Les alliés européens de l’OTAN et le Canada ont accru leurs dépenses de défense de 20 % en termes réels en 2025 par rapport à 2024, selon le rapport annuel publié jeudi par Mark Rutte. Pour la première fois, leurs dépenses cumulées ont dépassé 574 milliards de dollars. Le document confirme aussi qu’en 2025, les 32 États membres ont atteint ou dépassé l’objectif de 2 % du PIB fixé en 2014.

Un record collectif pour les alliés européens et le Canada

Les dépenses cumulées ont atteint 574 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 20 % en termes réels par rapport à 2024.

Les 32 membres de l’OTAN atteignent le seuil de 2 %

Pour la première fois depuis la fixation de l’objectif en 2014, tous les États membres ont rempli ou dépassé le seuil de 2 % du PIB.

La Pologne mène l’Alliance

Avec 4,3 % du PIB consacrés à la défense, la Pologne devance la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie et les États-Unis en part du PIB.

La part américaine recule

Les États-Unis restent le premier contributeur en valeur absolue, mais leur part des dépenses totales de l’OTAN est tombée à environ 59 à 60 %.

Trump relance la pression sur les alliés

Le président américain a reproché aux pays de l’OTAN de n’avoir « absolument rien » fait pour aider sur l’Iran.

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a publié jeudi son rapport annuel 2025, qui montre que les alliés européens et le Canada ont augmenté leurs dépenses de défense de 20 % en termes réels par rapport à 2024, pour atteindre un total cumulé de 574 milliards de dollars — la première fois que les membres européens et canadiens de l’OTAN franchissent ensemble le seuil des 500 milliards de dollars. Le rapport confirme aussi une étape historique : pour la première fois depuis que le seuil de 2 % du PIB a été fixé en 2014, les 32 États membres ont atteint ou dépassé cet objectif en 2025. Mark Rutte a profité de la publication du rapport pour appeler les alliés à maintenir leur dynamique avant le prochain sommet de l’Alliance, prévu les 7 et 8 juillet 2026 à Ankara, en Turquie.

„J’attends des Alliés, au prochain sommet de l’OTAN à Ankara, qu’ils montrent qu’ils suivent une trajectoire claire et crédible vers l’objectif des 5 %. Un lien transatlantique solide reste indispensable à une époque marquée par l’incertitude mondiale.” — Mark Rutte via Reuters

Le seuil de 2 % du PIB pour les dépenses de défense de l’OTAN a été fixé pour la première fois au sommet du pays de Galles en 2014, après l’annexion de la Crimée par la Russie. Entre 2014 et la fin de 2025, les alliés européens et le Canada ont plus que doublé leurs budgets annuels de défense en termes réels, soit une hausse de 106 %. Le sommet de juin 2025, à La Haye, a fixé un nouvel objectif plus ambitieux de 5 % du PIB d’ici à 2035, réparti entre 3,5 % pour les capacités militaires de base et 1,5 % pour des investissements plus larges dans la sécurité, notamment la cybersécurité et la protection des infrastructures.

La Pologne et les pays baltes dépassent déjà le nouveau seuil de 3,5 % Trois États membres de l’OTAN — la Pologne, la Lituanie et la Lettonie — avaient déjà dépassé en 2025 le nouvel objectif de 3,5 % du PIB consacré aux capacités militaires de base, avec plusieurs années d’avance sur l’échéance de 2035. La Pologne a été en tête de l’ensemble de l’Alliance avec des dépenses de défense représentant 4,3 % du PIB, suivie de la Lituanie à 4 %, de la Lettonie à 3,74 % et de l’Estonie à 3,42 %. Le Danemark et la Norvège ont aussi dépassé les États-Unis en proportion du PIB, avec respectivement 3,34 % et 3,2 %. À l’autre extrémité du classement, l’Espagne, le Portugal, le Canada, la Belgique et l’Albanie ont chacun consacré exactement 2 % de leur PIB à la défense, atteignant l’ancien seuil mais restant très en deçà de la nouvelle ambition. Le Luxembourg, la Belgique et la Slovénie ont enregistré les plus fortes hausses en valeur absolue sur un an, tandis que la Hongrie, la République tchèque et les États-Unis ont vu leurs budgets de défense reculer. La Roumanie a consacré en 2025 une part estimée à 2,21 % de son PIB, soit 8,4 milliards de dollars, à la défense, ce qui la plaçait au-dessus de la France, de l’Italie et de l’Espagne selon ce critère, d’après le rapport.

La part des États-Unis dans les dépenses de l’Alliance recule à mesure que les budgets européens augmentent Les États-Unis restent de très loin le premier contributeur unique aux dépenses de défense de l’OTAN en valeur absolue, avec un budget de 838 milliards de dollars en 2025, contre 850 milliards de dollars en 2024. Tandis que les budgets européens et canadien progressaient, la part des États-Unis dans les dépenses totales de défense de l’Alliance est passée de 64 % en 2024 à environ 59 à 60 % en 2025. En valeur absolue, les dépenses américaines restaient toutefois supérieures à la somme de celles de tous les autres membres de l’Alliance. L’ensemble de l’Alliance a consacré 2,77 % de son PIB à la défense en 2025, tandis que les membres européens et le Canada ont dépensé ensemble 2,33 % du PIB. Les dépenses de l’Europe et du Canada en grands équipements ont augmenté de 34 % sur un an, selon le rapport.

Part des dépenses de défense de l’OTAN des États-Unis: Budget de défense des États-Unis (before: $850 milliards (2024), after: $838 milliards (2025)); Part des États-Unis dans les dépenses totales de l’OTAN (before: 64 % (2024), after: ~59-60 % (2025)); Europe + Canada réunis (before: $480 milliards (2024), after: $574 milliards (2025))

Trump attaque les alliés au sujet de l’Iran malgré la hausse des budgets européens Malgré cette hausse record des dépenses de défense en Europe, le président américain Donald Trump a durci jeudi ses critiques à l’égard des alliés de l’OTAN, le jour même de la publication du rapport. Donald Trump a écrit sur Truth Social que les pays de l’OTAN n’avaient « absolument rien » fait pour aider sur l’Iran, en référence à la campagne militaire en cours des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, lancée fin février 2026. Donald Trump demande à plusieurs reprises que les alliés européens assument la responsabilité principale de la défense conventionnelle du continent, une ligne que son administration maintient depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. Dans son rapport, Mark Rutte a lui-même reconnu le déséquilibre ancien, en estimant que les pays européens et le Canada avaient trop longtemps trop compté sur la puissance militaire américaine, tout en jugeant que l’état d’esprit avait profondément changé. La prochaine occasion pour les alliés de démontrer cette évolution interviendra au sommet d’Ankara en juillet 2026, où Mark Rutte dit attendre des alliés qu’ils présentent des plans crédibles pour atteindre l’objectif de 5 %.

574 (billion USD) — Dépenses de défense de l’OTAN par l’Europe et le Canada en 2025

Mentioned People

  • Mark Rutte — 14. sekretarz generalny NATO od października 2024 roku
  • Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych

Sources: 15 articles