Lors d'une étape symbolique à Bamenda le jeudi 16 avril 2026, le souverain pontife a fermement condamné les dirigeants privilégiant l'armement au détriment de l'éducation. Cette déclaration intervient dans un climat de tension, alors que le premier pape américain de l'histoire fait face aux critiques réitérées de Donald Trump sur les réseaux sociaux.
Condamnation des « tyrans »
Léon XIV a fustigé les dirigeants mondiaux qui privilégient les budgets militaires aux besoins sociaux comme l'éducation et la santé.
Soutien à la zone anglophone
Le pape a qualifié les régions séparatistes du Cameroun de « terre ensanglantée mais fertile », appelant à la fin de la violence.
Fermeté face au pouvoir camerounais
Le souverain pontife a exhorté le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, à lutter contre la corruption et à respecter l'État de droit.
Le pape Léon XIV, premier souverain pontife originaire des États-Unis, a livré un réquisitoire vigoureux contre les dirigeants mondiaux lors d'une visite à Bamenda, au Cameroun, ce jeudi 16 avril 2026. Il a affirmé que le monde était « détruit par une poignée de tyrans » dépensant des milliards dans la guerre tout en délaissant l'éducation et la santé. Ces propos, tenus lors de la deuxième étape d'une tournée africaine de onze jours, ont été largement perçus comme une réponse aux attaques répétées du président américain Donald Trump ces derniers jours. S'exprimant à la cathédrale Saint-Joseph de Bamenda, Léon XIV s'est adressé au cœur de la crise séparatiste anglophone, une région qu'il a qualifiée de « terre ensanglantée mais fertile ». Bien qu'il n'ait cité nommément aucun pays ni responsable politique, ses paroles ont pris une dimension particulière dans ce contexte diplomatique. „Le monde est détruit par une poignée de tyrans et soutenu par des myriades de frères et de sœurs solidaires.” — Pope Leo XIV via Reuters Le pontife a également mis en garde contre les dirigeants qui « détournent les religions et jusqu'au nom de Dieu à des fins militaires, économiques et politiques ».
Des milliards pour la guerre, rien pour les soins ou les écoles Le discours de Léon XIV à Bamenda s'est appuyé sur la détresse de la population locale pour élargir son propos aux priorités mondiales. Il a accusé des acteurs non identifiés de piller les ressources du sol pour réinvestir les profits dans l'armement, alimentant ce qu'il nomme « une spirale de déstabilisation et de mort sans fin ». „Ils font mine de ne pas voir que des milliards de dollars sont mobilisés pour tuer et dévaster, mais que l'on ne trouve pas les ressources nécessaires pour soigner, éduquer et élever les peuples.” — Pope Leo XIV via Courrier international Le pape a salué les efforts de paix conjoints des chrétiens et des musulmans de la région, érigeant leur coopération en modèle qu'il souhaiterait voir répliqué « en tant de lieux sur terre ». Arrivé à Bamenda en Papamobile blindée et sous escorte militaire, il a été accueilli par une foule agitant des drapeaux camerounais et du Vatican, vêtue de tenues traditionnelles à son effigie. Une messe réunissant des dizaines de milliers de fidèles était également prévue ce jeudi. Lundi, certains groupes armés avaient annoncé une trêve de trois jours dans les deux régions anglophones pour garantir la sécurité de la visite papale.
Un conflit ayant fait plus de 6 000 morts et 600 000 déplacés depuis 2017 Le conflit anglophone qui a mené Léon XIV à Bamenda puise ses racines dans les divisions de l'ère coloniale et des décennies de revendications politiques. Le Cameroun a été partagé entre les administrations britannique et française après la Première Guerre mondiale. Lors des indépendances en 1960-1961, les deux territoires se sont unis en un État fédéral, la partie francophone représentant environ 80 % du territoire et de la population. Les tensions se sont brusquement aggravées en 2016 lorsque le gouvernement a tenté d'imposer le français dans les écoles et les tribunaux des régions anglophones, déclenchant des manifestations violemment réprimées. Une rébellion séparatiste ouverte a débuté en 2017, réclamant la création d'un État indépendant nommé Ambazonie. Un dialogue national en 2019 a accordé un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais de nombreuses propositions n'ont jamais été appliquées. Selon l'ONU, le conflit a tué plus de 6 000 personnes et déplacé plus de 600 000 citoyens. Les groupes séparatistes et les forces de sécurité sont régulièrement accusés d'atrocités, les civils subissant extorsions, enlèvements contre rançon et assassinats. Les leaders séparatistes, dont beaucoup résident à l'étranger après avoir été placés sur liste noire par Yaoundé, compliquent les efforts de paix selon les analystes. En septembre 2024, la Norvège a inculpé Lucas Ayaba Cho, commandant des Forces de défense d'Ambazonie, pour incitation à des crimes contre l'humanité — une accusation qu'il conteste. En mars 2026, la Belgique a arrêté quatre personnes soupçonnées d'être des cadres séparatistes finançant le mouvement depuis le territoire belge.
Rencontre avec Paul Biya et appel contre la corruption La veille de son déplacement à Bamenda, Léon XIV s'est entretenu avec le président camerounais Paul Biya, 93 ans, au pouvoir depuis 1982. Le pape a prononcé un discours d'une fermeté rare devant les autorités, les appelant à « briser les chaînes de la corruption » et à respecter les droits de l'homme ainsi que l'État de droit. „Servons la paix ensemble.” — Pope Leo XIV via Courrier international Selon Watson.ch, environ 40 % des quelque 30 millions d'habitants du Cameroun vivent dans la pauvreté, tandis que l'opposition et la liberté de la presse y sont sévèrement entravées. Le groupe séparatiste Unity Warriors of Ambazonia a déclaré à l'AFP espérer que le pape ferait pression sur le gouvernement pour reprendre les négociations. La tournée africaine de Léon XIV, entamée en Algérie, doit se poursuivre dans quatre pays. Ses déclarations à Bamenda confirment que le premier pape américain n'entend pas infléchir ses positions sous la pression de Washington.
Chronologie de la crise anglophone et de la visite papale: — ; — ; — ; — ; —
Mentioned People
- Pope Leo XIV — głowa Kościoła katolickiego i suweren Państwa Watykańskiego
- Donald Trump — 47. prezydent Stanów Zjednoczonych
- Paul Biya — drugi prezydent Kamerunu, sprawujący urząd od 1982 roku
Sources: 30 articles
- Le Pape Léon XIV au Cameroun : il appelle à la paix et à l'unité - BBC News Afrique (BBC)
- Dans le Nord-Ouest du Cameroun, Léon XIV appelle à la paix et fustige "une spirale de déstabilisation et de mort" (RFI)
- Papst Leo legt mit Kritik nach - "Die Welt wird von wenigen Tyrannen zerstört" - WELT (DIE WELT)
- Au Cameroun, le pape Léon XIV dénonce "une poignée de tyrans" qui ravagent le monde (France 24)
- Léon XIV en messager de paix dans le nord-ouest anglophone du Cameroun (Courrier international)
- What to know about Cameroon's separatist violence that the pope seeks to end (The Independent)
- Cameroun anglophone : dans le nord-ouest " ensanglanté ", le pape fustige " une spirale de déstabilisation et de mort " (Mediapart)
- Papst schimpft über "Tyrannen" (Süddeutsche Zeitung)
- Papst: "Welt wird von Handvoll Tyrannen zerstört" - WELT (DIE WELT)
- Seitenhieb gegen Trump? Papst Leo: "Welt wird von Handvoll Tyrannen zerstört" (watson.ch/)