiqi, a accusé l'ancien Premier ministre Khaire de tenter un coup d'État en engageant une milice. Khaire, à son tour, a déclaré que les forces gouvernementales avaient tenté de le tuer alors qu'il rencontrait des anciens du clan et a condamné l'utilisation d'armes lourdes destinées à combattre les shebab contre des opposants politiques et des civils. L'ancien président Ahmed a déclaré que le président Mohamud avait ordonné une attaque militaire soutenue et aveugle dans le but apparent de le tuer.
Ce sont des armes confiées à l'État somalien pour combattre les shebab, désormais retournées contre les propres dirigeants et citoyens somaliens dans une campagne sans précédent de répression politique et d'assassinats ciblés.
Des civils pris dans les tirs croisés
Les habitants ont décrit des scènes de panique alors que les gens fuyaient leurs maisons vers des quartiers plus sûrs. Les commerces ont fermé leurs portes et d'épais nuages de fumée s'élevaient au-dessus de la capitale. Fartun Da'ud, une mère de 27 ans de deux enfants, a exprimé une perte de confiance dans la direction politique du pays et la crainte pour la sécurité de ses enfants. Aucun bilan officiel n'était immédiatement disponible, bien que l'ancien Premier ministre Khaire ait évoqué des victimes sans donner de chiffre. Les anciens du clan, qui exercent une influence considérable dans la politique somalienne, tentaient de négocier la fin des combats.
Je ne crois plus pouvoir vivre dans ce pays. Aucun politicien ne semble se soucier de notre sécurité.
Un pays déjà sous pression
Ces affrontements ajoutent une couche supplémentaire d'instabilité à un pays qui combat le groupe armé shebab depuis 2007 et n'a pas organisé d'élection nationale directe depuis 1969, suivie de plus de trois décennies de guerre civile. Les combats se sont calmés vers 9 h 30, heure locale, jeudi, selon des rapports, mais l'impasse politique sous-jacente reste non résolue.
- Le Parlement approuve des changements constitutionnels prolongeant le mandat présidentiel de quatre à cinq ans.
- Le mandat initial du président Mohamud expire ; il reste en fonction grâce à la nouvelle prolongation.
- Une flambée de combats plus limitée est signalée ; l'opposition appelle à des manifestations jeudi.
- De violents combats commencent à Mogadiscio entre les troupes gouvernementales et les milices de l'opposition.
- Les combats s'apaisent ; les anciens du clan tentent de négocier la fin des affrontements.


