
Un tribunal d'Athènes condamne 19 agriculteurs crétois pour des subventions frauduleuses de l'OPEKEPE
Le tribunal correctionnel d'Athènes à trois membres a prononcé des peines de prison avec sursis et des amendes à l'encontre de 19 prévenus qui avaient demandé des aides agricoles de l'UE pour des terres éloignées en mer Égée et dans le nord de la Grèce.
Le tribunal d'Athènes prononce des condamnations
Le tribunal correctionnel d'Athènes à trois membres a reconnu 19 des 22 prévenus coupables le 1er septembre 2026 dans un procès concernant des subventions agricoles frauduleuses de l'Union européenne versées par l'agence de paiement grecque OPEKEPE. Les prévenus, principalement des producteurs agricoles liés à la Crète, étaient accusés d'avoir réclamé des fonds entre 2017 et 2020 pour des parcelles de terrain qu'ils ne possédaient ni ne louaient légitimement.
Le tribunal a condamné 14 prévenus reconnus comme auteurs directs à des peines d'emprisonnement allant d'un à deux ans, chacune avec sursis de trois ans. Ces auteurs directs ont reçu des subventions illégales comprises entre 25 000 et 85 000 euros. Cinq autres prévenus ont été reconnus coupables comme simples complices. Parmi les complices, l'un a écopé d'une peine d'un an de prison avec sursis, tandis que les quatre autres ont reçu des amendes allant de 8 500 à 11 000 euros. Le tribunal a accordé des circonstances atténuantes de bonne conduite antérieure à 18 des 19 condamnés à la majorité des voix, ne les refusant qu'à un seul prévenu.
- Auteurs directs (prison avec sursis)
- 14 prévenus
- Complices (amendes)
- 4 prévenus
- Complices (prison avec sursis)
- 1 prévenus
Le mécanisme des subventions pour les terres éloignées
Les opérations frauduleuses consistaient à déclarer des parcelles dans des îles éloignées de la mer Égée et des régions continentales du nord, loin des résidences réelles des prévenus en Crète. Les demandes soumises mentionnaient des parcelles agricoles situées à Andros, Kasos, Kalymnos, Nisyros, Kastoria et Florina.
Des audits menés par l'OPEKEPE et la police financière de la police hellénique ont révélé que les parcelles appartenaient soit à l'État grec, soit à des tiers sans lien avec les transactions. Les prétendus propriétaires listés sur les formulaires n'avaient aucun titre légal, et les contrats de location soumis pour obtenir les fonds étaient falsifiés. Dans de nombreux cas, les propriétés apparaissaient pour la première fois sur les déclarations foncières des prétendus bailleurs précisément l'année où elles étaient censées être louées.
Le procureur européen décrit une fraude systémique
Le procureur européen délégué Dionysios Mouzakis avait recommandé au tribunal de déclarer les 22 prévenus coupables des chefs d'accusation. Dans son plaidoyer final devant le tribunal, Mouzakis a expliqué comment les prévenus ont exploité les outils administratifs de l'OPEKEPE, en particulier le mécanisme connu sous le nom de solution technique et la réserve nationale, pour créer artificiellement les conditions nécessaires aux subventions.
La solution technique est au cœur du problème, car elle permettait aux agriculteurs, lorsqu'ils ne disposaient pas des terres de pâturage nécessaires, de les emprunter à d'autres régions.
Mouzakis a soutenu que les 16 premiers prévenus avaient soumis sciemment de fausses déclarations car les bailleurs déclarés ne possédaient aucun droit de propriété sur les parcelles. Il a noté que les prévenus n'avaient exercé aucune activité agricole ou d'élevage sur les parcelles éloignées, n'avaient jamais transporté de bétail vers les zones louées et n'avaient effectué aucun entretien agricole.
Tous les 16 premiers ont soumis de fausses déclarations à l'OPEKEPE, étant donné que ceux déclarés comme propriétaires des terres n'en avaient en réalité pas la propriété. Il n'est pas apparu que les terres prétendument possédées ou louées étaient la propriété des bailleurs, mais qu'elles appartenaient soit à l'État, soit à des tiers.
Origines de l'enquête et contexte juridique
Les poursuites pénales sont nées d'une plainte anonyme soumise au Parquet européen. Suite à l'alerte, la police financière a mené une enquête limitée aux parcelles que l'OPEKEPE avait précédemment rejetées lors de contrôles administratifs.
- Les prévenus réclament des subventions agricoles illégales de l'UE en utilisant des parcelles éloignées
- Le procureur européen Dionysios Mouzakis demande des verdicts de culpabilité pour les 22 prévenus
- Le tribunal correctionnel d'Athènes à trois membres condamne 19 prévenus
Le procureur a noté lors des audiences que les demandes suivaient des schémas identiques et passaient par trois centres de traitement spécifiques. Mouzakis s'est opposé à l'octroi de circonstances atténuantes de bonne conduite antérieure, arguant que la demande devait être rejetée pour tous les prévenus avant que le tribunal ne rende son verdict à la majorité.


