Le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, a reçu mardi 14 avril 2026 le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez au Grand Palais du Peuple. Lors de cette quatrième visite en trois ans, les deux dirigeants ont officialisé le rehaussement de leur relation au rang de « dialogue stratégique ».
Renforcement diplomatique
Élévation de la relation bilatérale au rang de « dialogue stratégique », le niveau de partenariat le plus haut pour Pékin.
Accords économiques
Signature de 19 accords bilatéraux, dont 10 axés sur le commerce, l'énergie renouvelable et l'innovation industrielle.
Médiation européenne
Pedro Sánchez positionne l'Espagne comme un pont stratégique indispensable entre la Chine et l'Union européenne.
Controverse politique
L'opposition espagnole, menée par le Parti Populaire, critique un rapprochement jugé excessif avec un régime autoritaire.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a rencontré le président chinois Xi Jinping au Grand Palais du Peuple à Pékin, le mardi 14 avril 2026. Les deux dirigeants ont appelé à s'opposer à ce qu'ils ont qualifié de retour à la « loi de la jungle » dans les relations internationales. La rencontre, qui a duré environ une heure et s'est poursuivie par un banquet, marque le quatrième déplacement de Pedro Sánchez en Chine en un peu plus de trois ans, et son premier en visite officielle d'État. Les deux nations ont convenu d'élever leurs relations bilatérales au rang de dialogue stratégique, le niveau d'engagement le plus élevé proposé par Pékin à ses partenaires privilégiés. L'Espagne et la Chine ont également signé 19 accords au cours de la visite, dont 10 portent sur des dossiers économiques tels que le commerce, les énergies renouvelables et l'économie dite intelligente.
19 (accords) — Nombre total d'accords signés lors de la visite de Sánchez à Pékin
Xi Jinping présente le désordre mondial comme un conflit entre justice et force Xi Jinping a ouvert la séance en employant des termes forts pour décrire la situation internationale actuelle. „Le monde d'aujourd'hui est en plein bouleversement, pris dans un différend entre la justice et la puissance.” — Xi Jinping via CCTV Selon la chaîne d'État CCTV, il a soutenu que la Chine et l'Espagne sont deux nations qui « défendent la justice » et doivent « coopérer étroitement pour affronter la régression du monde vers la loi de la jungle ». Le président chinois a précisé à son homologue que la manière dont un pays traite le droit international « reflète sa vision du monde, sa conception de l'ordre, ses valeurs et son sens des responsabilités ». Saluant une Espagne agissant avec « rectitude morale », il a affirmé que les deux pays étaient « déterminés à se placer du bon côté de l'histoire ». Xi Jinping a souligné que leurs relations « progressent de manière constante », apportant ainsi une « certaine stabilité aux rapports entre la Chine et l'Union européenne ». Le même jour, le président chinois a également reçu Khaled ben Mohamed ben Zayed Al Nahyane, prince héritier d'Abou Dabi, à qui il a proposé un plan de paix en quatre points pour le Moyen-Orient, fondé sur la coexistence pacifique, le respect de la souveraineté, la défense du droit international et la coordination entre sécurité et développement.
L'Espagne se pose en médiatrice entre Pékin et Bruxelles Pedro Sánchez a profité de ce déplacement pour promouvoir la stratégie définie par ses services à La Moncloa, consistant à présenter l'Espagne comme un pont entre la Chine et l'Union européenne dans un contexte de tensions mondiales. „Nul ne peut être offensé par cette visite.” — Pedro Sánchez via El País Il a qualifié la Chine d'interlocuteur indispensable pour apaiser les tensions au Moyen-Orient et dans le détroit d'Ormuz, estimant qu'il était « très difficile de trouver d'autres partenaires capables de dénouer cette situation ». Le Premier ministre a également exhorté Pékin à s'impliquer davantage dans la résolution du conflit ukrainien, encourageant la Chine à « continuer de contribuer activement à la réforme » du système de gouvernance multilatéral. En conférence de presse, il a soutenu que « la Chine devrait voir l'Europe comme elle voit l'Espagne : une terre d'investissement et un partenaire avec lequel lancer des projets industriels ». L'importance économique de la visite a été illustrée par l'organisation de deux banquets officiels — l'un présidé par Xi Jinping, l'autre par le Premier ministre Li Qiang — et par la présence d'une demi-douzaine de ministres chinois, interprétée par les diplomates comme un signe de déférence inhabituel. Cinq des 19 accords signés facilitent l'accès des produits agroalimentaires espagnols au marché chinois, tandis que quatre visent à soutenir les exportations espagnoles.
