Donald Trump a menacé lundi de détruire les centrales électriques iraniennes, les puits de pétrole, l’île de Kharg et, éventuellement, l’ensemble des usines de dessalement si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz et n’acceptait pas un accord pour mettre fin à la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février 2026. Cette déclaration a brièvement fait monter les cours du Brent au-dessus de 116 dollars le baril, avant un reflux, tandis que les marchés financiers sont restés sous pression. Dans le même temps, des responsables iraniens ont dit que des propositions étaient bien parvenues à Téhéran par des intermédiaires, mais sans négociation directe.
Trump accentue la pression sur Téhéran
Le président américain a menacé de viser les centrales électriques, les puits de pétrole, l’île de Kharg et les usines de dessalement si aucun accord n’est trouvé.
Le risque juridique d’une frappe sur l’eau civile
Des experts estiment que la destruction intentionnelle d’infrastructures civiles d’eau et d’électricité pourrait relever du crime de guerre.
Les marchés pétroliers et financiers restent nerveux
Le Brent a dépassé brièvement 116 dollars le baril et le S&P 500 a fini en baisse d’environ 0,4 %.
Le FMI anticipe un choc mondial inégal
L’institution redoute des effets plus lourds pour les pays pauvres, déjà exposés à la hausse des prix alimentaires et des engrais.
L’Asie-Pacifique en première ligne
La région absorbe près de 80 % du pétrole passant par Ormuz, ce qui pèse sur plusieurs monnaies et sur les coûts de l’énergie.
Président Donald Trump a menacé lundi de détruire les centrales électriques iraniennes, les puits de pétrole, l’île de Kharg et, éventuellement, l’ensemble des usines de dessalement si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz et n’acceptait pas un accord pour mettre fin à la guerre, que les États-Unis et Israël ont lancée le 28 février 2026. Trump a publié cet avertissement sur Truth Social, écrivant que si aucun accord n’était conclu « bientôt », les États-Unis « mettraient fin à notre charmant “séjour” en Iran en faisant sauter et en anéantissant complètement toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l’île de Kharg (et éventuellement toutes les usines de dessalement !), que nous avons délibérément pas encore “touchées” ». Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmail Baghaei, a répondu que Téhéran avait reçu des propositions par l’intermédiaire de plusieurs pays, dont le Pakistan, mais a maintenu qu’aucune négociation directe n’avait eu lieu et qu’aucune n’aurait lieu tant que la campagne militaire se poursuivrait. La menace a fait passer brièvement les contrats à terme sur le Brent au-dessus de 116 (USD par baril) — 116 dollars le baril avant un repli autour de 114 dollars, tandis que le S&P 500 a terminé en baisse d’environ 0,4 % sur la journée. Les signaux contradictoires venus de Washington — Trump affirmant simultanément qu’il y avait de « grands progrès » dans les discussions diplomatiques tout en brandissant de nouvelles menaces de destruction — ont maintenu les marchés de l’énergie et de la finance sous tension pour une deuxième semaine consécutive marquée par une volatilité élevée.
Des avertissements sur les crimes de guerre après la menace contre les infrastructures Des spécialistes du droit et des chercheurs en droits humains ont averti que viser délibérément des infrastructures civiles d’eau et d’électricité pourrait constituer un crime de guerre au regard du droit international humanitaire. Niku Jafarnia, chercheuse à Human Rights Watch, a déclaré que les installations de dessalement sont « souvent nécessaires à la survie de la population civile et que la destruction intentionnelle de ce type d’installations est un crime de guerre ». Robert Goldman, professeur de droit et directeur pédagogique du War Crimes Research Office à l’American University, a qualifié une telle décision de « destruction aveugle qui entraînerait des conséquences catastrophiques claires et prévisibles pour la population civile ». La menace prend un relief particulier dans un contexte de pénurie d’eau dans la région : selon des médias iraniens, les réservoirs qui alimentent Téhéran sont tombés sous 10 % de leur capacité après une cinquième année consécutive de sécheresse extrême, et des images satellites analysées par l’Associated Press montrent des réserves nettement réduites. Les frappes israéliennes du 7 mars sur des dépôts pétroliers autour de Téhéran avaient déjà provoqué un épais nuage de fumée et des pluies acides, des experts avertissant que les retombées pourraient contaminer les sols et une partie de l’approvisionnement en eau de la ville. Des analystes ont aussi mis en garde contre un danger plus grand peut-être non pas dans ce que les États-Unis pourraient faire à l’Iran, mais dans la manière dont Téhéran pourrait riposter — des centaines d’usines de dessalement longent la côte du golfe Persique et alimentent en eau des millions d’habitants des Émirats arabes unis, du Qatar, du Koweït, d’Oman et de l’Arabie saoudite.
