À la suite du retrait des sept ministres du Parti social-démocrate (PSD), le président Nicușor Dan a annoncé vendredi la signature imminente des décrets de révocation et de nomination des intérimaires. Ce départ transforme le cabinet du Premier ministre Ilie Bolojan en un gouvernement minoritaire, plongeant le pays dans une période d'incertitude institutionnelle.

Fin de la coalition PNL-PSD

Le départ de sept ministres du PSD force le gouvernement Bolojan à devenir minoritaire.

Refus de l'alliance avec l'AUR

Nicușor Dan exclut catégoriquement d'avaliser un gouvernement soutenu par le parti nationaliste AUR.

Incertitude constitutionnelle

Le PSD pourrait saisir la Cour constitutionnelle pour contester la légitimité du gouvernement sans nouveau vote de confiance.

Le président roumain Nicușor Dan a annoncé vendredi qu'il signerait les décrets de démission de sept ministres du PSD issus du gouvernement du Premier ministre Ilie Bolojan avant son retour en Roumanie, sous réserve d'un dernier examen des documents. S'exprimant lors d'une conférence de presse à Nicosie, à l'issue d'un sommet informel du Conseil européen, M. Dan a confirmé que les actes de démission et les propositions de nominations intérimaires étaient parvenus à ses services. Son équipe a consacré la journée à préparer les projets de décrets. „Ces propositions sont arrivées après notre échange d'hier soir. Mes collaborateurs les ont examinées aujourd'hui et ont préparé les projets de décrets de révocation et de nomination ; je les consulterai durant le trajet vers l'avion, procéderai à une brève vérification et, si tout est en ordre, je les signerai.” — Nicușor Dan via Digi24 Les sept ministres ayant remis leur démission jeudi au palais Victoria sont le vice-Premier ministre Marian Neacșu, le ministre de l'Agriculture Florin-Ionuț Barbu, le ministre de l'Énergie Bogdan-Gruia Ivan, le ministre du Travail Florin Manole, le ministre de la Justice Radu Marinescu, le ministre de la Santé Alexandru Rogobete et le ministre des Transports Ciprian Șerban. Ce retrait prive le gouvernement Bolojan de sa composante social-démocrate, le transformant de fait en une administration minoritaire.

M. Dan exclut tout accord de minorité soutenu par l'AUR Le président Dan a clairement rejeté l'idée de désigner un Premier ministre pour un gouvernement minoritaire qui dépendrait du soutien du parti AUR. Bien qu'il juge ce scénario peu probable, il a tenu à clarifier sa position. „L'AUR présente de nombreuses lacunes, mais il reste un parti. Je n'imagine pas que, lors d'un vote au Parlement, ses élus ne respectent pas la ligne du parti. Si le PNL ou le PSD venaient me proposer un gouvernement minoritaire soutenu par l'AUR, je ne donnerais pas mon accord.” — Nicușor Dan via Mediafax.ro M. Dan a défini son rôle dans cette crise comme celui d'un médiateur. Il a toutefois admis que le gouvernement devra probablement se soumettre à un vote de confiance parlementaire. Par ailleurs, le président s'est montré prudemment optimiste sur le plan budgétaire, soulignant que la crise politique survient après le vote du budget 2026, ce qui évite un débat déstabilisant. „Pour 2026, le budget est adopté et personne n'a exprimé le souhait d'en modifier la trajectoire. J'espère qu'avec une certaine collaboration, nous éviterons une hausse de la fiscalité d'ici la fin 2026.” — Nicușor Dan via Mediafax.ro

Vers un recours devant la Cour constitutionnelle Une dimension juridique s'ajoute à la crise : M. Dan a pris acte des interrogations sur la nécessité pour la CCR de se prononcer sur l'obligation pour le gouvernement Bolojan de solliciter un nouveau vote de confiance. Sans confirmer si le chef du PSD, Sorin Grindeanu, l'en avait directement informé, le président a noté que cette question occupait l'espace public. „L'expérience des gouvernements contestés montre que la CCR a statué sur de nombreux points, mais pas sur ce qu'il advient si, au terme des 45 jours d'intérim, le gouvernement reste en l'état ou procède à un remaniement. Il existe une volonté de solliciter la CCR en amont pour dégager une solution constitutionnelle.” — Nicușor Dan via G4Media.ro Selon des sources citées par Agerpres et G4Media, le PSD envisage de saisir la Cour pour un conflit de nature constitutionnelle entre le Parlement et le gouvernement, estimant que la composition politique du cabinet a changé sans nouvel aval parlementaire. Tudorel Toader, ancien juge à la CCR, a précisé sur Digi24 que M. Grindeanu, en sa qualité de président de la Chambre des députés, pourrait introduire un tel recours.

La Roumanie connaît une instabilité gouvernementale récurrente depuis le début des années 2000. Le gouvernement Bolojan, formé en juin 2025, reposait sur une coalition entre le PNL et le PSD. La Constitution roumaine n'étant pas explicite sur le retrait d'un partenaire de coalition sans motion de censure formelle, un flou juridique persiste sur l'obligation de solliciter une nouvelle majorité parlementaire.

Guerre en Ukraine et sécurité énergétique au cœur des discussions à Chypre Outre la situation intérieure, Nicușor Dan a rendu compte des échanges du sommet chypriote portant sur l'Ukraine, l'élargissement de l'UE et la sécurité énergétique. Il a rapporté une analyse du président Volodymyr Zelensky selon laquelle, depuis début 2026, l'Ukraine a repris plus de territoires qu'elle n'en a perdu. Le sommet a également abordé le déblocage d'un prêt de 90 milliards d'euros pour Kiev et un 20e train de sanctions. Sur l'adhésion à l'UE, M. Dan a réitéré que les parcours de l'Ukraine et de la Moldavie restaient liés. Enfin, concernant l'énergie, les autorités roumaines ont conclu qu'il n'y avait aucun risque pour l'approvisionnement en kérosène des vols commerciaux pour les trois ou quatre prochains mois. „Il n'y a pas de risque à court terme. Notre préoccupation porte sur le moyen terme, selon l'évolution du conflit et du trafic maritime dans les détroits.” — Nicușor Dan via Mediafax.ro Un suivi mensuel de la situation énergétique a été instauré.

Mentioned People

  • Nicușor Dan — Siódmy prezydent Rumunii, urzędujący od 2025 roku, były burmistrz Bukaresztu
  • Ilie Bolojan — Premier Rumunii od czerwca 2025 roku
  • Marian Neacșu — Rumuński polityk, do niedawna wicepremier
  • Florin-Ionuț Barbu — Minister rolnictwa i rozwoju wsi w rządzie Bolojana
  • Petre-Florin Manole — Minister pracy w rządzie Ilie Bolojana od czerwca 2025 roku
  • Alexandru-Florin Rogobete — Minister zdrowia w rządzie Ilie Bolojana
  • Radu Marinescu — Poseł do Izby Deputowanych, polityk PSD
  • Ciprian-Constantin Șerban — Przewodniczący Izby Deputowanych w kadencji 2024–2028
  • Bogdan-Gruia Ivan — Minister w rządzie Rumunii od 2025 roku
  • Volodymyr Zelenskyy — Prezydent Ukrainy od maja 2019 roku

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