Le ministre italien de la défense, Guido Crosetto, a refusé aux États-Unis l’autorisation d’utiliser la base aérienne de Sigonella, en Sicile, pour des appareils à destination du Moyen-Orient. Cette décision, confirmée mardi par des sources informées à l’agence italienne ANSA, intervient dans un contexte de fortes tensions liées au conflit avec l’Iran. L’affaire a été portée à la connaissance des autorités italiennes alors que les avions étaient déjà en vol.

Un refus ordonné par Guido Crosetto

Le ministre italien de la défense a interdit aux avions américains d’atterrir à Sigonella avant un départ vers le Moyen-Orient.

Une décision liée au Parlement italien

Crosetto avait promis qu’une opération hors traité serait soumise aux chambres pour approbation.

Parallèle avec la crise de 1985

L’épisode rappelle le bras de fer de Sigonella entre Bettino Craxi et les États-Unis en octobre 1985.

L’Espagne a également refusé

Madrid a fermé son espace aérien à des appareils américains liés au conflit avec l’Iran et a résisté aux menaces de Donald Trump.

Un conflit régional plus large

Le dossier s’inscrit dans une guerre commencée le 28 février 2026 avec des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.

Le ministre italien de la défense, Guido Crosetto, a refusé aux États-Unis l’autorisation d’utiliser la base aérienne de Sigonella, en Sicile, pour des appareils à destination du Moyen-Orient, selon des sources informées confirmant mardi à l’agence italienne ANSA un épisode diplomatique important. Le refus est intervenu après que le chef d’état-major de la défense, Luciano Portolano, a été informé par l'État-major général de l’armée de l’air que plusieurs avions américains avaient déposé un plan de vol prévoyant des atterrissages à Sigonella puis un départ vers le Moyen-Orient. Le plan a été communiqué aux autorités italiennes alors que les appareils étaient déjà en vol, sans demande d’autorisation préalable et sans consultation de la hiérarchie militaire italienne. Les premières vérifications ont établi que ces vols n’étaient pas de nature normale ni logistique et qu’ils sortaient donc du champ du traité bilatéral existant qui encadre l’usage par les États-Unis des bases militaires situées sur le sol italien. Portolano, agissant sur ordre direct de Crosetto, a alors informé le commandement américain que les appareils ne pouvaient pas atterrir à Sigonella.

Un engagement devant le Parlement a pesé dans la décision de Crosetto Le refus s’appuyait sur un engagement pris auparavant par Crosetto devant le Parlement italien. Le ministre avait indiqué que toute opération non couverte par les traités en vigueur et nécessitant donc une autorisation distincte serait soumise aux chambres pour approbation. La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, et Crosetto avaient tous deux précisé, après le début de la guerre au Moyen-Orient, que les forces américaines pouvaient continuer à utiliser les bases italiennes pour des opérations normales conformément au traité bilatéral, mais que tout usage allant au-delà de ce cadre nécessiterait une autorisation parlementaire. Selon les articles sources, les appareils concernés portaient une désignation dite « caveat », ce qui signifiait qu’ils n’étaient pas autorisés à atterrir sur la base sauf en cas d’urgence. Le ministère italien de la défense n’avait pas précisé, mardi, la date exacte à laquelle l’incident s’était produit, les sources le décrivant seulement comme survenu « il y a quelques jours ».

„Le plan avait en réalité été communiqué alors que les appareils étaient déjà en vol” — Corriere della Sera via La Stampa

La base aérienne de Sigonella, en Sicile, constitue depuis des décennies un point central des relations militaires entre les États-Unis et l’Italie. Le précédent le plus marquant de tensions sur cette base remonte à octobre 1985, lorsque le président du Conseil de l’époque, Bettino Craxi, avait refusé de remettre à l’armée américaine, alors dirigée par Ronald Reagan, un commando palestinien après le détournement du paquebot Achille Lauro. Cet affrontement, au cours duquel des soldats italiens et américains s’étaient retrouvés face à face sur la piste, armes pointées, est devenu un épisode fondateur de la souveraineté italienne dans le cadre de l’alliance de l’OTAN. L’incident actuel a suscité des comparaisons avec cette crise de 1985, les deux épisodes étant séparés de 41 ans et impliquant, dans les deux cas, l’affirmation par l’Italie de son autorité sur l’usage de la base sicilienne face aux demandes américaines.

L’Espagne a fermé son espace aérien aux appareils de guerre américains, provoquant les menaces de Trump L’Italie n’est pas le seul allié de l’OTAN à avoir opposé un refus à des opérations militaires américaines liées au conflit avec l’Iran. Selon des informations rapportées par El País et citées dans les articles sources, le gouvernement espagnol a ordonné la fermeture de son espace aérien à tous les appareils américains participant à la guerre en Iran. Madrid est allée plus loin que Rome en refusant non seulement l’utilisation des bases aériennes espagnoles de Rota, dans la province de Cadix, et de Morón de la Frontera, dans la province de Séville, mais aussi le droit de survol aux chasseurs américains basés dans d’autres pays européens. Le refus espagnol a provoqué une confrontation directe avec le président américain Donald Trump, qui aurait menacé d’imposer un embargo commercial à l’Espagne. Madrid n’a pas infléchi sa position en réponse à ces menaces, selon les articles sources. Les décisions parallèles de l’Italie et de l’Espagne illustrent une tendance notable au sein des membres européens de l’OTAN à fixer des limites à leur participation à la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran.

Contexte de guerre en Iran : blocus, missiles et bras de fer nucléaire contesté Le conflit plus large à l’origine de l’incident de Sigonella a commencé le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont mené des frappes coordonnées contre le territoire iranien, selon les articles sources. L’Iran a ensuite lancé des attaques de missiles et de drones contre Israël, des bases américaines et des infrastructures dans plusieurs pays de la région, notamment en Arabie saoudite, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Koweït, au Liban, en Jordanie, à Oman et en Irak, comme l’a rapporté Notícias ao Minuto. L’Iran a aussi imposé un blocus du détroit d’Ormuz, par lequel passe un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, selon la même source. L’offensive américano-israélienne a été justifiée, d’après les articles sources, par le refus de l’Iran de transiger dans les négociations sur l’enrichissement de l’uranium dans le cadre de son programme nucléaire, que Téhéran dit destiné exclusivement à des fins civiles. Le refus italien de laisser Sigonella servir de point de transit ajoute une couche de complexité diplomatique aux difficultés de gestion de l’alliance auxquelles Washington est confronté au fil du conflit.

Mentioned People

  • Guido Crosetto — Minister obrony w rządzie Melonii od 22 października 2022 roku
  • Luciano Portolano — Szef Sztabu Generalnego Obrony od 4 października 2024 roku
  • Giorgia Meloni — Premier Włoch
  • Bettino Craxi — Były premier Włoch podczas kryzysu w Sigonelli w 1985 roku
  • Ronald Reagan — 40. prezydent Stanów Zjednoczonych

Sources: 10 articles