Un procureur suédois a inculpé, le 30 mars 2026, un homme de 62 ans pour proxénétisme aggravé, huit viols, quatre tentatives de viol et quatre agressions. Il est soupçonné d’avoir contraint sa femme à subir des actes sexuels avec plus de 120 hommes pendant plus de trois ans. L’affaire, très suivie en Suède et ailleurs en Europe, est rapprochée du dossier Gisèle Pelicot.

Des accusations lourdes

Un homme de 62 ans a été inculpé en Suède pour proxénétisme aggravé, huit viols, quatre tentatives de viol et quatre agressions.

Une emprise sur plus de trois ans

Le parquet le soupçonne d’avoir forcé sa femme à subir des actes sexuels avec plus de 120 hommes entre août 2022 et octobre 2025.

Une affaire suivie de près

Le dossier a relancé le débat en Suède sur le modèle nordique de prostitution et suscite des comparaisons avec l’affaire Gisèle Pelicot.

Un procureur suédois a inculpé un homme de 62 ans le 30 mars 2026 pour proxénétisme aggravé, huit chefs de viol, quatre tentatives de viol et quatre agressions, après l’avoir soupçonné d’avoir forcé sa femme à accomplir des actes sexuels avec plus de 120 hommes sur une période de plus de trois ans. Le suspect, présenté par la télévision publique SVT comme un ancien membre de premier plan de l’organisation motocycliste Hells Angels, a été arrêté fin octobre 2025 après que son épouse l’a signalé à la police dans le nord de la Suède. Il est placé en détention provisoire depuis son arrestation et conteste l’ensemble des accusations. Les faits présumés se seraient déroulés entre le 11 août 2022 et le 21 octobre 2025 dans la région de Ångermanland. L’affaire a suscité de nombreux rapprochements en Suède et dans le reste de l’Europe avec le dossier français Gisèle Pelicot.

Victime droguée, filmée et menacée pendant des années Selon l’acte d’accusation, l’homme publiait des annonces en ligne, organisait des rendez-vous, négociait les prix, convenait de la nature des actes sexuels et filmait les rencontres, qui étaient parfois menées numériquement. La victime vivait dans des conditions de contrôle total : elle était droguée, a développé une dépendance aux stupéfiants et était surveillée par des caméras installées dans toute la maison. Le procureur a qualifié ce comportement d’« exploitation impitoyable ». L’acte d’accusation détaille aussi des menaces précises proférées contre la femme, notamment des avertissements selon lesquels il la brûlerait vive avec de l’essence et lui couperait les doigts, l’homme se désignant lui-même comme « le monstre ». La procureure Ida Annerstedt a déclaré à l’AFP que la femme, décrite comme se trouvant dans une situation de vulnérabilité, avait « dans une certaine mesure » accepté de vendre du sexe, mais qu’elle avait fixé des limites que le suspect avait à plusieurs reprises franchies. „Elle avait fixé certaines limites. Lorsqu’il ne les respectait pas, lorsqu’il la contraignait malgré son refus, c’est dans ces situations qu’il est accusé de tentative de viol ou de viol.” — Ida Annerstedt via AFP Selon 20 minutos, l’homme avait déjà fait l’objet d’une enquête pour violences contre une partenaire, mais cette procédure avait été classée sans suite, et il avait par ailleurs été condamné pour maltraitance et contrainte, des faits pour lesquels il avait purgé une peine de cinq mois de prison.

Vingt-six clients poursuivis, des dizaines d’autres encore visés La procureure Ida Annerstedt a confirmé en février qu’environ 120 personnes soupçonnées d’avoir acheté des services sexuels avaient été identifiées dans le cadre de l’affaire. Vingt-six hommes ont été formellement inculpés pour achat de services sexuels, tandis que les autres personnes font encore l’objet d’une enquête, selon le parquet. L’avocate de la victime, Silvia Ingolfsdottir, a indiqué à l’AFP que sa cliente avait été victime de faits graves. „Elle espère désormais obtenir justice.” — Silvia Ingolfsdottir via AFP La ministre suédoise de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Nina Larsson, a condamné l’affaire, estimant que les hommes devaient cesser d’acheter et de vendre le corps des femmes, et a qualifié d’inquiétants les articles de presse sur ce que certains ont appelé le « Pelicot suédois ». „Les reportages de presse sur ce qu’on appelle le +Pelicot suédois+ sont inquiétants et scandaleux.” — Nina Larsson via La Libre.be Le procès doit commencer le 13 avril 2026, selon la télévision publique SVT.

Une affaire qui relance en Suède le débat sur le modèle nordique de prostitution L’affaire française Gisèle Pelicot est devenue un événement judiciaire et social majeur en 2024, lorsque Gisèle Pelicot a renoncé à son droit à l’anonymat en tant que victime dans une affaire de viols multiples. Son mari Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de prison après avoir reconnu l’avoir droguée à plusieurs reprises et avoir invité des dizaines d’hommes à la violer alors qu’elle était inconsciente, sur une période allant de 2011 à 2020. L’affaire a suscité un vaste débat public en Europe sur le consentement, le contrôle psychologique et la complicité des auteurs tiers. L’affaire suédoise a relancé un débat national sur la responsabilité des clients et les mécanismes de coercition psychologique, des questions au cœur du modèle suédois sur la prostitution, qui interdit l’achat de sexe mais pas sa vente. L’ampleur de l’exploitation présumée — sur plus de trois ans, avec plus de 120 hommes impliqués, et fondée sur la surveillance, la dépendance aux stupéfiants et les menaces — a choqué l’opinion publique suédoise. L’affaire soulève aussi la question du seuil juridique entre participation contrainte et participation consentie dans le travail du sexe sous emprise psychologique. Selon RFI, cette affaire suscite une vive émotion en Suède, où la prostitution et les violences faites aux femmes sont décrites comme des sujets extrêmement sensibles.

Dates clés dans l’affaire suédoise: — ; — ; — ; — ; —

Mentioned People

  • Gisèle Pelicot — Francuska kobieta, która w 2024 roku stała się ikoną feminizmu po zrzeczeniu się anonimowości jako ofiara w sprawie zbiorowego gwałtu
  • Nina Larsson — Szwedzka minister ds. równości płci, która potępiła doniesienia
  • Silvia Ingolfsdottir — Prawniczka reprezentująca ofiarę w szwedzkiej sprawie
  • Ida Annerstedt — Szwedzka prokurator prowadząca sprawę przeciwko 62-letniemu podejrzanemu

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