L'Espagne et la Chine ont établi des relations diplomatiques en 1973. Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, Pedro Sánchez mène une politique d'engagement actif avec Pékin pour diversifier les échanges commerciaux de l'Espagne et accroître son influence géopolitique au sein de l'UE. Ce voyage intervient alors qu'une opération militaire sino-israélienne contre l'Iran, entamée fin février 2026, perturbe le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. L'Espagne critique régulièrement les actions unilatérales, y compris la campagne israélienne à Gaza.
Critiques de l'opposition espagnole face au rapprochement avec Pékin En Espagne, ce déplacement suscite de vives critiques de la part de l'opposition qui conteste la pertinence d'un tel rapprochement. Cristina Cifuentes, ancienne présidente de la Communauté de Madrid et membre du Parti Populaire, a exprimé ses réserves dans l'émission télévisée « Todo es mentira ». „Il faut du courage pour aller parler de droit international en Chine, une dictature où les droits de l'homme ne sont pas respectés.” — Cristina Cifuentes via ABC Tu Diario en Español Si elle admet que les relations économiques ne doivent pas être rompues, elle estime que la fréquence et le ton des visites de Pedro Sánchez s'apparentent à un soutien politique inapproprié. Elle a également remis en cause le bilan économique, affirmant que le déficit commercial de l'Espagne avec la Chine s'est creusé sous le mandat actuel. Des médias conservateurs comme El Mundo et ABC ont publié des éditoriaux dénonçant une forme de capitulation devant un régime autoritaire. Pedro Sánchez a toutefois écarté les inquiétudes concernant la réaction de Washington, précisant avoir discuté avec Xi Jinping de la « situation grave » au Moyen-Orient et en Ukraine, et affirmant que l'intérêt de l'Espagne résidait dans le respect par tous d'un ordre international fondé sur des règles.
Mentioned People
- Pedro Sánchez — Premier Hiszpanii od 2018 roku i sekretarz generalny Hiszpańskiej Socjalistycznej Partii Robotniczej (PSOE)
- Xi Jinping — Sekretarz generalny Komunistycznej Partii Chin i przewodniczący ChRL od 2013 roku
- Khaled bin Mohamed Al Nahyan — Następca tronu Abu Zabi od marca 2023 roku
- Cristina Cifuentes — Była prezydent Wspólnoty Madrytu w latach 2015–2018
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
Sources: 22 articles
- Pedro Sánchez, peón útil de China (EL MUNDO)
- ¿China como ejemplo de rectitud moral? (EL MUNDO)
- Pekín atribuye a Sánchez el apoyo en secreto a la anexión de Taiwán (EL MUNDO)
- Xi Jinping alerta contra a "lei da selva" e propõe quatro pontos para a paz no Médio Oriente (SAPO)
- Xi despliega todos sus encantos con Sánchez: dos banquetes, media docena de ministros y juntos frente a Trump en el "lado bueno de la historia" (EL MUNDO)
- Xi diz que Espanha está "do lado certo da História" em visita de Sánchez a Pequim (Publico)
- Sánchez, en el lado correcto de la dictadura china (ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL)
- Cristina Cifuentes dice lo que muchos piensan de los viajes de Pedro Sánchez a China: "Hace falta tener valor" (ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL)
- El lado chino de la historia (EL MUNDO)
- Xi Jinping afirma que Espanha e China estão do "lado certo da história" (SAPO)