Willie Walsh, directeur général de l'IATA, a prévenu mercredi que l'approvisionnement en kérosène mettrait plusieurs mois à se normaliser en dépit du cessez-le-feu annoncé par Donald Trump. Cette trêve de deux semaines, liée à la réouverture sécurisée du détroit d'Ormuz, intervient après une paralysie quasi totale du trafic maritime dans la région.
Normalisation lente de l'approvisionnement
Malgré le cessez-le-feu, l'IATA estime qu'il faudra plusieurs mois pour stabiliser les stocks de kérosène.
Goulot d'étranglement du raffinage
Les dommages subis par les raffineries au Moyen-Orient sont le principal obstacle, plus que la disponibilité du pétrole brut.
Hausse des tarifs aériens
L'augmentation du prix des billets est jugée inévitable en raison du coût élevé et persistant du carburant aviation.
Willie Walsh, directeur général de l’Association internationale du transport aérien, a averti mercredi que l'approvisionnement en carburant pour l'aviation mettrait des mois à se stabiliser malgré le cessez-le-feu de deux semaines annoncé par le président américain Donald Trump entre les États-Unis et l'Iran. M. Walsh s'est exprimé lors d'une conférence de presse en marge du IATA World Data Symposium à Singapour. La trêve, annoncée mardi soir, est conditionnée à la réouverture immédiate et sécurisée du détroit d'Ormuz, pratiquement fermé au trafic depuis le début du conflit. À la suite de l'annonce du cessez-le-feu, les cours du pétrole ont chuté jusqu'à 16 %, repassant sous la barre des 100 dollars le baril. Les actions des compagnies aériennes ont bondi sur les places boursières mondiales, certains transporteurs gagnant entre 8 et 14 % en une seule séance. M. Walsh a salué ce cessez-le-feu comme une avancée positive, tout en soulignant que les dommages causés à la chaîne d'approvisionnement ne pourraient être réparés rapidement. Le raffinage, et non le brut, au cœur du problèmeSelon M. Walsh, l'obstacle majeur à une normalisation n'est pas le flux de pétrole brut, mais la destruction des capacités de raffinage au Moyen-Orient. „« S'il devait rouvrir et rester ouvert, je pense qu'il faudra encore plusieurs mois pour revenir au niveau d'approvisionnement nécessaire, compte tenu des perturbations subies par les capacités de raffinage au Moyen-Orient. »” — Willie Walsh via Reuters Il a ajouté que la concentration des infrastructures mondiales de raffinage dans cette région avait été sous-estimée avant le conflit. „« Je ne pense pas que tout le monde ait pleinement réalisé à quel point les capacités de raffinage étaient concentrées dans certaines parties du monde. »” — Willie Walsh via France 24 Même une reprise des flux de brut ne se traduirait pas immédiatement par une disponibilité accrue de kérosène, car les raffineries endommagées constituent un goulot d'étranglement inévitable. M. Walsh a désigné l'Asie comme la région la plus exposée aux pénuries à court terme, suivie par l'Afrique et l'Europe. Le IATA World Data Symposium à Singapour a servi de cadre à ces déclarations, très suivies par des transporteurs déjà en difficulté face à la crise énergétique. Doublement du prix du kérosène : la hausse des tarifs jugée inévitableLes prix du carburant aviation ont plus que doublé depuis le début du conflit le 28 février 2026, dépassant largement l'augmentation d'environ 50 % du pétrole brut enregistrée avant l'annonce de la trêve. M. Walsh a affirmé que des tarifs aériens plus élevés sont inévitables au vu du maintien des prix élevés du kérosène. „« Lorsque le prix du pétrole brut baisse de 16 %, on aimerait penser que le prix du kérosène chutera dans des proportions similaires, mais il va rester élevé, ce qui entraînera inévitablement une hausse du prix des billets. C’est inévitable. »” — Willie Walsh via Bloomberg Television Partout dans le monde, des compagnies ont déjà réduit leurs vols, transportent du carburant supplémentaire depuis leurs aéroports d'origine ou ajoutent des escales de ravitaillement. La compagnie