Le nouveau président birman, Min Aung Hlaing, a accordé une grâce à son prédécesseur Win Myint et commué l'ensemble des condamnations à mort ce vendredi 17 avril 2026. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une amnistie liée au Thingyan, le Nouvel An traditionnel. Bien qu'une légère réduction de peine lui ait été accordée, l'ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi demeure maintenue en détention.

Grâce pour Win Myint

L'ancien président détenu depuis le coup d'État de 2021 a été libéré dans le cadre d'une amnistie de 4 335 prisonniers.

Fin des condamnations à mort

Toutes les peines capitales sont commuées en prison à vie, tandis que les peines à perpétuité sont réduites à 40 ans.

Sort d'Aung San Suu Kyi

Sa peine de 27 ans est réduite de quatre ans et demi, mais elle reste maintenue en détention dans un lieu inconnu.

Influence géopolitique

Des analystes suggèrent que la Chine a pu influencer la libération de Win Myint suite à un accord avec Min Aung Hlaing.

Le nouveau président de la Birmanie, Min Aung Hlaing, a gracié l'ancien président Win Myint et commué toutes les condamnations à mort en peines de prison à vie ce vendredi. Ces mesures interviennent lors de l'amnistie traditionnelle du Nouvel An, le Thingyan. Selon la télévision d'État MRTV, cette amnistie du 17 avril 2026 concerne de nombreux détenus, dont 179 ressortissants étrangers qui feront l'objet d'une expulsion. Win Myint, président de 2018 jusqu'au coup d'État militaire du 1er février 2021, était détenu depuis plus de cinq ans pour des motifs que ses proches qualifient de politiques. Min Aung Hlaing, qui a orchestré le putsch en tant que chef de l'armée avant d'être investi président civil le 10 avril après des élections contestées par la communauté internationale, a présenté ces grâces comme un effort de « reconstruction nationale ».

Peine réduite pour Suu Kyi, mais maintien en détention Aung San Suu Kyi, âgée de 80 ans, a bénéficié d'une réduction d'un sixième de sa peine de 27 ans, conformément à une disposition générale s'appliquant aux condamnations de moins de 40 ans, selon une source proche du dossier citée par l'AFP. Cette remise de peine s'élève à quatre ans et demi selon les informations de Courrier International. La lauréate du prix Nobel de la paix reste toutefois détenue dans un lieu tenu secret et n'est pas apparue en public depuis la fin de ses procès. Son fils, Kim Aris, a indiqué à Reuters l'an dernier qu'il ne recevait que peu d'informations sur sa mère, dont la santé déclinerait. Ses partisans rejettent les accusations portées contre elle — allant de l'incitation à la corruption en passant par la fraude électorale et la violation du secret d'État — les jugeant « absurdes » et politiquement motivées. Les membres de la Ligue nationale pour la démocratie et des milliers de dissidents figurent toujours parmi les prisonniers depuis le coup d'État. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a réagi en demandant des mesures plus larges.

„Toutes les personnes détenues injustement depuis le coup d'État de 2021 — y compris la conseillère d'État Aung San Suu Kyi — doivent être libérées immédiatement et sans condition.” — Volker Türk via Notícias ao Minuto

Commutation des peines de mort et attente des familles devant les prisons Min Aung Hlaing a annoncé que les condamnations à mort seraient commuées en réclusion criminelle à perpétuité et que les peines de prison à vie seraient ramenées à 40 ans. L'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP) estime que plus de 30 000 personnes ont été incarcérées pour des raisons politiques depuis 2021, soulignant l'ampleur limitée de cette amnistie par rapport au nombre total de détenus. Selon les Nations unies, plus de 130 personnes avaient été condamnées à mort depuis la prise de pouvoir de la junte, bien que les chiffres exacts soient difficiles à établir en raison de l'opacité du système judiciaire dans un pays en proie à la guerre civile. Devant la prison d'Insein à Rangoun, des familles se sont rassemblées sous une chaleur intense vendredi matin pour savoir si leurs proches figuraient sur la liste des libérés. La journaliste et documentariste Shin Daewe, condamnée à la perpétuité — peine réduite ensuite à 15 ans — pour complicité présumée de terrorisme, a été libérée et a pu retrouver les siens.

„Ma plus grande joie est de pouvoir retrouver ma famille. J'ai eu de la chance aujourd'hui. Mais ce n'est pas le cas pour beaucoup de mes amis qui sont restés à l'intérieur.” — Shin Daewe via La Libre.be

L'armée birmane, connue sous le nom de Tatmadaw, s'est emparée du pouvoir le 1er février 2021, arrêtant Aung San Suu Kyi et Win Myint dès les premières heures du putsch. Cet événement a mis un terme à une décennie de transition démocratique partielle et a plongé le pays dans un conflit civil ayant déplacé plus de 3,5 millions de personnes, d'après Reuters. Les organisations de défense des droits de l'homme soulignent que la junte a repris les exécutions d'opposants après des décennies sans application de la peine capitale. L'amnistie du Nouvel An est l'une des occasions traditionnelles de grâce en Birmanie, au même titre que le jour de l'Indépendance en janvier.

Rôle de la Chine et analyse de la libération de Win Myint La grâce accordée à Win Myint a suscité l'attention des observateurs internationaux. Des analystes cités par The Irrawaddy suggèrent que la Chine a joué un rôle dans l'obtention de cette mesure. Selon ce média birman en exil, un analyste estime que les élections de décembre et janvier seraient « le résultat d'un accord entre Xi Jinping et Min Aung Hlaing », la libération de Win Myint faisant partie de cet arrangement. Min Aung Hlaing, 69 ans, a été élu président par le Parlement le 3 avril et investi le 10 avril, officialisant son autorité après avoir dirigé le pays sous divers titres militaires. Lors de son investiture, il a affirmé que la paix, la stabilité et la réconciliation étaient ses priorités. Cette amnistie est la troisième en six mois, après celle de novembre et celle de janvier, qui avait vu la libération de plus de 6 000 prisonniers. La Agence de presse Mizzima précise que ces libérations sont conditionnelles : toute nouvelle infraction entraînera l'exécution du reliquat de la peine initiale en plus de la nouvelle condamnation.

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Mentioned People

  • Min Aung Hlaing — 11. prezydent Birmy od kwietnia 2026 roku
  • Win Myint — dziesiąty prezydent Birmy w latach 2018–2021
  • Aung San Suu Kyi — była radczyni stanu Birmy i minister spraw zagranicznych
  • Volker Türk — Wysoki Komisarz Narodów Zjednoczonych ds. Praw Człowieka

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