Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a refusé, il y a quelques jours, l’autorisation d’atterrir à la base aérienne de Sigonella, en Sicile, à plusieurs appareils militaires américains. Selon des sources informées citées mardi par ANSA, ces vols étaient liés au Moyen-Orient dans le contexte de la guerre en Iran. La décision est intervenue après que les autorités italiennes ont constaté que les plans de vol avaient été découverts alors que les avions étaient déjà en l’air, sans demande préalable d’autorisation ni consultation avec la hiérarchie militaire italienne.
Refus italien à Sigonella
Guido Crosetto a bloqué l’atterrissage de plusieurs avions militaires américains en Sicile, faute d’autorisation préalable.
Une question de procédure et de traité
Les vols ne relevaient pas de missions logistiques ordinaires et étaient soumis à des caveats limitant leur usage.
L’Espagne a pris des mesures similaires
Madrid avait déjà interdit l’usage de ses bases et de son espace aérien pour des opérations liées à l’Iran.
Sigonella, un précédent durable
La base a déjà été au cœur d’une crise diplomatique entre Rome et Washington en 1985.
L’Italie a refusé, il y a quelques jours, l’autorisation d’atterrir à la base aérienne de Sigonella, en Sicile, à plusieurs appareils militaires américains, a confirmé mardi à ANSA une source informée, corroborant une information du quotidien italien Corriere della Sera. Les vols étaient destinés au Moyen-Orient dans le cadre de la guerre en Iran en cours. Le refus est intervenu après que les autorités italiennes ont découvert les plans de vol des appareils — qui prévoyaient une escale à Sigonella avant de poursuivre vers le Moyen-Orient — alors que les avions étaient déjà en vol, sans demande préalable d’autorisation ni consultation de la hiérarchie militaire italienne. Le chef d’état-major de la défense, le général Luciano Portolano, a contacté directement Guido Crosetto pour l’informer de la situation et lui demander une décision. Portolano a ensuite communiqué le refus au commandement américain, en précisant clairement que les appareils ne pouvaient pas atterrir à Sigonella, faute d’autorisation et de consultation préalable. Depuis le début de la guerre en Iran, le gouvernement italien maintient que les forces américaines peuvent continuer à utiliser les bases italiennes pour les opérations normales et les vols logistiques dans le cadre du traité bilatéral existant, mais que tout usage allant au-delà de ce cadre nécessite l’approbation du Parlement.
Une violation de procédure et les limites du traité ont pesé dans la décision Les vérifications menées par l’état-major italien de la défense ont confirmé que les vols en question ne relevaient pas de missions logistiques ordinaires, la catégorie automatiquement couverte par les accords bilatéraux entre l’Italie et les États-Unis. Selon le Corriere della Sera, les appareils étaient également soumis à des limitations opérationnelles — appelées dans le jargon militaire des « caveats » — qui empêchent l’utilisation des bases alliées en dehors de conditions précisément définies, sauf en cas d’urgence, ce qui renforçait encore la position italienne. L’association d’une irrégularité de procédure et de la nature opérationnelle des vols ne laissait à Guido Crosetto aucune base juridique pour accorder une autorisation a posteriori. La cheffe du gouvernement, Giorgia Meloni, et Guido Crosetto avaient tous deux déclaré publiquement, après le début des hostilités contre l’Iran le 28 février 2026, que tout usage des bases italiennes au-delà des opérations normales nécessiterait un vote au Parlement. La décision est restée secrète pendant plusieurs jours avant d’être confirmée le 31 mars. Aucune déclaration officielle du gouvernement américain sur l’incident n’était immédiatement disponible, selon Berliner Zeitung.
