Un courtier de Morgan Stanley agissant pour le compte de Pete Hegseth aurait cherché à placer en février 2026 plusieurs millions de dollars dans un fonds de défense de BlackRock, selon le Financial Times. La demande est intervenue quelques semaines avant le début de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. Le Pentagone a démenti catégoriquement ces informations.

Une tentative d’investissement avant l’attaque contre l’Iran

Selon le Financial Times, un courtier de Morgan Stanley agissant pour Pete Hegseth a essayé en février 2026 de placer plusieurs millions de dollars dans un fonds de défense de BlackRock.

Démenti total du Pentagone

Sean Parnell a affirmé que ni Hegseth ni ses représentants n’avaient contacté BlackRock et a réclamé une rectification immédiate.

Un fonds en recul au moment des faits

Le fonds IDEF a perdu environ 13 % en mars 2026 après une hausse de 28 % sur l’année précédente, ce qui aurait transformé le placement en perte.

Un contexte plus large de soupçons financiers

L’affaire intervient alors que Reuters et le Financial Times ont relevé d’autres opérations de marché jugées inhabituelles avant des annonces de Donald Trump.

A Morgan Stanley broker acting on behalf of U.S. Secretary of Defense Pete Hegseth attempted to place a multimillion-dollar investment in a defense-sector fund managed by BlackRock in February 2026, weeks before the U.S. and Israeli attack on Iran began on February 28, the Financial Times reported on March 31, citing three people familiar with the matter. The broker contacted BlackRock to explore a multimillion-dollar position in the company's Defense Industrials Active ETF, identified by the ticker IDEF. The request, made on behalf of what BlackRock employees internally flagged as a high-profile potential client, was never executed because the fund was not yet available for purchase by Morgan Stanley clients at the time. The Pentagon, through chief spokesman Sean Parnell, flatly denied the account, calling it fabricated and demanding a retraction from the Financial Times.

Le Pentagone juge le récit « entièrement faux et inventé » Parnell a publié son démenti sur le réseau social X, affirmant que ni Hegseth ni aucun de ses représentants n’avaient contacté BlackRock au sujet d’un tel investissement. „Cette accusation est entièrement fausse et inventée. Ni le secrétaire Hegseth ni aucun de ses représentants n’ont contacté BlackRock au sujet d’un tel investissement. Il s’agit d’une nouvelle attaque sans fondement et malhonnête destinée à tromper le public” — Sean Parnell via Rzeczpospolita Parnell a aussi réclamé une rectification immédiate et a critiqué nommément les journalistes du Financial Times, qualifiant l’article de « ragot de niveau lycée » plutôt que de journalisme. BlackRock a refusé de commenter l’affaire et Morgan Stanley n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaire. Le Financial Times a reconnu qu’il n’était pas clair quelle autorité le courtier détenait pour prendre des décisions d’investissement au nom de Hegseth ni si Hegseth lui-même avait eu connaissance de sa démarche.

Le fonds a perdu 13 % en mars, un pari qui aurait tourné court Le fonds IDEF, d’une valeur d’environ 3.2 (milliards de dollars américains) — valeur totale de l’ETF de défense IDEF de BlackRock, détient des positions importantes dans les contractants de la défense RTX, Lockheed Martin, Northrop Grumman et dans la société d’analyse de données Palantir, toutes clientes majeures du département américain de la Défense. Après avoir progressé de 28 % sur l’année précédente, le fonds a reculé d’environ 13 % en mars 2026, ce qui signifie que l’investissement tenté se serait traduit par une perte importante s’il avait été exécuté. Le Financial Times a relevé qu’il s’agissait d’une issue inhabituelle, les actions du secteur de la défense ne baissant généralement pas pendant des campagnes militaires actives. On ignore toujours si le courtier de Hegseth a ensuite identifié un autre fonds orienté vers la défense. L’article n’établit pas qu’un investissement ait finalement été réalisé par un autre véhicule.

2025: +28, 2026-03: -13

Ce reportage intervient dans un contexte de surveillance plus large des transactions financières liées à des décisions majeures de politique américaine sous l’administration Trump. Selon Reuters, des analystes ont identifié au moins quatre cas dans lesquels des traders ont pris des paris anormalement importants et précisément datés sur les marchés financiers peu avant des annonces surprises du président Donald Trump — sur les droits de douane, le Venezuela et l’Iran — provoquant d’importants mouvements de prix. Le 23 mars 2026, des traders ont pris des positions d’environ 580 millions de dollars sur le marché pétrolier dans une fenêtre d’une minute, quelques minutes seulement avant une annonce de Trump qui a fait baisser les prix. Par ailleurs, le Financial Times avait déjà fait état d’une activité suspecte sur la plateforme de prédiction Polymarket quelques heures avant le début de l’attaque américaine contre l’Iran. Andrew Verstein, spécialiste du délit d’initié à la faculté de droit de l’Université de Californie à Los Angeles, a qualifié ces schémas de « profondément suspects », estimant qu’ils correspondaient à ce que l’on attendrait d’opérations fondées sur des informations gouvernementales obtenues à l’avance.

Hegseth présenté comme un acteur clé de la guerre contre l’Iran Pete Hegseth, qui a travaillé comme commentateur pour la chaîne de télévision conservatrice Fox News avant d’être nommé 29e secrétaire américain à la Défense en 2025, a été présenté par plusieurs médias comme l’un des principaux défenseurs, au sein de l’administration Trump, d’une action militaire contre l’Iran. L’attaque américano-israélienne contre l’Iran, baptisée Operation Epic Fury, a débuté le 28 février 2026. Cette affaire a relancé le débat sur la transparence et les conflits d’intérêts potentiels parmi les hauts responsables ayant accès à des informations sensibles sur la planification de la défense. Des analystes ont noté que les mouvements financiers dans des secteurs stratégiques attirent régulièrement l’attention, même lorsqu’aucun élément ne permet d’établir une conduite illégale. L’article du Financial Times s’inscrit dans une série d’interrogations sur l’activité financière autour de l’administration Trump lors de périodes de décisions politiques majeures, même si aucune enquête formelle sur le courtier de Hegseth n’a été annoncée publiquement.

Mentioned People

  • Pete Hegseth — 29. sekretarz obrony Stanów Zjednoczonych
  • Sean Parnell — główny rzecznik prasowy Departamentu Obrony USA

Sources: 9 articles