La militante iranienne Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023, se trouve dans un état de santé alarmant au sein de la prison de Zanjan, dans le nord de l'Iran. Sa famille et sa fondation ont alerté mercredi sur les séquelles d'un infarctus survenu fin mars 2026 et sur l'absence de soins adaptés.

État de santé critique

À la suite d'un infarctus fin mars, la lauréate du Nobel est extrêmement affaiblie et privée de soins spécialisés.

Menaces de mort en détention

Détenue avec des criminelles de droit commun, elle ferait l'objet de menaces de mort répétées.

Isolement et répression

Condamnée à des peines supplémentaires en 2026, elle est séparée de ses enfants depuis 2015.

Narges Mohammadi, la militante iranienne des droits de l'homme qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2023, se trouve dans un état critique à la prison de Zanjan, à la suite d'un infarctus survenu fin mars 2026, ont annoncé mercredi sa famille et sa fondation. Ses proches et son équipe juridique ont été autorisés à effectuer une seconde visite samedi, au cours de laquelle ils ont constaté des signes manifestes de détérioration de son état général. La Fondation Mohammadi a qualifié son état physique de critique, avertissant que le maintien de sa situation actuelle représente une menace immédiate et irréversible pour sa vie. Âgée de 53 ans, Mme Mohammadi est détenue à Zanjan depuis février 2026, après y avoir été transférée sans préavis suite à son arrestation en décembre 2025 à Mashhad. Le comité Nobel avait salué ses deux décennies d'engagement contre l'oppression des femmes et la peine de mort en Iran lors de la remise du prix, que ses deux enfants ont accepté en son nom à Oslo. Menaces de mort et privation de médicamentsLe frère de la militante, Hamidreza Mohammadi, qui réside en Norvège, a décrit précisément l'affaiblissement de sa sœur, précisant qu'elle a perdu énormément de poids depuis son accident cardiaque. „La poursuite de cette situation constitue une menace immédiate et irréversible pour la vie de Narges Mohammadi” — Mohammadi Foundation via RFI Hamidreza Mohammadi a également rapporté que sa sœur est détenue dans une cellule avec des prisonnières condamnées pour homicide et qu'elle a reçu plusieurs menaces de mort de la part de certaines d'entre elles. Il a affirmé que Mme Mohammadi est privée de médicaments et de traitement, accentuant les carences médicales déjà dénoncées par ses soutiens, qui réclamaient des soins cardiologiques urgents. Fin mars, après une première visite, son entourage avait indiqué que l'infarctus subi le 24 mars — jour où elle aurait été retrouvée inconsciente par ses codétenues selon des propos cités par Der Tagesspiegel — n'avait pas été traité de manière adéquate. Par ailleurs, la prison de Zanjan a été touchée par des bombardements lors de l'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran lancée le 28 février 2026, compliquant davantage sa situation et ses communications. Nouvelle condamnation dans un contexte de répressionEn février 2026, un tribunal iranien a condamné Mme Mohammadi à six années de prison supplémentaires pour atteinte à la sécurité nationale et à un an et demi pour propagande contre le système islamique, selon son avocat. Une interdiction de voyager de deux ans lui a également été imposée. En réaction à ses conditions de détention, elle avait observé une grève de la faim de près d'une semaine pour réclamer le droit de téléphoner. Elle avait été arrêtée le 12 décembre 2025 à Mashhad après avoir critiqué les autorités lors des funérailles d'un avocat. Cette arrestation a précédé de peu les manifestations nationales de fin décembre 2025, mouvement réprimé dans le sang en janvier 2026. Auparavant, en décembre 2024, elle avait bénéficié d'une libération temporaire pour raisons de santé de la prison d'Evin, à Téhéran, sans toutefois être autorisée à quitter le pays. Vingt-cinq ans de combat judiciaireMme Mohammadi a été jugée et emprisonnée à plusieurs reprises au cours des 25 dernières années pour son militantisme contre le port obligatoire du voile et la peine de mort. Elle a passé l'essentiel de la dernière décennie derrière les barreaux et n'a pas vu ses deux enfants, qui résident à Paris, depuis 2015. Sa détention actuelle est sa quatorzième arrestation, note la Süddeutsche Zeitung. Son dossier demeure un symbole international de la répression exercée par Téhéran contre les défenseurs des droits humains.Narges Mohammadi est une figure majeure de la société civile iranienne depuis plus de vingt ans. Née le 21 avril 1972, elle a reçu le prix Nobel de la paix en 2023 alors qu'elle était en détention. Son cas fait l'objet de demandes régulières de libération inconditionnelle de la part d'organisations internationales.Narges Mohammadi — événements clés: — ; — ; — ; — ; —

Mentioned People

  • Narges Mohammadi — Irańska aktywistka praw człowieka i laureatka Pokojowej Nagrody Nobla, obecnie uwięziona w Iranie
  • Hamidreza Mohammadi — Brat Narges Mohammadi mieszkający w Norwegii

Sources: 16 articles