
La France enregistre 5 764 décès excédentaires lors de la canicule de juin, le plus lourd bilan depuis 2003
Santé publique France fait état de 5 764 décès toutes causes confondues entre le 17 juin et le 2 juillet, l'Île-de-France étant la région la plus touchée et toutes les tranches d'âge à partir de 15 ans étant concernées.
Bilan provisoire de 5 764 décès excédentaires
Santé publique France a publié le 22 juillet des chiffres provisoires faisant état de 5 764 décès excédentaires toutes causes confondues lors de la canicule qui a touché la France métropolitaine du 17 juin au 2 juillet. Ce total représente une augmentation de 36 % par rapport à la mortalité attendue, avec 21 674 décès observés sur la période de 16 jours. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, avait estimé à un peu plus de 2 000 décès excédentaires le 3 juillet, mais ce décompte reposait uniquement sur les certificats de décès électroniques. Le nouveau chiffre intègre les certificats papier, encore courants pour les décès à domicile, et la ministre avait prévenu que les chiffres augmenteraient.
Au moins 2 025 décès supplémentaires ont été enregistrés entre le 22 et le 28 juin, mais les chiffres évolueront certainement dans les semaines à venir.
L'agence a qualifié cette surmortalité de la plus élevée depuis la canicule d'août 2003, qui avait causé 15 000 décès en trois semaines. L'épisode de juin 2026 a été plus court mais plus intense, touchant 92 départements et 98,5 % de la population de la France métropolitaine. Il est survenu en période d'activité scolaire et professionnelle, ce qui a pu accroître l'exposition.
Répartition par âge et par région
Toutes les tranches d'âge à partir de 15 ans ont enregistré des décès excédentaires, une situation que Santé publique France a qualifiée d'inédite. Les deux tiers des excédents (3 719 décès) concernaient les personnes de 75 ans et plus. La tranche des 45-64 ans a connu 979 décès excédentaires, soit une hausse de 55 %, et celle des 15-44 ans a enregistré 118 décès excédentaires, soit une augmentation de 30 %. L'agence a noté une augmentation marquée à partir de 45 ans.
La surmortalité est inédite pour toutes les tranches d'âge à partir de 15 ans.
L'Île-de-France a été la région la plus touchée, avec 1 999 décès excédentaires, soit un doublement de la mortalité par rapport aux niveaux normaux. Le Centre-Val-de-Loire a enregistré une augmentation de 62,6 % (511 décès), les Pays de la Loire de 55,2 % (553 décès) et le Grand-Est de 38,9 %. La Corse, l'Occitanie et la Provence-Alpes-Côte-d'Azur ont été moins exposées à la chaleur extrême.
- Île-de-France
- 81.2 %
- Centre-Val-de-Loire
- 62.6 %
- Pays de la Loire
- 55.2 %
- Grand-Est
- 38.9 %
Chronologie des jours les plus meurtriers
La canicule s'est installée à partir du 17 juin, avec une augmentation marquée de la mortalité à partir du 22 juin. Les journées les plus chaudes jamais enregistrées en France ont eu lieu les 24 et 25 juin, et la moitié des décès excédentaires sont survenus le jour même ou peu après ces deux journées. Plus de la moitié (56 %) des décès excédentaires se sont concentrés sur seulement trois jours, du 25 au 27 juin, avec un pic le 26 juin. Les décès ont augmenté dans tous les lieux : hôpitaux, maisons de retraite et à domicile. La ministre de la Santé a signalé une augmentation de 91 % des décès à domicile au cours de la semaine de pic par rapport à la semaine précédente.
- Début de la canicule, touchant 92 départements.
- La mortalité augmente de manière marquée.
- Journée la plus chaude jamais enregistrée en France.
- Deuxième journée la plus chaude ; la moitié des décès excédentaires surviennent le 24-25 juin ou peu après.
- Pic de mortalité quotidienne.
- 56 % des décès excédentaires concentrés sur la période du 25 au 27 juin.
- Fin de la canicule.
Lacunes dans les données et risques cumulés
Les chiffres restent provisoires et ne sont pas encore directement attribués à la chaleur ; une analyse définitive est attendue à l'automne. La canicule de mai (24-28 mai) avait causé 300 décès excédentaires, et une troisième canicule a frappé à la mi-juillet. L'exposition répétée aux canicules épuise l'organisme, préviennent les spécialistes, rendant les groupes vulnérables (enfants, personnes âgées, personnes en situation de précarité et personnes atteintes de maladies chroniques) particulièrement à risque. L'année dernière, l'été 2025 dans son ensemble avait enregistré 5 700 décès liés à la chaleur, mais ce chiffre couvrait une période plus longue et était spécifiquement attribué à l'exposition à la chaleur, ce qui rend les comparaisons directes difficiles.

