À l'occasion du troisième anniversaire du début de la guerre civile, une conférence internationale des donateurs s'est tenue à Berlin les 15 et 16 avril 2026. Plus de 60 pays se sont réunis au ministère fédéral des Affaires étrangères pour répondre à l'urgence humanitaire.

Collecte de fonds record à Berlin

La conférence a permis de recueillir 1,5 milliard d'euros, dépassant la collecte de l'année précédente à Londres mais restant en deçà des besoins estimés à 3 milliards.

Changement de stratégie diplomatique

Les factions militaires ont été exclues au profit d'une large représentation de la société civile soudanaise pour favoriser une issue politique.

Tensions budgétaires occidentales

Malgré les promesses, l'Allemagne et les États-Unis subissent des critiques pour la réduction sensible de leurs propres budgets de développement.

Une conférence internationale des donateurs pour le Soudan, organisée à Berlin les 15 et 16 avril 2026, a permis de recueillir environ 1,5 milliard d'euros de promesses d'aide humanitaire. Des ministres de plus de 60 pays se sont réunis au ministère fédéral des Affaires étrangères à l'occasion du troisième anniversaire du début de la guerre civile. Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, a qualifié ce résultat de signal positif dans un « monde aux ressources humanitaires de plus en plus limitées », tandis qu'Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a déploré un « jalon tragique » et exigé la fin de ce « cauchemar ». La conférence était co-organisée par l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, l'Union européenne et l'Union africaine. L'Allemagne a elle-même promis 212 millions d'euros supplémentaires pour l'aide humanitaire d'urgence, ainsi qu'environ 20 millions d'euros pour des projets de développement à plus long terme. Ces engagements dépassent le milliard d'euros collecté lors de la précédente conférence à Londres, bien qu'ils restent inférieurs aux trois milliards de dollars jugés nécessaires par les experts pour l'année 2026.

Société civile au premier plan et exclusion des belligérants Pour la troisième fois consécutive — après les conférences de Paris en 2024 et de Londres en 2025 — les deux factions en conflit ont été délibérément exclues du rassemblement de Berlin. Les Forces armées soudanaises et le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide n'ont pas été invités à Berlin, une décision présentée par les organisateurs comme un choix diplomatique délibéré. La particularité de Berlin résidait dans l'intégration explicite de représentants de la société civile soudanaise aux cycles de discussion formels : environ 60 des 120 délégations participantes en étaient issues. Les organisateurs ont fait valoir que les efforts de paix s'étaient jusqu'ici trop concentrés sur les acteurs militaires, et qu'une approche centrée sur les civils était indispensable. Malgré les appels à un cessez-le-feu humanitaire immédiat, aucun accord n'a été conclu entre les belligérants. Selon des informations du quotidien ZEIT ONLINE, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis auraient bloqué une déclaration commune lors de la conférence, sur fond de luttes d'influence régionales.

La guerre civile au Soudan a éclaté le 15 avril 2023, suite à l'échec d'un fragile accord de partage du pouvoir entre les SAF et les RSF, établi après la révolution de 2019 ayant renversé Omar al-Bachir. Les deux factions avaient conjointement évincé le gouvernement civil de transition en 2021 avant de s'affronter. Malgré des tentatives de médiation préoces à Djeddah, en Arabie saoudite, dès mai 2023, aucun terrain d'entente n'a été trouvé. Les pourparlers ultérieurs à Genève, au Caire et à Addis-Abeba ont également échoué. Un groupe de négociation nommé le Quad — composé des États-Unis, de l'Égypte, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis — n'est pas non plus parvenu à mettre fin au conflit.

Plus de 33 millions de personnes dans le besoin L'ampleur de la catastrophe humanitaire au Soudan en fait, selon plusieurs organisations internationales, la crise la plus grave au monde. Environ 150 000 personnes ont perdu la vie depuis le début du conflit d'après la Deutsche Welle, et le nombre de déplacés est estimé entre 12 et 15 millions de personnes, soit près d'un Soudanais sur quatre. Plus de 33 millions de personnes à l'intérieur du pays nécessitent une aide humanitaire, et plus de 20 millions souffrent de faim aiguë. Le chancelier allemand Friedrich Merz, qui s'est entretenu avec Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'Union africaine, à la veille du sommet, a souligné que la crise alimentaire touchait « près de la moitié de la population du pays ». L'ONU a précisé qu'au moment de la conférence, seulement 16 % du financement humanitaire requis pour 2026 avait été garanti.

„« Ce cauchemar doit cesser. »” — Antonio Guterres via Handelsblatt

„« La plus grande catastrophe humanitaire d'origine humaine au monde se déroule actuellement au Soudan. »” — Johann Wadephul via newsORF.at

16 (pour cent) — Part du financement de l'aide pour 2026 garantie avant la conférence

Réduction des budgets d'aide en Allemagne malgré l'accueil du sommet La conférence de Berlin a mis en lumière une contradiction dans la politique humanitaire occidentale : les pays donateurs appellent à intensifier l'aide tout en réduisant leurs propres budgets de développement. L'Allemagne a réduit de moitié son budget d'aide humanitaire depuis 2025. L'an dernier, elle n'a consacré que 0,56 % de son produit intérieur brut à la coopération au développement, manquant l'objectif international de 0,7 % fixé par l'Organisation de coopération et de développement économiques. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, se sont retirés de la quasi-totalité des projets d'aide au développement. Johann Wadephul a également critiqué la Chine pour son absence d'initiative en faveur de telles conférences de donateurs. Hermann Gröhe, président de la Croix-Rouge allemande, a averti que la baisse des fonds fédéraux forçait son organisation à restreindre ses opérations au Soudan. Reem Alabali-Radovan, ministre du Développement depuis mai 2025, a toutefois réaffirmé l'impératif moral de cette conférence.

„« Nous ne devons pas oublier le peuple soudanais. »” — Reem Alabali-Radovan via Bayerischer Rundfunk

Johann Wadephul a admis ce paradoxe auprès de la Deutschlandfunk, déclarant que l'appel à plus de fonds alors que les budgets nationaux sont coupés « ne semble évidemment pas cohérent ». Il prévoit d'aborder la question avec le ministre des Finances, Lars Klingbeil, lors des discussions sur le budget fédéral 2027. Les flux d'aide mondiale vers le Soudan ont déjà diminué : après 2,07 milliards de dollars en 2024, les dons n'étaient plus que de 1,77 milliard en 2025, soit environ 40 % des besoins réels selon les experts cités par la Deutsche Welle.

2024: 2.07, 2025: 1.77

Mentioned People

  • Friedrich Merz — Kanclerz Federalny Republiki Federalnej Niemiec od 6 maja 2025 roku
  • Johann Wadephul — Federalny Minister Spraw Zagranicznych w kabinecie Merza od 6 maja 2025 roku
  • Reem Alabali-Radovan — Federalna Minister Współpracy Gospodarczej i Rozwoju w kabinecie Merza od maja 2025 roku
  • Antonio Guterres — Sekretarz Generalny Organizacji Narodów Zjednoczonych
  • Hermann Gröhe — Prezes Niemieckiego Czerwonego Krzyża (DRK) i były federalny minister zdrowia
  • Mahamud Ali Youssuf — Przewodniczący Unii Afrykańskiej
  • Abdel Fattah al-Burhan — Generał i dowódca Sudańskich Sił Zbrojnych (SAF)
  • Mohamed Hamdan Dagalo — Generał i dowódca paramilitarnych Sił Szybkiego Wsparcia (RSF)

Sources: 18 articles