L’Espagne avait déjà fermé ses bases et son espace aérien aux vols liés à la guerre en Iran Le refus italien s’inscrit dans une attitude plus large de résistance européenne aux opérations militaires américaines liées à la guerre en Iran. L’Espagne avait déjà interdit, au début de mars 2026, l’utilisation de ses bases militaires pour des attaques contre l’Iran, le Premier ministre Pedro Sánchez qualifiant ces frappes de violation du droit international. Le ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares, a affirmé sur la station de radio Cadena Ser que l’opposition de l’Espagne à la guerre restait claire et sans équivoque. Madrid a ensuite durci encore sa position en fermant son espace aérien aux vols militaires liés aux opérations contre l’Iran, ce qui a concerné les avions américains ainsi que ceux d’autres États de l’OTAN. Selon le quotidien espagnol El País, ces restrictions ont contraint l’armée américaine à dérouter des appareils et à les redéployer vers d’autres sites, notamment des bases en Grande-Bretagne et en Allemagne. Le président américain Donald Trump a réagi publiquement en évoquant d’éventuelles conséquences économiques pour l’Espagne, disant à la Maison Blanche que les États-Unis pourraient mettre fin à toute relation commerciale avec l’Espagne si Madrid ne changeait pas de position, selon Berliner Zeitung.
Sigonella, un point de friction récurrent entre Rome et Washington La base de Sigonella a déjà été au centre d’un différend diplomatique entre l’Italie et les États-Unis. Selon Tgcom24, dès 1985, lorsque Bettino Craxi était président du Conseil et Ronald Reagan président des États-Unis, la base avait été le point focal d’une crise diplomatique. L’incident actuel montre que Rome entend être consultée à l’avance avant que des opérations militaires soient menées depuis son territoire, y compris par ses alliés les plus proches. La guerre en Iran, qui a commencé le 28 février 2026 à la suite de frappes coordonnées américaines et israéliennes, place les membres européens de l’OTAN face à une pression croissante pour définir les limites de leur coopération avec la campagne militaire de Washington. La décision italienne indique que Washington ne peut pas compter automatiquement sur le soutien de ses partenaires européens pour ses actions au Moyen-Orient, comme l’ont fait savoir des milieux gouvernementaux à Rome, selon Berliner Zeitung.
La base de Sigonella constitue depuis des décennies un point sensible dans les relations entre les États-Unis et l’Italie. En 1985, un face-à-face entre les forces italiennes et américaines sur la base, à la suite du détournement du paquebot Achille Lauro, avait provoqué une crise diplomatique entre Rome et Washington sous le gouvernement de Bettino Craxi. La guerre en Iran a commencé le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont mené des frappes coordonnées contre le territoire iranien. L’Italie et l’Espagne sont toutes deux membres de l’OTAN, et le cadre de défense collective de l’Alliance n’oblige pas automatiquement ses membres à soutenir des opérations offensives menées en dehors de la structure de commandement formelle de l’OTAN.
Mentioned People
- Guido Crosetto — Włoski polityk, minister obrony w rządzie Meloniej od 22 października 2022 roku
- Luciano Portolano — Włoski generał, szef Sztabu Obrony od 4 października 2024 roku
- Donald Trump — Prezydent Stanów Zjednoczonych od stycznia 2025 roku
- Pedro Sánchez — Premier Hiszpanii
Sources: 23 articles
- Sigonella, il precedente dell'85 e il no di Craxi a Reagan (Il Sole 24 ORE)
- Il no a Sigonella, parla Meloni: "Rapporti con gli Usa solidi, niente frizioni" (Open)
- Sigonella, 11 ottobre 1985: Craxi annuncia nella notte di aver detto "no" a Ronald Reagan (La Repubblica.it)
- Italien verweigert USA Nutzung von Stützpunkt (newsORF.at)
- Sigonella, il no di Crosetto agli Usa rievoca Craxi con Reagan nel 1985 | Il Fatto Quotidiano (Il Fatto Quotidiano)
- Crosetto ha negato uso base Sigonella agli Usa - Notizie - Ansa.it (ANSA.it)
- Sigonella, il mancato preavviso e la chiamata Portolano-Crosetto: perché l'Italia ha l'uso della base agli Usa (Il Messaggero)
- M5s, avevamo denunciato situazione Sigonella, Difesa spieghi - Ultima ora - Ansa.it (ANSA.it)
- La crisi di Sigonella del 1985 (il Giornale.it)
- Crosetto denied US permission for bombers to use Sigonella base - sources - Politics - Ansa.it (ANSA.it)