Keir Starmer a autorisé le 25 mars 2026 l’armée et les forces de l’ordre à monter à bord de pétroliers russes de la flotte fantôme et à les saisir dans les eaux territoriales britanniques. Cette décision marque un net durcissement de la pression européenne sur les revenus pétroliers de Moscou, alors que Londres veut aussi coordonner davantage ses partenaires avant un sommet à Helsinki.
Autorisation d’arraisonner en mer
Keir Starmer a donné le feu vert à l’armée et aux forces de l’ordre pour monter à bord de navires sanctionnés et les saisir dans les eaux britanniques, y compris la Manche.
Objectif : tarir les revenus pétroliers russes
Londres présente cette mesure comme une réponse à la hausse des prix du pétrole et au financement de la guerre menée par Vladimir Poutine en Ukraine.
Coordination attendue à Helsinki
Le Royaume-Uni veut pousser ses alliés à mieux coordonner les interceptions lors du sommet de la Joint Expeditionary Force.
Réaction russe et risques en mer
Nikolaï Patrouchev a parlé de « piraterie » et évoqué une possible protection militaire des navires russes, ce qui accroît le risque d’incidents navals.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a autorisé, le 25 mars 2026, l’armée et les forces de l’ordre à monter à bord de pétroliers russes de la flotte fantôme et à les saisir dans les eaux territoriales britanniques, dans un durcissement notable de la pression européenne sur les recettes pétrolières de Moscou. Les nouveaux pouvoirs s’appliquent aux navires déjà sanctionnés par le Royaume-Uni qui transitent dans les eaux britanniques, y compris la Manche. M. Starmer a présenté cette décision comme une réponse directe à la hausse des prix mondiaux du pétrole alimentée par la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, estimant que le président russe Vladimir Poutine profitait de cette situation. L’annonce est intervenue un jour avant que M. Starmer ne se rende au sommet de la Joint Expeditionary Force à Helsinki, le 26 mars, où le Royaume-Uni devait plaider pour une meilleure coordination alliée sur les interceptions de navires de la flotte fantôme.
„C’est pourquoi nous allons encore plus loin contre sa flotte fantôme, en assurant non seulement la sécurité du Royaume-Uni, mais aussi en privant la machine de guerre de Poutine des profits sales qui financent sa campagne barbare en Ukraine.” — Keir Starmer via Reuters
544 (vessels) — navires de la flotte fantôme russe sanctionnés par le Royaume-Uni
La flotte fantôme russe est devenue un instrument majeur de contournement des sanctions après les restrictions occidentales imposées à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022. Ces navires battent généralement pavillon étranger et présentent des structures de propriété opaques, ce qui suscite des inquiétudes non seulement sur le respect des sanctions, mais aussi sur les risques environnementaux liés à des tankers vieillissants, peu régulés et exposés aux fuites comme aux pannes mécaniques. Des alliés européens, dont la Finlande, la Suède, l’Estonie, la Belgique et la France, ont mené une série d’opérations d’interception contre des navires soupçonnés d’appartenir à la flotte fantôme dans la mer Baltique et en Méditerranée dans les mois ayant précédé l’annonce britannique. La base juridique des opérations d’arraisonnement britanniques a été identifiée en janvier 2026 par des juristes du gouvernement comme étant le Sanctions and Anti-Money Laundering Act de 2018.
Le Special Boat Service entraîné à des scénarios avec équipages armés Selon des informations rapportées par la BBC et citées par la Berliner Zeitung, les forces spéciales et les services de police britanniques ont déjà achevé leur entraînement pour ces nouvelles opérations. Le Special Boat Service et les Royal Marines se sont préparés à plusieurs scénarios, notamment à des rencontres avec des équipages armés et avec des navires équipés de systèmes de surveillance de haute technologie pour échapper à la capture. Downing Street a indiqué que chaque opération devra obtenir une validation préalable du gouvernement et faire l’objet d’un examen par des spécialistes du droit, des affaires militaires et des marchés de l’énergie avant toute autorisation ministérielle. Une fois un navire arraisonné, des poursuites pénales pourront être engagées contre les propriétaires, les exploitants et l’équipage pour violation de la législation britannique sur les sanctions. La Royal Navy avait jusque-là aidé ses alliés à surveiller et suivre des navires de la flotte fantôme, mais n’avait encore arraisonné aucun bâtiment. Des militaires britanniques ont également participé à une opération conduite par les États-Unis pour saisir le tanker Bella 1, aussi appelé Marinera, dans l’Atlantique Nord en janvier 2026. La marine française, avec l’appui britannique, a récemment immobilisé un tanker soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme en mer Méditerranée et l’a dérouté vers le port de Marseille-Fos.
