Initialement invitée, l’Afrique du Sud a finalement été exclue du sommet du G7 de juin 2026 à Évian, en France. Pretoria a d’abord imputé ce revirement à des pressions américaines sur Paris, avant que Cyril Ramaphosa ne nuance cette version quelques heures plus tard. L’épisode met en lumière les tensions entre Pretoria et Washington, tandis que la raison exacte de cette exclusion reste officiellement floue.
Une invitation retirée au dernier moment
L’Afrique du Sud a d’abord été invitée au sommet du G7 de juin 2026 à Évian, puis exclue sans explication définitivement établie.
Des versions contradictoires à Pretoria
Vincent Magwenya a évoqué des menaces de boycott américaines, mais Cyril Ramaphosa a ensuite dit ne pas avoir connaissance d’une quelconque pression.
Paris et Washington rejettent toute responsabilité
Jean-Noël Barrot et un responsable américain ont chacun nié avoir cédé à une demande d’exclusion de l’Afrique du Sud.
Un contexte de tensions plus larges
Les relations entre Donald Trump et Pretoria sont déjà marquées par les droits de douane, Gaza et le boycott du G20 de Johannesburg.
L’Afrique du Sud a été exclue du sommet du G7 de juin 2026 à Évian, en France, après avoir pourtant reçu une invitation dans un premier temps. Le porte-parole de Pretoria a d’abord expliqué ce revirement par des pressions exercées par les États-Unis sur Paris, avant que le président Cyril Ramaphosa ne revienne sur cette affirmation quelques heures plus tard.
Vincent Magwenya, porte-parole de la présidence sud-africaine, a déclaré à l’AFP que Ramaphosa n’était plus invité en raison de menaces de boycott venues de Washington et relayées par Paris. „On nous dit que les Américains ont menacé de boycotter le G7 si l’Afrique du Sud était invitée.” — Vincent Magwenya via AFP Plus tard, Ramaphosa a lui-même indiqué que, à sa connaissance, il n’y avait eu aucune pression de quelque pays que ce soit, qu’il s’agisse des États-Unis ou d’un autre État. L’affaire a révélé une forte divergence entre Pretoria et Washington, tout en laissant formellement sans réponse le motif précis de l’exclusion sud-africaine.
Paris et Washington démentent tous deux avoir exercé des pressions Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a démenti toute capitulation face à des pressions et a assuré que Paris avait choisi un « G7 resserré » en décidant d’inviter le Kenya à la place. Selon lui, la présence kényane s’inscrivait aussi dans la préparation du grand sommet africain de la France, intitulé Africa Forward, prévu en mai 2026 à Nairobi. Un responsable du département d’État américain, Nick Checker, a pour sa part affirmé séparément que les États-Unis n’avaient « pas demandé aux Français d’exclure l’Afrique du Sud du sommet du G7 ». Un porte-parole diplomatique américain a ajouté qu’en tant que présidence du G7, il revenait à la France de décider qui elle souhaitait inviter. Alors que les deux gouvernements rejetaient toute responsabilité, la chaîne exacte des événements ayant conduit au désinvitation de l’Afrique du Sud restait contestée. Dans une autre déclaration, Magwenya a estimé que les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’Afrique du Sud existaient avant l’administration Trump et survivraient au mandat actuel de la Maison Blanche.
Les affrontements répétés de Trump avec Pretoria servent de toile de fond Le G7 élargit régulièrement ses travaux à des États non membres invités. L’Afrique du Sud a été invitée au G7 organisé par le Canada en 2025. Selon la présidence sud-africaine, c’est le président français Emmanuel Macron qui a personnellement invité Ramaphosa à participer au G7 lors du sommet du G20 tenu à Johannesburg en novembre 2025. Les États-Unis assurent la présidence tournante du G20 en 2026. Les relations entre Washington et Pretoria se sont dégradées sur plusieurs plans depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Trump a imposé des 30 (percent) — droits de douane de 30 % sur la plupart des exportations sud-africaines, le taux le plus élevé en Afrique subsaharienne sur la plupart des exportations sud-africaines, soit le niveau le plus élevé appliqué à un pays d’Afrique subsaharienne, même si la Cour suprême américaine a ensuite annulé cette politique tarifaire. Trump a boycotté le sommet du G20 tenu à Johannesburg en novembre 2025 et a depuis écarté l’Afrique du Sud des travaux du groupe, dont Washington assure la présidence tournante en 2026. L’administration Trump s’est aussi opposée à Pretoria au sujet de la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre l’allié américain Israël devant la Cour internationale de justice à propos de la guerre à Gaza. Trump a en outre tenu des propos contestés affirmant que des Afrikaners blancs en Afrique du Sud étaient persécutés, une accusation rejetée par le gouvernement sud-africain.
Le revirement sur l’invitation irrite Pretoria, qui rappelle l’engagement personnel de Macron Le gouvernement sud-africain a souligné que Macron avait lui-même adressé l’invitation au G7 à Ramaphosa en marge du G20 de Johannesburg, ce qui donne à ce retrait ultérieur une portée particulière. Le sommet du G7 est prévu en juin 2026 à Évian-les-Bains, station thermale alpine française. La liste élargie des invités cette année comprend le Brésil, l’Inde et la Corée du Sud, mais plus l’Afrique du Sud. L’épisode montre que les tensions bilatérales entre Washington et Pretoria commencent à peser sur la place de l’Afrique du Sud dans les enceintes multilatérales au-delà du G20. La décision de Ramaphosa de contredire publiquement la version de son propre porte-parole a ajouté une part inhabituelle d’ambiguïté à un épisode déjà diplomatiquement sensible, laissant ouverte la question des échanges qui ont réellement eu lieu entre Paris et Washington au sujet de la participation sud-africaine.
Mentioned People
- Cyril Ramaphosa — Prezydent Republiki Południowej Afryki od 2018 roku
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
- Jean-Noël Barrot — Francuski minister do spraw Europy i spraw zagranicznych
- Vincent Magwenya — Rzecznik prezydencji Republiki Południowej Afryki
- Nick Checker — Urzędnik amerykańskiego Departamentu Stanu
Sources: 2 articles
- South Africa excluded from G7 summit due to boycott threats from US (France 24)
- L'Afrique du Sud, d'abord invitée, a été écartée du G7 prévu en juin en France (France 24)
- France denies disinviting South Africa from G7 Summit due to US pressure (TheJournal.ie)
- L'Afrique du Sud d'abord invitée puis écartée du G7 en France (Mediapart)
- Afrique du Sud écartée du G7: Paris n'a " cédé à aucune pression " (ministre) (Mediapart)
- França nega pressões e diz que optou por não convidar África do Sul para G7 (Notícias ao Minuto)
- Beziehungen seit einiger Zeit massiv angespannt: Südafrikas Präsident nach US-Druck von G7-Gipfel in Frankreich ausgeschlossen (N-tv)
- Afrique du Sud écartée du G7 à Evian : Pretoria accuse les États-Unis, Paris affirme n'avoir " cédé à aucune pression " (Le Parisien)
- Exclusão da África do Sul da cimeira do G7 em junho. França nega pressões (RTP - Rádio Televisão Portuguesa)
- L'Afrique du Sud assure ne pas être invitée au G7 en France après des pressions américaines (Le Monde.fr)