Les États arabes du Golfe comptent parmi les pays les plus pauvres en eau de la planète et dépendent du dessalement pour l’immense majorité de leur approvisionnement en eau douce. Cette technologie, qui retire le sel de l’eau de mer grâce à un procédé appelé osmose inverse, alimente les villes, l’industrie et l’agriculture dans toute la région. L’Iran avait augmenté ses capacités de dessalement le long de sa côte sud avant le début de la guerre le 28 février 2026, même si les sanctions internationales et les contraintes d’infrastructure avaient nettement limité le rythme de cette expansion.
Koweït: 90, Oman: 86, Arabie saoudite: 70
Le FMI alerte sur un choc pétrolier historique frappant surtout les pays pauvres Le Fonds monétaire international a averti lundi que le conflit provoque un choc économique mondial mais asymétrique, les pays à faible revenu étant exposés aux risques les plus graves en raison de la flambée des prix des denrées alimentaires et des engrais. Dans un billet signé par ses économistes en chef, le FMI a indiqué que la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran et les dommages infligés aux infrastructures régionales avaient provoqué ce que l’Agence internationale de l’énergie a décrit comme la plus grande perturbation jamais enregistrée sur le marché pétrolier mondial. « Bien que la guerre puisse façonner l’économie mondiale de différentes manières, toutes les routes mènent à des prix plus élevés et à une croissance plus lente », ont écrit les économistes du FMI. Le Fonds a précisé qu’il publierait une évaluation plus complète dans ses Perspectives de l’économie mondiale, prévues le 14 avril, à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington. Morgan Stanley a par ailleurs abaissé sa recommandation sur les actions mondiales à « neutre » depuis « surpondérer » et relevé sa position sur les bons du Trésor américains et les liquidités, avertissant que si les prix du pétrole se stabilisaient entre 150 et 180 dollars le baril, les valorisations boursières mondiales pourraient reculer de près de 25 %. La banque a noté que le Brent avait bondi de 59 % rien qu’en mars, soit sa hausse mensuelle la plus forte, dépassant les gains enregistrés pendant la guerre du Golfe de 1990.
Les monnaies asiatiques reculent alors que la région absorbe l’essentiel du flux pétrolier de l’Ormuz Les économies d’Asie-Pacifique absorbent une part disproportionnée du choc énergétique, la région achetant environ 80 % du pétrole acheminé par le détroit d’Ormuz, selon les analystes matières premières de J.P. Morgan, qui ont averti que les pénuries s’aggraveraient en avril et en mai. La roupie indienne, la roupie indonésienne et le peso philippin ont tous touché des plus bas historiques face au dollar américain ce mois-ci, tandis que le yen japonais et le won sud-coréen ont aussi atteint des niveaux planchers marqués. Aux Philippines, les prix du diesel pour les conducteurs de jeepneys — les minibus omniprésents dans le pays — ont triplé, tandis qu’une tension apparaît sur le carburant d’aviation au Vietnam et que des entreprises cosmétiques sud-coréennes cherchent à se procurer de la résine plastique pour leurs emballages. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a mis en garde contre la « probabilité » que l’Iran rejette les efforts diplomatiques de Washington pour mettre fin à la guerre. Le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi a lancé un appel direct à Trump, affirmant que le président américain était la seule personne capable d’arrêter le conflit. „Les propositions présentées dans les négociations sont illogiques, la position américaine en matière de diplomatie ne peut pas être considérée comme fiable” — Esmail Baghaei via The Irish Times Par ailleurs, le Wall Street Journal a rapporté lundi soir que Trump avait dit à ses conseillers qu’il était prêt à mettre fin à la guerre en Iran sans exiger la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, ajoutant une couche supplémentaire d’incertitude au tableau diplomatique au moment de la clôture des marchés.
Mentioned People
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
- Marco Rubio — 72. sekretarz stanu Stanów Zjednoczonych i pełniący obowiązki doradcy do spraw bezpieczeństwa narodowego
- Niku Jafarnia — Badaczka w Human Rights Watch
- Esmail Baghaei — Rzecznik irańskiego Ministerstwa Spraw Zagranicznych
Sources: 48 articles
- Donald Trump issues new threat to obliterate Iran after his peace plan rejected (Irish Independent)
- Iran-US war latest: Kuwaiti oil tanker off Dubai port hit after Trump issues warning (The Independent)
- Here's What Happened in the War in the Middle East on Monday (The New York Times)
- Reopening Hormuz Is 'Easier Said Than Done,' Starmer Says (Bloomberg Business)
- New US LNG facility to gear up for exports as Iran war limits global supplies (Financial Times News)
- Iran war: How countries are responding to oil price surge (The Independent)
- Iran's allies could close second crucial sea route, with 'clear and significant' impact on UK (Sky News)
- Reeves is 'oblivious' to the Iran war cost of living crisis, blasts Kemi Badenoch (The Independent)
- UK ministers explore 'targeted' energy bill relief for those most in need (Financial Times News)
- UK's Reeves to warn G7 against unilateral trade moves during Iran war (Reuters)