Les recettes pétrolières saisies pourraient être versées à l’Ukraine Le secrétaire d’État à la défense John Healey avait auparavant évoqué le recours à des « options militaires » contre la flotte fantôme et suggéré que les recettes tirées du pétrole confisqué puissent être transférées à l’Ukraine. Le gouvernement britannique estime qu’environ 75 (percent) — la part du pétrole brut russe transportée par des navires de la flotte fantôme passe par ces bâtiments, ce qui souligne l’importance stratégique des opérations d’interception. Avec la nouvelle politique, les exploitants de navires sanctionnés devront choisir entre des routes plus longues et plus coûteuses ou le risque d’être retenus par les forces britanniques dans la Manche. L’annonce est intervenue alors que les États-Unis compliquaient la pression alliée sur la Russie en accordant une dérogation de 30 jours permettant aux pays d’acheter des produits russes sanctionnés actuellement bloqués en mer, une mesure destinée à stabiliser les marchés de l’énergie perturbés par le conflit en Iran. Des alliés européens, dont la Finlande, la Suède et l’Estonie, avaient déjà mené des opérations contre des navires soupçonnés d’appartenir à la flotte fantôme dans la mer Baltique, et la décision britannique vise à combler une brèche restante dans le dispositif allié. Le sommet de la JEF à Helsinki devait servir de cadre à la coordination d’une stratégie plus unifiée au sein de cette alliance de dix pays.
La Russie menace de riposter en mer et parle de « piraterie » La Russie a réagi vivement à l’autorisation britannique. Nikolaï Patrouchev, présenté dans les articles sources comme le chef du conseil maritime russe et ancien directeur du FSB, a qualifié les actions occidentales de « piraterie » et averti que la marine russe pourrait être déployée pour protéger les navires liés à la Russie. Cette mise en garde a fait naître la perspective d’incidents directs en mer entre forces navales russes et occidentales. Les navires de la flotte fantôme sont aussi soupçonnés d’être impliqués dans des opérations hybrides contre des infrastructures occidentales, notamment dans des dommages causés à des câbles sous-marins en mer Baltique, ce qui ajoute une dimension sécuritaire au-delà de l’application des sanctions. Les structures opaques de propriété de ces navires signifient également que l’établissement de la juridiction et des responsabilités juridiques pour d’éventuelles poursuites pénales représente un défi complexe pour les autorités britanniques. La décision du Royaume-Uni constitue néanmoins l’usage le plus direct de la force militaire jamais autorisé par un gouvernement occidental spécifiquement pour faire respecter les sanctions pétrolières contre la Russie, et elle a suscité une attention internationale immédiate à la veille du sommet d’Helsinki.
Mentioned People
- Keir Starmer — Brytyjski polityk i prawnik, premier Wielkiej Brytanii od 2024 roku
- John Healey — Brytyjski polityk, minister obrony od lipca 2024 roku
- Nikolai Patrushev — Rosyjski polityk, funkcjonariusz służb i były oficer wywiadu; szef rosyjskiej rady morskiej
Sources: 20 articles
- Entscheidung von Keir Starmer: Großbritannien will Wladimir Putins Schattenflotte abfangen (Spiegel Online)
- Starmer: Militär darf Tanker der russischen Schattenflotte festsetzen (Berliner Zeitung)
- "Flota cieni" pod ostrzałem. Londyn szykuje radykalne ruchy (Rzeczpospolita)
- Британия разрешила военным задерживать суда "теневого флота" (Deutsche Welle)
- Flotte fantôme russe : le Royaume-Uni durcit le ton en autorisant l'interception de certains navires (LesEchos.fr)
- Putins Schattenflotte: London erlaubt der Marine, sanktionierte Schiffe zu entern (Der Tagesspiegel)
- Londra dă undă verde confiscării navelor rusești sancționate: "Vladimir Putin își freacă mâinile" (Ziare.com)
- Mișcare fără precedent: armata britanică poate opri și confisca navele flotei fantomă a Rusiei în Canalul Mânecii, lovind transporturile de petrol (adevarul.ro)
- Starmer gives green light for UK forces to intercept Putin's shadow fleet (POLITICO)
- Британия заявила, что будет задерживать суда российского "теневого флота" в своих водах - BBC News Русская служба (BBC)