Un cessez-le-feu de dix jours est entré en vigueur entre Israël et le Liban le vendredi 17 avril 2026 à minuit, après six semaines de combats intenses. Quelques heures seulement après cette annonce faite par le président américain Donald Trump, les deux camps se sont mutuellement accusés de violations de l'accord.

Accord sous médiation américaine

Donald Trump a annoncé une trêve de 10 jours entre Israël et le Liban, entrée en vigueur le 17 avril 2026.

Violations mutuelles immédiates

Le Hezbollah et l'armée libanaise ont rapporté des frappes israéliennes, tandis qu'Israël a signalé des sirènes d'alerte et des tirs dès le début de la trêve.

Tensions politiques en Israël

Benjamin Netanyahou est critiqué par son cabinet et l'opposition pour avoir imposé l'arrêt des combats sans consultation préalable.

Perspective d'un sommet diplomatique

La Maison Blanche envisage d'organiser une rencontre historique entre les dirigeants libanais et israéliens à Washington.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur le vendredi 17 avril 2026 à minuit, heure locale, mais a commencé à se fragiliser dès les premières heures, les deux parties s'accusant mutuellement de violations. La trêve, annoncée par le président des États-Unis Donald Trump le jeudi 16 avril, fait suite à environ un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien libanais Hezbollah. L'armée libanaise a publié sur X avoir enregistré « un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages ». Le Hezbollah a, pour sa part, annoncé avoir « bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam » dans le sud du Liban, qualifiant cette frappe de réponse directe aux violations israéliennes du cessez-le-feu. Des tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, alors que des journalistes de l'AFP sur place rapportaient le retour de certains habitants brandissant des portraits de l'ancien chef du mouvement, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024. L'Agence Nationale d'Information du Liban a également signalé des bombardements contre la localité de Khiam et le village voisin de Debbine, ainsi qu'une « activité intense de drones » dans la même région. Sirènes d'alerte en Israël deux heures après le début de la trêveSelon le Times of Israel, cité par Courrier International, les sirènes d'alerte aux roquettes ont retenti à Netu'a, une communauté agricole israélienne située le long de la frontière libanaise, environ deux heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. L'armée israélienne a déclaré maintenir son déploiement terrestre dans le sud du Liban et a averti les habitants de ne pas retourner dans les zones situées au sud du fleuve Litani. Malgré ces avertissements, des journalistes de l'AFP ont observé d'importants embouteillages au nord du Litani, des automobilistes attendant pendant des heures de traverser le seul pont encore debout permettant d'accéder au sud du Liban. Le gouvernement libanais s'était pourtant engagé, peu avant le début du cessez-le-feu, à mettre en œuvre ce qu'un communiqué du Département d'État américain qualifie de « mesures concrètes » pour empêcher toute attaque du Hezbollah contre Israël. Ce même communiqué souligne qu'Israël se réserve le droit de prendre, à tout moment, les mesures jugées nécessaires au nom de la légitime défense. Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans résidant à Beyrouth, a confié à l'AFP qu'elle saluait cet accord. „Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix” — Jamal Chehab via AFPNetanyahou a présenté le cessez-le-feu comme un fait accompli au cabinetLa gestion de l'annonce du cessez-le-feu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a provoqué des tensions politiques immédiates dans son pays. Selon le quotidien israélien Haaretz, cité par Courrier International, lorsque M. Netanyahou a convoqué une réunion téléphonique des ministres peu après l'annonce de M. Trump, il n'a pas sollicité leur approbation comme il l'avait fait pour des décisions comparables par le passé. „La décision de mettre fin aux combats dans le sud du Liban avant la défaite du Hezbollah a été présentée comme un fait accompli” — Ha'aretz via Courrier International La BBC a rapporté que l'annonce de Donald Trump avait « pris Israël par surprise, y compris, selon certains rapports, au sein même du cabinet de sécurité du gouvernement ». Le chef de l'opposition de droite, Avigdor Liberman, a qualifié le cessez-le-feu de « trahison envers les résidents » du nord d'Israël, dont beaucoup ont fui leurs communautés frontalières, d'après le New York Times cité par Courrier International. Même au sein du Likoud, le propre parti de M. Netanyahou, des députés auraient exprimé des critiques à peine voilées, certains s'interrogeant sur la capacité du gouvernement libanais à négocier au nom du Hezbollah, qu'il ne contrôle pas. Benjamin Netanyahou a, pour sa part, présenté la trêve comme « une opportunité de conclure un accord de paix historique avec le Liban », tout en précisant qu'il entendait faire peu de concessions sur le terrain.Trump envisage un sommet historique à la Maison Blanche entre le Liban et IsraëlParallèlement au cessez-le-feu, Donald Trump a annoncé qu'il travaillait à l'organisation de ce qu'il a décrit comme la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Dans une publication suivant l'annonce, M. Trump s'est adressé directement au Hezbollah. „J'espère que le Hezbollah se comportera bien durant cette période importante. Ce sera un GRAND moment pour eux s'ils le font” — Donald Trump via AFP Le New York Times, cité par Courrier International, a observé que la trêve « place Benjamin Netanyahou dans une position délicate », notant que s'il fait face à la pression de Washington, « son objectif de neutraliser le Hezbollah est encore loin d'être atteint ». La durée de dix jours fait de ce cessez-le-feu un arrangement de court terme, dont la fragilité est soulignée par les violations signalées dès les premières heures. La question de savoir si la trêve tiendra suffisamment longtemps pour créer les conditions d'un processus diplomatique plus large restait, ce vendredi matin, en suspens de chaque côté de la frontière.

Mentioned People

  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
  • Benjamin Netanyahu — Premier Izraela od 2022 roku
  • Hassan Nasrallah — Zmarły lider Hezbollahu, zabity we wrześniu 2024 roku

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