à bas prix malaisienne AirAsia X a augmenté ses tarifs jusqu'à 40 %, selon Bloomberg, tandis que United Airlines a réduit sa capacité prévue d'environ 5 %. Air New Zealand a réduit ses programmes de vols pour la deuxième fois et a de nouveau relevé ses prix. Le carburant est le deuxième poste de dépense des compagnies après la main-d'œuvre, représentant généralement environ 27 % des coûts d'exploitation selon l'IATA.Part habituelle du kérosène dans les coûts des compagniesWizz Air: 14, Air France-KLM: 14, IAG: 10, Ryanair: 10, Lufthansa: 8, IndiGo: 10, Qantas: 9, Cathay Pacific: 5, Air New Zealand: 4 M. Walsh rejette la comparaison avec le COVID et cite 2001 et 2008M. Walsh a rejeté tout parallèle entre la crise actuelle et la pandémie de COVID-19, qui avait réduit les capacités mondiales de 95 % en raison de la fermeture des frontières. „« Cela ne ressemble pas au Covid. Ce n'est pas une crise de l'ampleur de celle que nous avons connue pendant le Covid. Avec le Covid, la capacité a chuté de 95 % car les frontières étaient fermées. Nous en sommes loin. »” — Willie Walsh via Irish Examiner Il a plutôt comparé la situation aux suites des attentats du 11 septembre 2001, après lesquels la reprise avait pris environ quatre mois, et au ralentissement économique de 2008-2009, que le secteur avait mis 10 à 12 mois à absorber. M. Walsh s'est dit confiant quant à la reprise rapide des hubs aériens du Golfe une fois la situation stabilisée. Les transporteurs du Golfe représentaient 14,6 % de la capacité aérienne internationale l'an dernier, et M. Walsh a reconnu que les compagnies hors de la région ne pouvaient pas totalement compenser cette capacité dans l'intervalle. Le PDG de Malaysia Aviation Group, Nasaruddin Bakar, a fait écho à cette prudence lors du même symposium, estimant que même si la guerre s'arrête, il faudra de nombreux mois avant que les prix ne se stabilisent. Le dirigeant de Thai Airways, Chai Eamsiri, a qualifié ce choc pétrolier de pire épreuve de sa carrière.L'offensive américano-israélienne contre l'Iran, baptisée Opération Epic Fury, a débuté le 28 février 2026. Le conflit a entraîné la fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement environ un cinquième du commerce mondial de pétrole. Des attaques réciproques contre les infrastructures pétrolières et de raffinage dans le Golfe ont aggravé les ruptures d'approvisionnement au-delà de la seule fermeture de la voie maritime. Le cessez-le-feu annoncé par le président Trump le 7 avril 2026 est intervenu peu avant l'expiration d'un ultimatum américain adressé à l'Iran.
Mentioned People
- Willie Walsh — Irlandzki menedżer branży lotniczej, dyrektor generalny Międzynarodowego Zrzeszenia Przewoźników Powietrznych
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
Sources: 11 articles
- Airlines face 'months' of jet fuel trouble despite US-Iran ceasefire (POLITICO)
- Nach Waffenruhe in Nahost: Airline-Verband erwartet nur langsame Entspannung bei Versorgung mit Flugzeugtreibstoff (N-tv)
- La IATA advierte que harán falta "meses" para normalizar el suministro de combustible (France 24)
- Airline-Verband: Erholung der Treibstoffversorgung und -preise wird Monate dauern (stern.de)
- Transport aérien : l'approvisionnement en kérosène mettra " des mois " pour revenir à la normale, affirme l'IATA (Ouest France)
- "Biglietti aerei? Inevitabile un aumento dei prezzi. Serviranno mesi per normalizzare carburante e voli" (Il Messaggero)
- Iata warns replenishing jet fuel supplies could take months even if Hormuz reopened (Irish Examiner)
- IATA-Chef: Höhere Flugticket-Preise trotz Iran-Waffenruhe wohl "unausweichlich" (Berliner Zeitung)
- La réouverture du détroit d'Ormuz n'y changera rien à court terme: les compagnies aériennes préviennent que l'approvisionnement en kérosène mettra "des mois" avant de revenir à la normale (BFMTV)
- Transport aérien : l'approvisionnement en kérosène mettra " des mois " pour revenir à la normale (SudOuest.fr)